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LEILI ANVAR: « TU POSERAS TES LÈVRES SUR LES NÔTRES » : ÉROTIQUE DE L’INSPIRATION DANS L’ŒUVRE DE RÛMI,

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[su_heading size=”14″]RÉSUMÉ[/su_heading]

Tu poseras tes lèvres sur les nôtre, sans lèvres

Et tu avoueras que nous avons la même langue

(Rûmi, Ode 1552)

La question de l’inspiration se pose de manière particulièrement aigüe en littérature mystique persane car de la source de l’inspiration dépend la validité et la valeur du texte poétique. En effet,  à partir de l’éclosion de la poésie d’inspiration spirituelle au XIIè siècle, les poètes ont ressenti le besoin de justifier leur démarche en se démarquant de la poésie de cour et en opposant radicalement la nature sacrée de leurs œuvres à la légèreté profane du panégyrique, la vérité au mensonge, le Verbe à l’ornementation verbale, l’amour mystique aux amours éphémères. En effet, la composition poétique est, chez les mystiques, indissociable de l’expérience de l’amour car le Bien-aimé divin dans toutes ses manifestations est la source d’inspiration unique du poème. C’est ainsi que le souffle de l’inspiration est assimilé au souffle divin insufflé dans l’argile d’Adam, geste réactivé dans les métaphores érotiques du baiser, du chuchotement amoureux, de la caresse, de l’union charnelle, de l’extase parfumée. La poésie devient le lieu où se joue le jeu de l’amour et du Verbe entre l’Aimé et l’amant.

Parmi les poètes dits « mystiques », le cas de Djalâl al-dîn Rûmi (1207-1273) est particulièrement digne d’intérêt pour comprendre la nature d’une poésie présentée comme inspirée par le Divin lui-même. En effet, Rûmi n’aura de cesse de se présenter comme  le “silencieux bavard” à travers qui s’exprime la voix théophanique. Poète devenu flûte de roseau vidée d’elle-même, manifestant la voix de l’Aimé divin et enflammant le monde de la flamme de l’Amour. C’est ainsi que son œuvre sera considérée comme le « Coran en persan », élevant la poésie persane au rang de Verbe sacré.

JOHN LEAVITT : « POÈTES INSPIRÉS ET INSPIRANTS DANS DEUX TRADITIONS DE LANGUE INDO-EUROPÉENNE »

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[su_heading size=”14″]RÉSUMÉ[/su_heading]

Les mots pour désigner le poète dans les langues du monde le présentent souvent soit comme un artisan du langage—rhapsodos grec ou “maker” écossais, ou bien le mot grec poietes lui-même, ‘faiseur’—ou bien comme un récipient inspiré de mots divins—comme dans le latin vates, le sanskrit kavi, le filidh irlandais, ou dans le “voyant” de Rimbaud (Chadwick 1942). Il semblerait que dans certains cas la formation pour un métier devienne une maîtrise de l’au-delà. Je voudrais présenter deux cas exemplaires venant de deux périodes historiques et de deux sociétés aux deux bouts du monde parlant des langues indo-européennes, chacun le “poète archétypal” de sa tradition respective (Doan 1981). D’une part, le poète irlandais Cearbhall Ó Dálaigh (XVe siècle) est devenu un personnage du folklore pour ses dons quasiment surnaturels et ses rapports avec les fées, résultats d’une rencontre spirituelle pendant son adolescence. D’autre part, le grand poète himalayen Gopi Das (décédé en 1975) était le maître des rituels d’invitation des dieux locaux (Sah 1990). Malgré la différence de leurs biographies—notons en particulier un rapport inversé à l’amour, Cearbhall ayant été un séducteur littéralement légendaire, Gopi Das marqué par un amour perdu—les deux se centrent sur des incidents qui rendent leurs héros des intermédiaires appropriés entre la société humaine et les sociétés transnaturelles. On va demander jusqu’à quel point les deux représentent des transformations de la figure du poète-magicien qu’on peut reconstruire pour l’indo-européen commun (Watkins 1985, West 2007), et jusqu’à quel point leurs biographies ont des éléments en commun avec celles de grands maîtres spirituels (Bucke 1901).

MARIA MANCA : « QUAND LE POÈTE S’INSPIRE DE LA VIE EXEMPLAIRE DES SAINTS (JOUTES POÉTIQUES DE SARDAIGNE »

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[su_heading size=”14″]RÉSUMÉ[/su_heading]

En Sardaigne, lors des fêtes patronales, des improvisateurs s’affontent au cours d’une joute poétique (gara poetica) offerte en don au saint patron du village, afin d’obtenir sa protection. Sur la place de l’église où se trouve la statue du saint, les poètes chantent des huitains d’endécasyllabes rimés (ottavas), accompagnés par un petit chœur polyphonique, sur des thèmes tirés au sort sur le moment.

Ils se disent inspités par la “Muse” ou par le saint lui-même, à qui ils demandent de l’aide en début de joute (esordiu), qu’ils citent en exemple pour illustrer leurs thèmes (temas), puis qu’ils célèbrent en fin de gara à travers un long poème hagiographique très virtuose (la moda), retraçant sa vie et ses hauts faits. C’est à ce moment qu’ils invoquent sa grâce sur le public de la place et la population du village.

Ce saint inspirateur, loin d’être un bon “catholique”, doux et humble, apparaît comme un véritable héros sarde à l’image des bergers: valeureux et rusé. À la fois homme de parole et d’action, prophète et martyr tel saint Jean-Baptiste, c’est à lui que le poète s’identifie. À la prouesse des miracles correspond celle de l’inspiration.

De ce fait, il est intéressant de comparer deux biographies stéréotypées: celle du saint chantée par le poète et celle du poète évoquée par lui-même dans la joute ou racontée par le public. Cela permettra de voir en quoi ces biographies se rejoignent ou divergent, et comment elles infiltrent la poésie de la gara (ses valeurs, son langage, ses images, sa forme et sa pragmatique). De voir aussi, à travers la triple figure symbolique du berger-poète-saint, qui dans cette société pastorale retrace un parcours exemplaire, comment l’inspiration poétique acquiert une véritable force performative.

L’étude montrera également qu’au fil des joutes, l’ethos du poète se construit et influence son vécu. Autrement dit, sera examinée in fine l’irrigation réciproque entre poésie et vie.

CORINNE FORTIER : « L’INSPIRATION POÉTIQUE AMOUREUSE DES POÈTES MAURES DE MAURITANIE »

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[su_heading size=”14″]RÉSUMÉ[/su_heading]

La Mauritanie est connue pour être le pays au million de poètes. Tout le monde est poète dans la société maure dans la mesure où personne ne l’est réellement, parce que la poésie n’est pas de l’ordre du savoir mais de la vie. Il est à cet égard significatif que des poètes ne puissent réciter leurs propres compositions, qui sont en revanche volontiers déclamées par d’autres. Ce qui est ici en cause, c’est moins la pudeur de ces poètes voulant renier un des passe-temps frivoles de leur jeunesse, que l’essence même de la poésie amoureuse. Si le poète ne peut réciter ses propres poèmes amoureux, c’est que ceux-ci ne trouvent leur raison d’être que dans le contexte de leur production. Les poèmes amoureux ne vivent que dans l’instant où ils ont été composés, et par conséquent leur survie au-delà de ce moment n’a aucun sens pour leur auteur. La poésie n’est pas seulement un exercice de style, mais fait partie de l’itinéraire existentiel de son auteur. La poésie n’y est pas composée dans un but strictement littéraire mais pratique ; en l’occurrence, la poésie amoureuse a pour but essentiel « de faire chavirer le cœur » de l’aimée.

Il existe deux grands types de poèmes amoureux dans la société maure : un genre direct appelé ghazal qui décrit la bien-aimée ainsi que les peines et les joies qu’elle inspire, et un genre indirect appelé nasîb qui évoque les lieux qu’elle a fréquentés et les tourments qu’ils suscitent. Ce dernier genre, par essence nostalgique est inspiré de la poésie arabe bédouine. Ces quatrains sont tout particulièrement récités au cours de réunions galantes appelées « assemblée nocturne » (jamâ‘at al-layl) où se retrouvent des jeunes gens des deux sexes, réunions qui ont également cours dans la société touareg. Cette atmosphère romantique est propice aux exaltations de l’esprit et du cœur, la musique notamment est essentielle à l’inspiration poétique. La rivalité entre jeunes hommes a d’abord pour enjeu la déclamation du plus beau quatrain, à celle qu’il veut charmer. Le concurrent augmentera la difficulté en composant sur la même rime que son prédécesseur un poème plus long qui deviendra un septain.

SERGE MARTIN : « “GESTES DU “VIVRE POÈME” DANS L’ŒUVRE DE TROIS POÈTES DE LANGUE FRANÇAISE NÉS DANS LES ANNÉES 1930 : HENRI MESCHONNIC, BERNARD VARGAFTIG ET JAMES SACRÉ »

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[su_heading size=”14″]RÉSUMÉ[/su_heading]

En lisant les œuvres de Henri Meschonnic (1932-2009), James Sacré (né en 1939) et Bernard Vargaftig (1934-2012), on peut être surpris par la place des biographèmes dans la construction poétique au cœur même d’une période formaliste qui bannissait une telle perspective. Plus généralement, on peut même observer comment dans ces trois œuvres et chaque fois de manière fort singulière s’opère un retournement du formalisme désubjectivant en un « vivre poème » (Meschonnic, 2006). Ce qui ne va pas sans une reconsidération du « sujet du poème ». Aussi, j’aimerais observer, en trois temps à partir de chacune de ces œuvres, comment la création poétique trouve son « inspiration » en passant par une écriture du plus intime s’anonymisant dans un « je-tu » épique (Meschonnic), par une réinvention du trauma enfantin s’inscrivant dans une geste érotique (Vargaftig) et par une correspondance des lieux de vie et de rencontre en instantanés d’enfance (Sacré). Quelques formules constitueront les sésames de ces œuvres : « L’enfant de dix ans que j’étais est toujours en moi » (Meschonnic, 2008) où l’enfance juive mais également les enfants rencontrés en Algérie lors du service militaire continuent de vivre au plus près de l’écriture comme « resouvenir en avant » qui télescope le passé profond et le présent intense ; « Cette pierre verte ramassée un jour pas loin de Tioute au Maroc » (Sacré, 2013) où les correspondances des paysages et des expériences paysannes s’échangent dans des relations au vif d’une écriture de la notation-poème  ; « Où que j’aille, Limoges continue à me tenir la main » (Vargaftig, 2000) où le rythme de la comptine dans la prosodie du poème en vers ou en proses réitère inlassablement la peur et l’espoir d’un enfant juif qui ne sait ce qui lui arrive pendant les années de traque.

Il s’agirait en fin de compte de (re)penser quel sujet s’invente au cœur de la création poétique contemporaine et donc de la lecture à partir de ces trois expériences : contrairement à ce que d’aucuns situent dans un lyrisme du moi s’opposant à un objectivisme de la forme ou de la langue, s’y inventent des expériences du partage où le plus personnel se transforme en intime extérieur, c’est-à-dire en réénonciations ouvertes aux passages de transsubjectivation. Telle formule de Meschonnic résumerait cette hypothèse qu’il nous faudra suivre au plus près des écritures de ces trois poètes : « Pour moi, un poème est ce qui transforme la vie par le langage et le langage par la vie. C’est mon lieu, et je le partage » (Meschonnic, 2006).

Bibliographie indicative

Henri Meschonnic, Vivre poème, Editions Dumerchez, 2006.

Henri Meschonnic, Parole rencontre, L’Atelier du grand tétras, 2008.

James Sacré, Viens, dit quelqu’un, André Dimanche éditeur, 1996.

James Sacré, Parler avec le poème, La Baconnière, 2013.

Bernard Vargaftig, Un même silence, Andrté Dimanche éditeur, 2000.

MERGOL – BARKE MOODI / POÉSIE LIBRE – BARKÉ MÔDI

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[av_one_full first]

O wii dukoowo e luumo Kari

Il dit qu’un braillard (grande gueule) au marché de Kari[1]
o wii juude Maayo Maaliya woni kaayɗe a dit que la traversée de la Mer Rouge fut un prodige
o wii darataake et qu’on ne s’y arrêterait pas
o hunike nyannde ndarngal duu wo ngoonga juude Maayo Maaliya yi’ataake il a juré au nom du jour de la Résurrection qu’on ne verrait pas la traversée de la Mer Rouge, aussi vrai que
yiide nowru mum duu ana tiiɗi voir son oreille était chose difficile !
mi wii Timenkooɓe : « Ngaddon tiimtorɗe Je dis aux gens de Timé[2] : « Apportez des miroirs
on nji’an noppi mon on ummaaki ! » et vous verrez vos oreilles sans même avoir bougé ! »
Ɗun kaa mi imminii ɗun mo ummaaki. C’est avec ces paroles que je le contestai sans qu’il ait bougé.
O wii ma juude Maayo Maaliya daree hikka Il a déclaré qu’on devrait cette année s’arrêter au gué de la Mer Rouge
sabi tati Gunaari e wootere Tannga à cause des trois collines de Gouna et de l’unique de Tanga
haayre Bannjagara, baafal njamndi au plateau de Bandiagara, portail de fer,
mi nelan kaaƴe Aru et que je devrai envoyer dire aux collines d’Arou[3]
ardoo warde d’être les premiers à venir
o nuloo e haayre Jeele ɗum yiifa qu’il se chargeait d’envoyer dire à la colline de Diêlé qu’on s’assemble,
mi yoola faa mi yottoo Badaraaje et que je plonge dans l’eau jusqu’à atteindre Orion ;
o wii : « Barke, sooyna Belko ana lummba ! » il dit : « Barké ! Regarde au loin Belko en train de traverser à la nage ! »
Neɗɗo lunndotooɗo mo faamaali so neɗɗo lunndike mi luttina maaƴe ɗee, mi wadda Makka Bari, mi hottina Banngu — « Qui s’y oppose n’a pas compris que si quelqu’un le conteste, je vais inverser le cours des fleuves, le conduire à la Mekke-des-Bari et le faire stationner à Bangou[4]
faa juurotooɗo fuu faŋa juumaali. » pour que toute personne qui y descendra y passe sans hésitation. »
Oon jaabii wii : « Juude Maayo Maaliya darataake. » L’autre répondit : « Au gué de la Mer Rouge, on ne s’arrêtera pas ! »
Mi hunike nyannde ndarngal duu wo ngoonga Je fis serment au nom du jour de la Résurrection à mon tour que c’était vrai…
mi hunike nyannde dayɗo (danyɗo) gaa fuu naa waasu. je fis serment au nom du jour… que tout gagnant ici-bas serait sûrement perdant.
Mo wii : « Kanaa wali mo Alla yiɗii Il dit : « Hormis le saint que Dieu a voulu
joom-aayaaji, mo wii, kamɓe anndidataa hoto baŋŋe ! possesseur des versets – dit-il –, ceux-là ne connaissent pas ce qu’il y a de l’autre côté[5] !
Laamɗo juunnii ngo nde filnii ngo leydi ndii Le Seigneur a prolongé la mer, lorsqu’il l’a étendue tout autour de la terre
senndii njeɗɗaɓiri feewnii ngo kammu l’a divisée jusqu’au septième cercle[6] et l’a dressée vers le ciel,
ngo Kariimu waɗii ɗum kaayeefi ! et Le Généreux en a fait une merveille !
O wii Tannga aytataa Tafoo asataake – Il dit – Tanga ne creusera pas et Tafô ne sera pas creusé
fay Takana[7] ittataake e Nduuleeri pas même un iota ne sera prélevé au Ndoulêri[8],
o wii haayre Bannjagara wo baafal njamndi ! – il dit – le plateau de Bandiagara est un portail de fer !
Aan a waawataa baafal Alla Baawɗo wallataa ma e roonndaade. Toi, tu ne pourras forcer un portail et Dieu Tout-Puissant ne t’aidera pas à en porter la charge !
O wii Nyiŋo wo nyippiraangal Tuufaani – Il dit – Nyingo c’est une grande colline qui a été plantée par le Déluge
o wii Gaaɓɗo wayru Gaapiti ana teeŋii – il dit – le Bienheureux a passé longtemps avant que soit bien solide la colline de Gâpiti
aan teeŋɗi kaalataa hakkunde yimɓe et toi ce sont paroles solides que tu dis au milieu des gens
mo wii abadaa juude Maayo Maaliya darataake ! » [mais] – dit-il – jamais on ne s’arrêtera au gué de la Mer Rouge ! »
O wii mo salike haala salligi kampoowo Il dit qu’il refusait la parole et les ablutions d’un chiqueur de tabac
faa mo yottodii e sallallaahu. jusqu’à son arrivée devant « sallallaahou » (i. e. le Prophète).
O wii Laamɗo yarranii mo mo yara kampe : Il dit que le Seigneur lui avait accordé de chiquer du tabac :
Aali tagaaka « Âli n’était pas encore créé
Aadama ɓanngaali Âdam n’était pas encore apparu
Joomiraaɗo tan jooɗodii e Gaaɓɗo Le Maître seulement siégeait avec le Bienheureux
so Laamɗo yarranii kam mi yara kampe. quand il m’a accordé de chiquer. »
O wii gilla hejiba[9] sabbi hizma faa saddi

o wii ɗo sadda reedu woni fuu miɗo anndi

Il dit : « De la première section jusqu’à la trentième, partout où il y a un sad ventru[10], je connais
o wii gilla hejiba amma – il dit –   depuis le chapitre amma
faa arahmaanu jusqu’à arrahmaanu
fuu Alla anndinii kam miɗo anndi ! tout, Dieu me l’a fait savoir et je connais.
Ƴeew suu Regarde sou
e saa et sâ
e sii et sî
fuu sii nyiiƴe et sî denté
o wii sirrinke waawaa sottinde. – il dit – un détenteur des secrets ne peut pas changer cela.
Oo boowɗo finde Yimmbere fina ƴaaki Lui, un habitué de Yimbéré, est, de naissance, avec les vaches restées au village.
arrisala wonataa fijo maaɗa La Rissala n’est pas un jeu pour toi
so nii peɗeeli ceeraay e teɓɓaare et comme doigts n’ont pas renoncé au bâton d’entrave[11]
abadaa waawataa aan teeyaati[12] jamais tu ne pourras, toi, faire geste de salutation[13] !
teeŋɗi kaalataa aan hakkunde yimɓe aɗa hampa tu pourras tenir des propos fermes, toi, au milieu des gens, [mais] tu chiques
haaka et tu t’empresses
hawrita aɗa jeena de faire des rencontres adultères :
aan jaati jeyɗo watta e moolaange toi en personne, le Maître te mettra dans un feu à en demander protection (à Dieu) !
sa a wi’ii min a walii gaddaaɗo kollaa min no walii’en njuulirta Et puisque tu nous as dit que tu as été fait saint, montre-nous comment prient les saints ! »
o wii walii ɓama satalla Il dit : « Un saint prend une bouilloire
fiya salligi laaɓɗo fait proprement les ablutions,
fiilowa e suudu Laamɗo wo doobiiɗo s’en va faire le tour de la maison de Dieu, bien habillé,
mo daroo e miimja[14] il se tient debout pour le mîmdia[15]
mimbara[16] ana yaaji une chaire est vaste
mo daroo o habbira[17] il se tient debout en priant « Dieu le plus Grand ! »
mo haynoo Makka il regarde vers la Mekke
mo jannga bii il dit « bismillaah ! »
mo bismoo[18] Alhamdu il invoque le nom de Dieu et dit « louange [à Dieu] »
mo suppa tiinde il colle le front au sol
mo sujjidana[19] ªurnaaɗo se prosterne devant l’Élu
dee mo teesinoo mo ɓama teeyaati puis se rassoit et commence à bouger son doigt
teeyaati Joom-kammu e leydi en saluant le Maître du ciel et de la terre ».
  Poème inachevé

[1] Quartier de la ville de Kona.

[2] Petit village à l’est de Sendégué.

[3] Arou : sur le plateau, à une soixantaine de kilomètres de Bandiagara, au nord d’Iréli.

[4] Bangou : vers Boûna, au sud-ouest de Sendégué, campement de Bozo et d’éleveurs dans le bourgou du lac Débo

[5] De l’autre côté de la Mer ou dans l’Autre Monde.

[6] Le septième cercle sous la terre ; allusion à la topographie mystique.

[7] Takana est un tout petit hameau ; ici, c’est l’équivalent de « un rien » .

[8] Ndoulêri : dans le Sêno Dongo au nord-est, sur le plateau de Bandiagara. On ne pourra combler cette mer, inutile de creuser la terre du pays dogon pour l’en emplir, la situation est sans recours.

[9] hejiba : ar. [ḥizb], section, partie.

[10] Nom donné en peul à la lettre arabe ºad (s emphatique) ; de même, plus loin, le sî denté est le nom donné par les Peuls à la lettre arabe sÏn (s).

[11] Il s’agit d’un bâton fixé à une corde que l’on attache aux cornes d’un animal rétif qui, en le traînant, se trouve ainsi entravé dans ses mouvements.

[12] teeyaati : ar. [taḥiyyat], salutation (avec geste de l’index pendant la prière).

[13] Il s’agit plus précisément du geste du doigt qui accompagne la récitation de la prière.

[14] miimja : lettres m et z, qui maquent le début du Coran.

[15] Mim za : c’est-à-dire le début de la première sourate (La Vache) du Coran.

[16] mimbar : [minbar], chaire, tribune.

[17] habbira : ar. [kabbara], magnifier, exalter (dire la formule « Allaah akbar »).

[18] bismaade : dire « bismillaah ».

[19] sujjidana : ar. [sujūdan], se prosterner.

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JAMMOOJE NA’I – KOOCAL / ÉLOGES AUX BOVINS – KÔTIAL

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Miin Koocal wulaare, Koocal Ɓaleewo Time, miɗo naanna jooni Uural-Boɗal’en e manyetofon madam debbo Seydou.

Moi, Kôtial[1] de la brousse sauvage, Kôtial du fleuve Niger, de Timé, je vais maintenant faire entrer dans le magnétophone de Madame Seydou les bêtes du Gros-Bai-Tavelé.
   
Jinkoowal danɗeeje[2] Gros [taureau][3] qui ébranle échoppes
taƴoowal danndiije coupe à travers piments
daɗoowal baaleele devance tous ses pairs du même âge
daasoowal baanyaaji a jeunes apprentis bergers à sa traîne
jaroowal bayana[4] boit l’espace
kore looɗe Beenal gobelets de Bênal[5]
terɗe masin Bernal corps de machine Bernal[6]
daasaaki caggal n’a point lambiné, à la traîne,
daasaali labbal lamndaaki aaman[7] ! ni traîné grande sagaie, ni réclamé de l’eau !
Tinna-Arkasa Tilla-Boowal Tabooraka boowal koccu cooyniingal kaaƴe À Tinna-Arkassa, Tilla-Boowal, Tabôraka, plateau graveleux, gros taureau qui a aperçu collines au loin
cowniingal kanndi s’est humecté gosier de colostrum
cownoowal jabbe appelle pluie sur poquets
cowoowal kanaaje dépasse lavognes sans s’y arrêter
jonkoowal sahaaba[8] baratte nuages
saanfara dolaaru[9] cent francs-dollars
Uural bagi Domingo ! Gros tavelé comme tissu « Domingo[10] » !
Doori baali ndosoo Gros moutons sahéliens ont pattes flageolantes[11]
kalaamu fulaare discours en langue peule
cayge bagi fulor[12] vache au ventre taché de blanc comme tissu « fleur »
taƴoowal fuɗoowo vaillant qui coupe à travers herbe naissante
daasoowal Funndusu et fait une tirée au Foundoussou
baddi-baddi tout petits veaux
hudu-hudu[13] francolin à huppe
nyannde Tugutugu au jour de Tougoutougou
duluuru nyannde Tuwa tourbillon de poussière au jour de Touwa
dubal garci oona troupe de bêtes transhumantes mugissent
mbeeyii Tannal ont survolé Tânal
njuurii Tassalan sont descendues sur Tassâlan
nyiɓii Taylan ont stationné à Taylane
na’i taƴii Salwa vaches ont taillé à travers le Salwa
ɓaleewal sarŋere Gros-Noir de Sarnguéré
saahal Dimaamu au Sahel de Dimâmou
manaare e saaweere cape de plastique sous la rosée
Suufi-Manngal au Soûfi-Le-Grand
torso[14] laasara ƴulɓe laaxara boɗeeri laankirih funeere laankana lampe-torche l’après-midi, braises en l’Au-delà, un bai comme encre rouge, à l’image d’un turban brodé de jaune vif
lamijatal ga’i jabirou[15] des taureaux
laƴoori jaaɓal un taureau à la démarche chaloupée
latoori e jawaatu[16] un, dont sabots martèlent le sol dans la canicule
ŋatoori jamngal jawaatu njokkitii un, qui mord au métal de la canicule, ont suivi
kijjoowal Jardooso le grand pèlerin qui va au [désert sableux du] Diardosso
baytoowal jaraale qui coupe d’eau les breuvages
jahoowal wulaare va dans la brousse sauvage
seeno Wudaalan ! des sablons de l’Oudalan !
Wulumbere ga’i Regroupement de taureaux
goral ngabbu seeno gros mâle, hippopotame du Sêno
sookoloowal ga’i grande spatule des taureaux
Sookumayna au Sôkoumayna
seeno Joona Sêno Diôna
Tin-Tajooli Tin-Tadiôli
Tin-Karaana Tin-Karâna
Tin-Tabaali Tin-Tabâli
Tim-Baraajam Tim-Barâdian
Alijanna-Banngu Alijanna-Bangou
dooma baali Sitini goral il attend moutons à Sitini, le vaillant
wooɗii pare au beau costume
innde Pari au bon renom à Paris
manngal paɗe ! aux grandes chaussures !
Cumaaɗi palal Les bêtes marquées au fer d’une croix
payii ngaɗii gomi[17] sont grasses et comme gommées[18]
ndimii ko’e ngaɗaama jomi ont vêlé et ont cordes à leur tête[19]
joonin caggaali à présent ne sont point bloquées sur place
baagel ɓiree petite Ventre-Blanc est traite
gude noore Bara airs joués pour Échine-Tachée de Bara
colel nyekoo duule Petite-Mouchetée comme crachin tombé des nues
ƴonngo mahdi conngoro à bosse comme terre pétrie en gargouille
daande bagi fulor et cou comme tissu à fleur
Karakara garaaje à la mare de Karakara-aux-Indigotiers
njuura hello Gana elles descendent du côté de Gana
njannga gane-gane étudient maints javanais
kaaƴe ga’i collines des taureaux
kaanankooje regalia
kaanantorooje pommeaux de selle
nyawla mbeeta baŋŋe au soleil haut, passent la matinée dans les environs
ŋannyaaki Bala sans faire les fières devant Bala
binndi Baloore écrits de Balôré[20]
koodal barooɗe grande étoile des gibiers
Bammbarankooɓe Labu des Bambara de Labou
larwiindi Seeno taureau qui a inspecté le Sêno
lalliindi Beema s’est rincé au Bêma
mbeetu Beezel (bêtes) ont été au matin à Bêzal
birgal[21] Bergaani brigade de nuit à Bergâni
njara binnduɗi boivent philtres[22]
njaawdanoo Kolofere ! se hâtent pour atteindre Koloféré !
Weddere korsol Projectile lancé aux premières ondées
fiɓere kolaaɗe maléfice envoyé aux plaines nues
nyikkoowal ga’i vaillant qui a bien en main grande troupe de taureaux
nyikkoowal seefa et à pleines mains paquets de CFA
taƴoowal Seyna qui coupe à travers le Seyna
taƴa Seeka-Maayo traverse le Sêka-Mâyo
buuranoo seeno se lance sur le Sêno
seegeeru buruuji chanteur d’hymnes guerriers
hayeeɓe Buruuɗe des jeunes gaillards de Bouroûdé
ladde Bummbusuuwal de la brousse de Bouboussouwal
oolal Burdameeɓe Grand-Fauve des Touaregs
hoontu Seeno goral va donc rejoindre le Sêno, vaillant garçon[23]
seŋu ! et t’y enfonce résolument !
Biisa Buraagi Conduis Bourâq[24]
biisii hoore buneeji [tu] as conduit troupeau de Grises-Tourdilles
wooɗii lanndorɗe es bien nanti en protections magiques
laaɓii buulol as front haut et clair
juurii laarabuuɓe as rendu visite aux Arabes
teeraali ceeɗu n’as pas rompu les attaches à la saison sèche
tewtaali sewnde n’as pas recherché source
sultinaaki Temennde ! ni pris repos à Témendé !
Jamndi Tenngella goral Arme de Tenguella[25], vaillant garçon
sel pene détourne-toi des mensonges
jiiɓu pete brouille les flaches
latu pedal donne coups de pédale
fooɗu feetere tire étincelle
foofu yarara respire air frais
jippa Yamana descends au Yémen
yawtu Siraate franchis le Sirâte[26]
seeno Sirdal sablons du Sirdal
gannde Simmbi face au Simbi
pete galaasi flaches de glace
gayɗe Rooba bassins de Rôba[27]
asoowal gase masa grand creuseur de trous bien alignés
ooraa ngasaa ! pars au pâturage, ça va bien pour toi !
Ɗaanaaki seeɗa [Tu] n’as pas fait le moindre somme
hunngaali seeno n’as pas raté le Sêno
honaali sewre ni razzié de troupeau
hootaali sella Fakala ne t’en es pas retourné hors du Fakala
gaaraali nooso ! n’as pas garé[28] Boubou-de-Basin-Brodé.
Toɓɓe noore goje Une vache à l’échine marquée de taches rondes comme jeu de godié[29]
waɗaaka gorre n’a pas pris de vacances
suusii golle a été vaillante à l’ouvrage
jokkii goddi a suivi les désirs [de son maître]
jokkere waɗaali goofal troupeau transhumant n’a pas été parqué près des villages
seeno heɓii koɗo le Sêno a eu un hôte
ɗomka liɓii koomasa[30] la soif a mis K.O. un petit serviteur
hakkunde Furdu en plein Fourdou
jaaɓal fuurngo [moi] à la démarche élégante
janngal haayreewol taxe pour la région du Plateau
nanngoowal jammbiiɓe qui attrape les fraudeurs
jampoowal hasaaɓe coiffe les bergers saisonniers[31]
innaa mbaasu Seeno on peut appeler « pénurie » le Sêno
asambara ! et poussière !
Ceri njoppaali balaaje Fusils n’ont pas quitté épaules
bani njoppaali kanaaje Noires-d’Ébène n’ont pas abandonné les lavognes,
ceŋdi Umaru baylo fixés en crosse par Oumarou le forgeron
ceri gaɗaaɗi binndi ! fusils ont été dotés de talismans !
Maande samme mun Signe sur sa queue,
manyeere e wirngo mun dessin sur son flanc
baade e calɗi mun taches rondes sur ses membres
(m)ba’aka caggal mun belle forme de son dos
ngasaaki mun sa beauté parfaite
ngasaaki yeeso mun perfection de sa face
lisaango mun balancement rythmé de sa tête
lisaango ƴonngo mun ! et balancement de sa bosse !
Yaakuba Tunkara Yâcouba Tounkara
Siddi Tunkara Siddi Tounkara
Nuu (Nuhun) Tunkara Noû Tounkara
Yaaya Tunkara Yâya Tounkara
Al-Hajji Baaba Al-Hajji Bâba
Maamani Baaba ! Mâmani Bâba[32] !
Baasi walaa njaayri Bebbe Aucun problème dans plaine de Bebbé
ladde Joggu-Begu ! et brousse de Dioggou-Bégou !
Weertiima ko’al Il a grosse tête si large,
korodal gite yeux gris d’albinos,
kooba Ginnda Bari hippotrague de Ginnda-Bari
njaayri beelal gillaaje plaine du grand lac aux saucissonniers[33],
juuwii maayowal ! a passé à gué un grand cours d’eau !
Aljumaare Au vendredi
arraamani [ce fut] clémence de Dieu[34]
koɗo duule hôte des nues
Koocal seeno Duuni Kôtial au Sêno de Doûni
ngal naayaaki koɗorɗe lui qui n’a point infléchi sa route vers des lieux de halte
hasaali ɓulli Koraaru n’a point payé location de puits au Korârou
Koocal ngal yoppaali koreeji mun Kôtial qui n’a point abandonné ses compagnons
hakkunde Konsa entre Konsa
Sinakoro et Sinakoro
sewa korroy a mollets bien minces
wera hoɗi ! mais station inébranlable !
Weendoogo Caapa Au petit matin à Tiâpa
carŋal Grand-Haut-Encorné
difoowal came arracheur de tiami[35]
jahoowal e saŋa qui part au moment le plus glorieux
jaroowal e caaji s’abreuve aux rigoles des bas-fonds
nanoowal capaare comprend la langue maure
carŋal ndi jaɓɓaaki cawgal ndiyam Grand-Haut-Encorné qui n’a pas attrapé puisette
caaji Ummanal aux longs bas-fonds de l’Oummanal
Mayrama Mobbo Uuruuɓe ! Mayrama Mobbo des Oûroûbé !
Uural doondiingal sigi Grand-Tavelé, au front chargé de grigris
belliingal Siiri qui a dépassé Sîri
jamɗe Ɓaleewo piliers de fer du fleuve Niger[36],
maanngal ɓataaki[37] missive annonciatrice[38]
mbuulndi yeeso un taureau qui a chanfrein à liste
mbunaari korral un taureau aux pattes gris tourdille
njuurii kornal sont passés au lieu à explorer
ko’al waɗii carŋal Grosse-Tête a grandes cornes
edi seeno Canngaali buffles du Sêno de Tiangâli
eede cawaaki anacardiers[39] n’ont pas encore laissé tomber leurs fruits
pinndi saraaki ni fait pleuvoir leurs fleurs
becce ngaɗii kiyaasi poitrails bien alignés de front
kiirnda laasara se mettent en route en fin d’après-midi
kinnoo yaade et marchent assidûment
jemma kiiraaɗe ! et à la nuit ont leur dîner !
Ko’al humaa kitaabu À Grosse-Tête est fixé un talisman
na’i njara kenal vaches boivent le grand air
ɗi njawa keɓal elles dédaignent ce qu’elles ont déjà
ɗi njoppa kenɗam ! elles renoncent à toute élégance !
Kelle nduumaali Arbres kelli[40] n’ont pas encore bourgeonné
Nduunga tuɗaali Ndoûnga n’a pas encore vu venir l’eau
Tuufi ruumaali Toûfi ne s’est pas couvert d’herbe nouvelle
tuddiniingal seeno mais, opulent, il se voit bien sur le Sêno !
Ewli Segeeran Airs d’Ewli[41] au Séguêrane
Ummanan e Uunan à Oummanane et Oûnane
e Uural-Boɗal e Urban avec Grand-Bai-au-Cou-Tacheté et Ourbane
minen ngaɗii hakkunde Ummu Tuure Duma e Mayrama Mobbo Uuruuɓe nous en avons eu, entre Oummou Toûré de Douma et Mayrama Mobbo des Oûroûbé,
sappo e ɗiɗi cinndal douze à notre suite :
ciingal cinndungal mbuuɗu un grand marron-nègre avec une pièce de cinq francs accrochée[42]
cellungal hoore Dimaamu un en pleine santé au Dimâmou
ciingal ciinndungal un grand marron-nègre auquel est fixé un chargement
cinndal à sa suite
daasoowal sinndiiɓe un qui traîne derrière lui ceux qui se sont adjoints
belngal sifaade un grand bien plaisant à évoquer
hakkunde Sinnda entre Sinda
saabeere Siiri et les jachères de Sîri
sivili[43] Banal un gros taureau civilisé d’un noir de jais
balaaje ɓamtii cinndal dont épaules supportent chargement
mojiingal banaaje et joues sont enrobées
pella korsol ils attaquent aux premières ondées
nabba Konsa montent sur Konsa
cawa koɓaaje arrachent lambeaux d’écorce
taƴa kolaaɗe coupent par les plaines
njuura Koraaru descendent au Korârou
mbeele mawnii kolaaɗe grandes mares se sont étendues sur les basses terres
nge koŋa maa (konoma ?) tammani[44] une vache à robe comme tissu tammani[45]
toɓɓe tammaange une à taches rondes comme gouttes de pluie
nyaawe Lulumba une mouchetée comme tissu Lumumba[46]
luulu jaaratu perle de diamant
jaafoowal liberte du vaillant qui a, au coin de la bouche, cigarette Liberté[47],
Suume limmbal calɗi une vache blanche au mufle bleuté et haute sur pattes
hawsanke cardi de la rive haoussa, argent,
dome ngaɗii butaale fanons font comme épis
ƴonnge ngaɗii jubaale et bosses comme chignon
na’i tuɗoo curaali vaches s’abritent de la foudre
tuuɓiingal kalanɗe le grand qui boit, cou fléchi, aux retenues d’eau
lamminii kare a fait souffrir les terres sèches
laaɓii kayeeji jeunes taureaux bien propres
Jaaƴe-Kaabi à Diâdié-Kâbi,
Karsani Karsani
Karwasa Karwassa
Kallannda Kallanda
karaw ɓirdugal écuelle pour la traite
karaaje Gurbana terres nues de Gourbana
caaji Gursawal bas-fonds du Goursawal
minen tiggii Seeno nous nous fixons au Sêno
Time à Timé
Tilkal Tilkal
Tin-Siidan Tin-Sîdane
Tin-Gaasa Tin-Gâssa
Tin-Zurdan Tin-Zourdane
Tilaasi Tilâssi
Tisaala Tisâla
Tim-Baalu(n) Tim-Bâloun
Tin-Ajatafay Tin-Adiatafèye
Timenke fuu yi’aali aucun habitant de Timé n’a vu
Agasara Agassara
Sattinalaw Sattinalawo
ɓunndu Siya puits de Siya
caaji petaaje pistes à flaches
ceniingal terɗe yeenesi un grand au corps si pur au vent yênessi
Jaye hoore seeno Diayé au bout du Sêno
njaayri cafoori plaine du Puiseur
Carniniiba Tiarninîba
njaayri Narhawa plaine de Narhawa
njaayri Doya plaine de Doya
njaayri Mbaanga plaine de Mbânga
njaayri Maayo plaine de Mâyo
njaayri Uumi plaine de Oûmi
Ɓuyta kolaaɗe Njaaya-Buguuji. Bouyta, étendues de Ndiâya-Bougoudyi.
Sonndaaki kore Ne s’est point engoué à boire aux calebasses
ɓoyloowal koŋa vaillant qui fait tourner gros troupeau
ɓoylitoowal buton[48] koreeji ! et fait démarrer ses compagnons !
Hono worri Koocal Comment est donc Kôtial ?
waasaali loorde[49] dawla Il n’a point manqué de célébrité
doomaali loowru n’a point attendu vent annonciateur de pluie
waasaali kanaare n’a point manqué de renommée
taƴoowal kayeeji vaillant qui coupe à travers jeunes taureaux,
juuroowal kanaaje descend aux lavognes
asaaɗe Kataran creusées à Katarane
kaptal[50] ga’i pléthore de taureaux
kolongal Gana plaine de Gana
terɗe gara corps d’indigo
laamnii gasal a nettoyé grand trou
fiilaandu gawɗe mare cernée d’acacias
hardaandu gaawe défendue par sagaies
aataandu baawe bruyante du cri des oies d’Égypte
ɓawli garaaje où ont noirci indigotiers
jaayaama dawuuje ont couru des autruches
jaartaama guufaaji ont été démêlées tignasses[51]
jalaama Burdaaɓe et ridiculisés Touaregs !
finu Konsa A vu le jour à Konsa
fiyi korsol a battu saison des premières ondées
fiinu buba fait battre terre brûlante
sada buuwal sabrant l’herbe bouwal
baytu buukal s’est mouillé dans marécage
kolongal Bunti plaine de Bounti
salndu seeno Buunu bras du Bounou au Sêno
lataali kore n’a point shooté dans calebasses
fooɗaali konoma[52] ni tiré camisoles de femmes enceintes
sakoro[53] Konna. au marché de Konna !
Saaje kogolal Celle à longue liste de Grand-Cornes-arquées-Pointes-en Proue
sakkanaaka korodal. n’a point barré la route au Grand-aux-Yeux-d’Albinos.
Sallifanaa Koraaru À l’heure de sallifanâ au Korârou
ana wii kok l’affaire est rude !
woyna aga koroŋ[54] Soleil est brûlant
ngeelooba koornga et dromadaire voué au jeûne
hono worrii Koocal ? et qu’en fut-il de Kôtial ?
Baali kesaaka Moutons n’ont point été tondus
Badaraaje kuraaki Orion n’a pas encore disparu
banal kammu ginndaali grosse nue noire, au ciel, n’a point tonné
gine mbeeyaali cigognes-marabouts ne se sont pas envolées
gigille perre oolaali. guiguillé[55] des brousses boisées n’ont point encore jauni.
Joyfal Dioyfal
joom-boli mare de Diôm-Boli
saabeere Joomkomo jachère de Diôn-Komo
tiwre Jollal étape de Diollal
caaji karaaje Jommisa Bêtes-à-Longue-Liste sur terres sèches de Jommissa
Siiruwal au Sirouwal
Siikata Sîkata
Siimakka Sîmakka
Tajoolan Tadiôlane
Segeeran Séguêrane
Sewema Séwéma
Seydaani Seydâni
Al-Hajji Seeku Al-Hadji Sêkou
Muusa Seeku Moussa Sêkou
Yaaya Seeku Yâya Sêkou
Kuloowal Alla homme de bien qui craint Dieu
dewoowal Alla un dévot de Dieu
nyaagiingal Alla qui implore Dieu
binndiroowal nano e nyaamo qui écrit de la main gauche et de la droite
nyaamoowal seeɗa fait maigre chère
meemroowal seese est doux en ses gestes
jaaroowal seese posé dans sa démarche
kaaldoowal seese ! pondéré en ses propos !
Ko selli min tamii ! Nous avons en main santé assurée !
Seeno liɓaali Koocal Le Sêno n’a point terrassé Kôtial
sewre juuraali e sewnde troupeau n’est point descendu vers filet d’eau
pooɗoowal sewndu Grand, aspirant mince filet d’air
baafal seeno Boore ! à la porte du plateau de Bôré !
Caafii seeɗa Ont trait minces jets de lait
ƴirfii sewre ont cinglé troupeau
kippii ɗi calaaki les ont fait stationner contre leur gré
cannjii[56] kennji kunndooji. et changé le peloton de tête des moutons à laine.
Pullo fuu Tout Peul
neɗɗo fuu toute personne
yonki fuu toute âme qui vive
Kunaari fuu tout le Kounâri
kunndooji fuu tous les moutons à laine
kurwaati[57] fuu tous les moutons à poil ras
kuɗi e leɗɗe fuu tous les brins d’herbe et tous les arbres
haayre fuu tout le Plateau
Uuruuɓe fuu tous les Ouroubé
burgu fuu tout le bourgou
Jalluuɓe fuu tous les Dialloûbé
Maasina fuu tout le Massina
Mali fuu tout le Mali
Sudan fuu tout le Soudan
tagal fuu toute la création
tageefo fuu tout le genre humain
aduna fuu tout le monde
duuniya fuu ! tout le monde d’ici-bas !
Ndonndiingal duule Grand portefaix des nuées
kennjiingal duluuje meneur, en tête des tourbillons de poussière
adiingal Dumaaje arrivé le premier aux Doumâdié
duubiloowal[58] Timenkooji qui rattrape troupeaux de Timé
mbaawgu kaa si’ii à compétence connue de tous
mbara kaa nabbi le travail, certes, il s’y est mis
mbaaraagu seeno destrier blanc du Sêno
ndalawu seefa mouton noir à poil ras, C.F.A.
Segene e Gonto Séguéné et Gonto
biisa Er-Mali pilote Air-Mali
jaaroowal kaamankaana vaillant qui va nu comme ver
jaroowal ko yankina qui boit ce qu’il fait miraculeusement apparaître[59]
yaadu ngeelooba allure de dromadaire
pete Sataaman flaches du Satâmane
boowe salligi terrains à ablutions[60]
leggal-ngaari sahaaba[61] arbre à taureau[62], nuages
hakkunde Ndunkoy seeno Dumpa entre Dounkoye et les sablons de Doumpa
fina dawa dès le réveil se met en route
nyalla dara[63] et le soleil déjà haut, fait halte
jagabuulal aigle pêcheur
seeno buuwal ! sablons à herbe rase !
Mi woni duppoowal teppe mun Je suis le vaillant qui se grille la plante des pieds
cumoowal terɗe mun et se brûle le corps
yurmaaki calɗe mun sans pitié pour ses membres
kommboowal reedu mun qui se replie, ventre serré,
joornoowal konndol mun a la gorge desséchée
munnyoowal[64] kooƴe ne suce que sa salive
ceennoowal wote[65] Konsa témoin du vote à Konsa
oornoowal seeno konu ! et qui mène au Sêno une colonne armée !
Hono worri Koocal Comment est Kôtial ?
waasaali loorde Il ne manque pas de notoriété
doomaali loowru n’a pas attendu vent annonciateur des pluies
onngaali ni détourné ses bêtes à marche forcée
hello haayre Looro sur falaise de Lôro,
lommbiingal tunaaba lui qui au milieu d’un immense troupeau
tuuga baangal prend appui sur une grande lance,
bammboowel baagi jeune tuteur des bêtes au ventre-blanc
jonnjoowel baasi agitateur allumeur de querelle
jonngoowel palaaɗi baggi ! qui hisse sur dunes bêtes au ventre-blanc, marquées d’une croix !
Gabbi paraali Hippopotames n’ont pas reniflé
gawri aawaaka mil n’a pas été semé,
garrabal[66] ruumaali andropogon n’a pas encore repoussé
huɗo seeno garɗaali ni herbe des sablons repris vigueur
Koraaru gasaaki lac Korâru n’est pas à son plein niveau
kelloori sorgho
kenɗam onngaali ni eau claire n’ont détourné [le troupeau­]
kelle Tabooral applaudissements à Tabôral
ngaɗaali joobu ! n’ont point fait terres en friches !
Joyfan Dioyfane[67]
jooraangal desséché
entaangal bien formé
ekkitinaangal bien entraîné
eggi aux déplacements
eggoowal eggi bien habitué à la transhumance
bamoowal gaaci Jabaa lui qui danse sur l’air de Jabâ[68],
pihoowal jawaatu s’attaque à la canicule
daɗoowal jamaanu Uural Boɗal tuumortoo Uuruuli et distance la troupe de Grand-Blanc-Tavelé-de-Brun, songe aux troupeaux des Ouroûbé
korsol uurii ndawuuje uumii Uuna nodditii à l’odeur des premières ondées, autruches ont grondé, Oûna a relancé son appel,
sewii sanne il est tout mince
ɗaati salndu a corps tout lisse,
wifii sagoore birɗe Segeeran sewre garsaŋaaji a agité l’herbe aux flancs du Séguérane, troupeau de bêtes sédentaires
feto baali mare aux moutons
Bannjeena à Bandiêna,
Baawunti Bâwounti
Buubanki Boûbanki
Baanikaani Bânikâni
Tin-Akalfa Tin-Akalfa
leppee kaayɗe lorgnez merveilles :
ƴonngo sooro Kaali bosse [haute comme] maison de Kâli[69]
kali banal a eu raison de Grand-Noir-d’Ébène
tule Kana aux dunes de Kana
Diirgama au Dirgama
soorii suuritii s’est glissé et s’en est dégagé
Soosata Foosi-Kaŋŋe à Sôssata Fôssi-Kangué[70]
junngol kaaƴe longue piste des collines
Haani-Kaŋŋe Hâni-Kangué
tankarawal duuɗe grand roseau des îles
tarfikanke[71] ceeɗu « trafiquant » de la saison chaude
tadamakanke seeno Tadamakanké[72] du Sêno
baagal ngaari sewndu Grand-Ventre-Blanc taureau du vent léger
ɓoliiɗi ko’al bêtes à grosse tête et décornées
tulloo boɗeewol jonglent avec long chemin de terre
ɗi njaaɓa boowe foulent libres étendues
njawtoo Boore franchissent Bôré
mbontoo korsol et se font mauvaises aux premières ondées
daande korboori voix d’un jeune taureau
kolongal Yorbu ! en plaine de Yorbou !
Koocal wulaare Kôtial dans la brousse brûlante
konndol waɗaali yaa-wara pomme d’Adam immobile[73]
wati yaaga seeno n’aie point honte au Sêno
mooltin sewre fais partir en douce le troupeau
minen kaakondiri e goro ceeɗu nous nous sommes jetés sur la cola à la saison sèche
kaakii-mi min kaakondirii e seeno kaakii-mi je me suis hâté, nous nous bousculions pour atteindre le Sêno, je me suis hâté,
cefe njoppu-mi karal aux troupeaux j’ai laissé terrain nu
seeno ngan-mi kama sur le Sêno, ai marché de front
karŋoowal kaake mun vaillant qui a bien préparé ses bagages
jaroowal kawaati[74] a bu philtre prophylactique
kaamiingal sigiiji bien serré dans ses talismans
kippoowal cigaaɗi ! et couvert sous ses turbans protecteurs !
Cigi-cigaaɗi Vaches privées de leur veau, bien grasses,
cole une tachetée,
cule une piquetée
cuɓe une à pois de bon augure
mase signes de voyelles
sakala couverture
cannji ɓeda roseaux à paillasse
carsoowal saraawo celui qui bourre d’herbe sarawo[75]
sarsuma[76] dubal ga’i engele et un wagon de vingt-cinq taureaux du Ghana
njara kesam ils boivent eau nouvelle
ɗi njawa burgu dédaignent le bourgou
ɗi njaaɓa ceeɗu foulent la fournaise
ɗi njawnoo Seeno se hâtent au Sêno
ɗi njaɓɓana puriije à la rencontre des autruches
min korana pural’en nous partons en éclaireurs pour les grises
min koraali yeeso nous n’avons point exploré plus avant
min kornaali soƴƴaade ni tenté de faire demi-tour
na’i ngaɗa sommbolde bovins font grosse affluence
jokolɓe ngaɗa soobe(e) et jeunes gaillards grande vigilance
gaɗal ceeɗu sooree au signal du premier départ de saison sèche
miin woni ngal heddaaki ! je suis, moi, celui qui n’est pas resté !
Coo maandi Siirtaba Bravo au bien connu à Sirtaba
conoowal[77] Tin-Asurka grand qui trompette à Tin-Asurka !
Suudu-Miijan À Soûdou-Mîzane
ɗi njara doro bêtes boivent bière,
ɗi njaaya kolaaɗe galopent sur les plaines
ɗi njaafa ceeɗu goloonde prennent au collet la saison sèche
tornyaali mosonngu ! sans avoir fait aucun mal aux germes naissants !
Denndiraagal mooƴu ngaangu Vaillant qui affronte termite à grosse tête
mooncotoongal seeno et va à pas feutrés sur les sablons
ndoondiingal moodibbaaɓe couronné de talismans, œuvre des marabouts,
leeɓi nyaamii kohal poils sur toute sa grosse tête,
korodal nyaamii buba Grand-aux-yeux-clairs a parcouru terre brûlante,
kogolal nyaamii buuwal Grand-aux-cornes-arquées-pointes-en-proue a mangé herbe rase
Koocal nyaamii wulaare ! et Kôtial a parcouru brousse sauvage,
Hammadiiwal Muusa Al-Bakkay Hammadi de Moussa Al-Bakkaye[78]
finii daɗii Mali dès son éveil au monde s’est distingué au Mali
durii dannii timenkooji ! pasteur, a été le gagnant parmi les troupeaux de Timé !
Tiwre Konsa nyaaɗii L’étape de Konsa a été rude
sewre yaarii nyaangal ngal pour troupeau c’est rude trajet à couvrir
sewre mun soƴƴaaki mais son troupeau n’a pas rebroussé chemin
feto koole pour mare aux arbres kôlé[79]
tenngaade mun saamaali Hororo son chapeau de paille n’est pas tombé à Hororo
horsinaali Jollal il n’a point passé premières pluies à Diollal
sookaali benndi Joona korsol n’a point rejoint vaches restées à Diôna aux premières pluies
worrii kogolal a fait rentrer au parc Grand-aux-cornes-arquées-pointes-en-proue
jappinii kojole a fait jonchée d’arbres kodiolé[80]
nyaaɗii kolaaɗe a été rude sur basses-terres
Sirwal Kooba Hille au Sirwal de Kôba-Hillé
sinkaare e seeno Sinngama herbe d’hivernage au Sêno de Singama
paggiri seeno Kirwali millet sauvage au Sêno de Kirwali
jenngii hampii gile au cœur de la nuit a mis en bouche chique de girofle
weetii daɗii gine au matin a devancé cigognes-marabouts
nyawlii dampii gide au soleil déjà haut a tapé du pied les classes d’âge
mbardi keefi gigile ont éliminé bile avec guiguilé[81]
Sinngama-Jaama à Singama-Diâma
Aali-Jaama Âli-Diâma
Soori-Jamma, Foosikaani-Jaama Sôri-Diâma, Fôssikâni-Diâma,
boɗeewol Soori-Jaama au lieu à natron de Sôri-Diâma
tutaandu gawɗe mare où sont plantés acacias
ooraandu gaaci et menés airs de luth
Seeku-Tuure Gana Sêkou-Touré-du-Ghana[82]
na’i mbamii Garara vaches ont dansé sur Garara
njarii galasi ont bu eau glacée
kogolal gallaaɗi Grand-aux-cornes-arquées-pointes-en-proue
ngaari Kaarsani taureau de Karsani
seeno Karabanngu au Sêno de Karabangou
bammboowal cefe tuteur des troupeaux
fiyi baatara a poussé mugissements
baasaraman et beuglements
ngal wakkaaki bemmpeeje n’a point côtoyé ondes
juuraali Wanngara ni passé à Ouangara
waɗɗaaki seeno Bagi n’est point monté sur Sêno de Bagui
seekaali Korombana n’a point déchiré le Korombana
saamaali Seenoore ni ne s’est abattu sur Sênôré
sewre mun tiiɗaaka son troupeau n’a pas été confié à d’autres
lamndee ciingal koŋaaji interrogez la belle bronzée aux gros taureaux
Woroja de Worodia
safanaaka ɓunndu on ne lui a pas tiré eau de puits
yarniraaka satalla ni ne l’a abreuvé avec bouilloire
kooba sa’aaki hippotrague ne s’est point agité
kogolal saataali ni Grand-aux-cornes-arquées-pointes-en-proue ne s’est démené
koocal saamaali et Kôtial n’est point tombé
hakkunde Sarŋere entre Sarnguéré
Saare-Ham-Bana et Sâré-Ham-Bana
jeetti saabeere min ngaɗii sept champs de ruine nous avons fait
hakkunde sallifana e laasara entre sallifana et lassara[83]
njuurii Sansa ils ont rendu visite à Sansa,
njarii asansi[84] ont bu essence[85]
gilla e awlal depuis le début
faa e amaanan et pour toujours
faa e nannde : et jusqu’à entendre :
homo nanii timenkooji ƴeeŋii korsol koɗii ngesa Mali-Haɗi ? « qui a entendu dire que les troupeaux de Timé ont quitté le Bourgou, aux premières ondées et ont stationné sur le champ de Mali-Hadi ? »
Bolaaru Bookoore Ceux du clan Bolârou de Bôkôré
njooɗoo faa gasa s’installent bien
nyaama faa njookoo mangent à en enfler
njonngoo kaatane lorgnent sur les feux des cuisines
kaalana unooɓe parlent aux pileuses
mbi’a kaaraali ! se disent pas encore repus !
Nanee kasen : Entendez encore :
waɗaali Bookoore bene il n’a pas fait de terrasse à Bôkôre
jooɗaaki coofi Boro ne s’est pas installé aux ruisseaux de Boro
be’i Joona caakaali sewre chèvres de Diôna n’ont point dispersé le troupeau
horsinaali seeno Boore il n’a pas été, aux premières pluies, au sêno de Bôré
ngal adaaka le vaillant n’a pas été devancé
dammbuɗe Booni aux portes de Bôni
Bolel-Kaaƴe wulli na’i Bolel-Kâdié a acclamé les vaches
Eesikolan à la mare d’Êssi-Kolane
nyawlii yaaɓii koroŋ sous le soleil haut a marché dans chaleur sèche
njarii korndolle [bêtes] ont bu aux fourmilières
njaaɓii koccuuje piétiné gravier
njaayanii juggi Senndege couru aux ruisseaux de Sendégué
seeno Julaafi aux sablons de Dioulâfi
Koocal juccaali seeno Kôtial n’a point hésité devant les sablons,
sewre waɗaali jugululuku troupeau n’a point joué à colin-maillard[86]
ƴeeŋol waɗaali ngollooru transhumance n’a point fait fausse route
jaadoowal e sakaaji vaillant compagnon de route des moutons à poil
sajaaki boliiru n’a point ravi de gourde
sarɓoraaki Benkina n’a point surgi en trombe dans Benkina
Sammba Silaamaka Cadet-de-Silâmaka
kooba seeno Sirdal hippotrague du Sêno de Sirdal
sinndaaki maayo ne s’est point accroché au fleuve
fiilaaki maayde n’a point contourné la mort
ngal ɗaccere pattuki à la période de la gomme d’acacia,
Kural-Ɗaccuki kammu de Pointe-des-Pléiades au ciel[87]
ŋaccal cukkal ceeɗu de dard barbelé de la saison chaude
ceeɓdi gaawal buba de pointe acérée de sagaie de la fournaise
tahaali kayeeji n’a pas fait faire demi-tour aux taurillons,
tewtaali kanaaje Taaraaɓe n’a pas recherché lavognes aux Târâbé
jaaɓal kooba karaaje marche d’hippotrague sur terres arides
sanyii waɗii bukki a tissé et fait pompons
sancii gufa burgu s’est démêlé tignasse au bourgou
Bunti hubbii kam Bounti m’a coiffé vite fait
seeno buuwal moorii kam le Sêno d’herbe rase m’a bien tressé
karaburu moosii colla kayeeji la sécheresse a fait tourbillons de poussière et taurillons
yaraali moyyam n’ont pas bu d’eau de flaques
jooɗaaki Mogga n’ont point stationné à Mogga.
miin woni Koocal koolaangal seeno C’est moi, Kôtial, le vaillant qui a la confiance du Sêno,
kormortoongal Haruuna almaami Koobaka a pour intercesseur Haroûna, l’imam de Kôbaka
duɗɗoowo kogolal qui de la main flatte Gros-aux-cornes-arquées-pointes-en-proue
kujjoowal Konsa et, vaillant, quitte à l’aube Konsa,
ŋabboowal kobe grimpe dans la poussière
taggoowal korsol roule aux premières pluies
banal taƴii korsol taƴii ceeɗu Gros-Noir-de-Jais a traversé premières pluies, a traversé saison sèche
taƴii wonki konne taƴii hakkunde Sinnda e saabeere Siiri. a tranché la vie de l’ennemi, coupé entre Sinnda et terre en friche de Sîri.
   
Timet. Fin.
   
Miin Koocal wulaare, Koocal Ɓaleewo timmi.

 

C’est moi, Kôtial de la brousse sauvage, Kôtial du fleuve Niger, qui ai terminé.

[1] Le nom que s’est donné ce berger signifie, en fait, « branche d’épineux » ; il cultivait une certaine originalité, arborant une perruque de cheveux raides en nylon sous laquelle il ruisselait de sueur, et il bénéficiait auprès des autres bergers d’une certaine célébrité due à son talent et à son originalité.

[2] Pluriel refait sur danɗe (sg. ndanki).

[3] En utilisant tout au long de son poème des épithètes marquées du classificateur augmentatif/laudatif, sans préciser le nom auquel elles se rapportent, le poète joue en permanence sur l’ambiguïté, cette forme renvoyant tantôt au taureau puissant qu’il évoque, tantôt à lui-même dont il loue ainsi la vaillance.

[4] bayana : ar. [bayn], « espace ».

[5] Bênal est le nom donné à l’un de ses taureaux décrit comme marqué d’une tache tout le long de l’échine ; il y a là un jeu de mots, beenal pouvant désigner une « grande terrasse » — évoquant ainsi la haute taille de l’animal — et aussi un jeu de bergers : sous une couverture tenue à bout de bras par des comparses, le berger doit passer en entraînant ses bêtes. Quant aux gobelets, le poète explique que, lorsque ce taureau boit, on dirait qu’il boit à un gobelet, c’est-à-dire comme un humain.

[6] Le taureau a un corps dont forme et robe font penser à une machine à coudre de marque Bernal, blanche et émaillée.

[7] aaman : emprunt au tamashek, « eau ».

[8] sahaaba : ar. [saḥāb], « nuage ».

[9] Emprunts au français « cent francs » et « dollar ».

[10] Ce taureau nous a été décrit comme ayant un mufle gris et de petits points noirs et gris sur le cou et les épaules, ce qui rappelle le fond d’un tissu imprimé en l’honneur de Domingo, un footballeur malien dont le portrait figurait sur ce tissu.

[11] Marque de fatigue intense. Traduction ambiguë : on peut aussi comprendre « perdant leurs poils ».

[12] Emprunt au français « fleur » ; ici, nom d’un tissu à fleurs, alors à la mode.

[13] hudu-hudu : mot d’origine arabe [hudhud] : « tout oiseau qui roucoule : huppe, colombe gémissante ». Huppe ordinaire ici (Upupa epops Linné).

[14] torso : emprunt au français « lampe torche » ; lankiri : « l’encre ».

[15] Le jabirou d’Afrique est un grand échassier (Ephippiorhynchus senegalensis (Shaw) (Ciconiidæ) au long bec bicolore, rouge et noir, et surmonté d’une sorte de caroncule dorée.

[16] jawaatu : adaptation du bambara  (sec) wáati (temps).

[17] gomi : emprunt au français « gomme », colle à base d’amidon utilisée pour empeser les tissus.

[18] Leur poil est si lisse qu’il ressemble aux boubous dont on gomme le tissu pour le rendre brillant et raide.

[19] On met une corde aux cornes des vaches qui ont vêlé pour pouvoir les maîtriser, car elles ne se laissent pas traire.

[20] Balôré est le nom du marabout qui a écrit les talismans protecteurs remis au berger.

[21] birgal : déformation du français « brigade », troupe de surveillance, fonctionnant en particulier de nuit.

[22] Philtre prophylactique préparé avec de l’eau de rinçage de tablettes sur lesquelles ont été écrits des versets du Coran.

[23] Tout au long de son poème, le jeune berger joue sur l’ambiguïté, le terme goral marqué par l’augmentatif pouvant se rapporter à un humain ou, par extension ici, à un animal : c’est ainsi que tantôt il s’adresse à l’une de ses bêtes, tantôt il s’interpelle lui-même, s’auto-louangeant à la troisième personne. Pour lever le doute, j’ai parfois, dans ce dernier cas, utilisé la deuxième personne.

[24] Bourâk est la jument mythique censée avoir transporté le Prophète Mouhammad jusqu’au ciel lors de son ascension.

[25] Il s’agit, ici, non du personnage historique mais d’un commerçant de bétail.

[26] Comme l’allusion à Bourâk, plus haut, le poète n’hésite pas à mêler les références religieuses à l’environnement pastoral, le Sirâte étant le pont que les âmes devront franchir pour atteindre le Paradis.

[27] Là encore, l’ambiguïté ajoute du sens au texte : Rôba est une région de terre natronée où les troupeaux se rendent pour la cure salée : on y creuse des trous dans lesquels on verse de l’eau pour que les bêtes s’y abreuvent. Mais le poète a voulu aussi évoquer le trou du goulot d’un flacon de rhum (rooba, déformation du mot rhum), ce jeu de mots étant alors censé évoquer « la force » donnée par ce breuvage.

[28] L’emprunt au français « garer » implique l’idée de se ranger de côté mais aussi de déposer ses bagages et de stationner. Nosso (Boubou-de-Basin-Brodé) est le nom qu’il a donné à l’un de ses taureaux.

[29] Le jeu de godié se joue avec des pions que l’on doit distribuer dans deux rangées de six trous creusés dans la terre ; ce qu’évoquent les taches rondes et parallèles de la robe de cette vache.

[30] Emprunt déformé au bambara : kɔ̀maa (celui qui suit).

[31] Textuellement « ceux qui se louent », par opposition aux bergers propriétaires de leurs troupeaux qui, eux, arrivent les premiers dans les zones de pâturage.

[32] Série de noms de marabouts de Konsa.

[33] Kigelia africana (Lam.) Benth., arbre aux fruits comestibles allongés, et dont fruits et écorce ont plusieurs qualités médicinales.

[34] C’est-à-dire « il a plu ».

[35] Pterocarpus lucens Guill. et Perr. (Papilionaceæ), arbre dont le feuillage est un bon fourrage.

[36] Des poteaux métalliques signalent aux bateaux la partie profonde du fleuve et c’est là que le berger mène son troupeau.

[37] ɓataaki ɓataake.

[38] Le taureau est qualifié de missive car c’est lui qui annonce l’arrivée des troupeaux en les devançant.

[39] Sclerocarya birrea (A. Rich.) Hochst ; les fruits en sont juteux et parfumés.

[40] Grewia venusta Fres. (Tiliaceae) : arbre dont le feuillage est un bon fourrage et dont le bois est utilisé pour les boulades des bergers.

[41] Thème musical joué au luth comme une devise pour exhorter à un exploit les personnes auxquelles on l’adresse.

[42] Textuellement : « portant, accrochée, une pièce de cinq francs » ; image pour une bête marquée d’une pelote au front.

[43] Sivili : fr. « civilisé », signifie tout à la fois « civilisé » et « citadin ».

[44] Nom d’un tissu, aux dessins semblables à des pièces de monnaie ; tamma, mot emprunté au bambara táma, désignant une ancienne pièce de 1 franc.

[45] Nom d’un tissu à pois gros comme des pièces de 1 franc (tamma).

[46] Tissu à fond moucheté et frappé, en médaillon, du portrait de Lumumba.

[47] Marque nationale de cigarettes.

[48] buton : «fr. « bouton » ; tourner le bouton : faire démarrer.

[49] lorde : fr. « l’ordre », i. e. l’autorité.

[50] Kaptal : fr. « capitale », notion d’abondance et d’importance.

[51] Il s’agit plus précisément des chevelures abondantes et longues des Touaregs.

[52] konoma : emprunt au bambara kɔ̀nɔma « enceinte ».

[53] sakoro : mot emprunté au soninké.

[54] Phrase en songhay.

[55] Boscia senegalensis (Lam. ex-Poir.) (Capparidaceæ).

[56] cannjii : emprunt au français « changer ».

[57] Mot emprunté au tamashek .

[58] duubiloowal : fr. « doubler », i. e. « doubler, rattraper ».

[59] Glosé : « avec leur magie, ils font augmenter l’eau disponible ».

[60] Glosé : « parce que lorsqu’ils y pataugent ils s’aspergent d’eau ».

[61] Mot arabe [saḥāb], « nuage ».

[62] Petit arbre poussant au bord des mares, Crateva adansonii DC. (Capparidaceæ).

[63] dara daroo.

[64] munnyoowal muynoowal.

[65] wote : fr. « vote », allusion au concours pastoral des fêtes de transhumance.

[66] Andropogon et Diheteropogon amplectens Nees, Diheteropogon hagerupii Hitchc.

[67] Nom d’un taureau.

[68] Nom d’un thème musical, sorte de devise, joué pour les Touaregs. La démarche du taureau est pleine de majesté.

[69] Personnalité de Konna.

[70] Ou Fossi-Kâni : lieu de cure salée à l’ouest de Hombori.

[71] Tarfikanke : fr. « trafiquant », i. e. commerçant expert.

[72] Nom d’une fraction touarègue.

[73] Textuellement « n’a pas fait va-et-vient », c’est-à-dire « n’a pas dégluti », marque de sobriété, eau et nourriture se faisant rare.

[74] Emprunt à l’arabe [ḫawātim] « sceaux, empreintes » désignant une table cabalistique utilisée par les marabouts. Cp. bambara kàwàatumu « signes cabalistiques ».

[75] Herbe jaune d’or dont on fait, dans cette région, de parfaites imitations de bijoux d’or.

[76] Carsoowal et sarsuma : emprunts au français « charger » et « chargement ».

[77] Emprunt au français « sonner » : klaxonner.

[78] Le poète se présente ici comme un fils aîné du marabout qui, par ses prières et ses talismans, lui assure protection et réussite dans les épreuves de la transhumance.

[79] Mytragyna inermis (Willd.) O. Kuntze ( Rubiaceæ).

[80] Anogeissus leiocarpus (DC) Guill. Et Perr. (Combretaceæ).

[81] Boscia seneglensis (Pers.) Lam. Ex Poir. (Capparidaceæ).

[82] Nom d’un de ses taureaux.

[83] Autant dire en deux heures, la prière de sallifana se faisant en début d’après-midi et celle de lassara entre 16 et 17 h. Les « champs de ruine » évoquent les lieux de stationnement de son troupeau dont les environs ont été broutés et piétinés.

[84] asansi : fr. essence ».

[85] C’est-à-dire ont fait route aussi vite qu’un véhicule à moteur.

[86] C’est-à-dire : n’a pas avancé à tâtons, d’une marche hésitante.

[87] Étoile annonciatrice des grosses chaleurs.

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KAAYI DEEDE – SUNNA BONTO / RÉCIT D’ANCÊTRE – SOUNNA BONTO

Extrait de l’enregistrement (v.1 au v.46)

 

Introduction musicale [1’24’’]

1.             Bawdi[1] [13’’] 1.             Bawdi[2] [13’’]
2.             “Bawdi bingel bi Alzuma Sunna[3]” / 2.             “Bawdi bingel[4]bi[5] Alzouma Sounna”[6] /
3.             Wo[7] ga ti Bawdi / 3.             Ceci est Bawdi /
4.             Bawdi Sunna Bonto / 4.             Bawdi Sounna Bonto[8] /
5.             “Bi” Bonto Amiiru / 5.             “Bi”[9] Bonto Amirou /
6.             Amiiru Balma / 6.             Amirou Balma /
7.             Balma Siddiici / 7.             Balma Sidiki /
8.             Siddiici Yaaru Kuuru / 8.             Sidiki Yarou Kourou /
9.             Yaaru Kuuru Sanda / 9.             Yarou Kourou Sanda /
10.          Sanda Dawre / 10.          Sanda Daouré /
11.          Dawre Maali / 11.          Daouré Mali /
12.          Maali mo Zabarkaan ize no / 12.          Mali aussi est le fils de Zabarkane[10] /
13.          “Yeela a ga manye foburey zabaanu” / 13.          “Yeela a ga manye foburey zabaanu”[11] /
14.          Wi za[12] bu ya cimi no / 14.          En vérité la mort est une réalité[13] /
15.          “Kalla gama tiri” / 15.          “Kalla gama tiri”[14] /
16.          Bu si jingar a si hã[15] / 16.          La mort ne prie pas et ne demande pas[16] /
17.          Hala[17] bu ga hã / 17.          Si la mort demandait /
18.          Dõ[18] a ma[19] jasarey hã / 18.          Alors elle devrait demander aux jasare /
19.          I ma a no hayfuno[20] zambar iway / 19.          Ils lui donneront dix mille paresseux /
20.          A ma fanda Amiiru[21] Alzuma Sunna / Han kah hane[22] a ga ti baafuna[23] / 20.          Pour qu’elle épargne la vie d’Amirou Alzouma Sounna / Quand il était en vie /
21.          “Do ciraana kawane biraanana” / Han kah hane Alzuma Sunna ga ti baafuna / 21.          “Do ciraana kawane biraanana”[24] / Quand Alzouma Sounna était en vie /
22.          Han din hane jasarey mana he[25] nda moori[26] / 22.          A cette époque les jasare ne se sont pas plaint de misère /
23.          I mana he mo[27] nda haray / 23.          Ils ne se sont pas non plus plaint de famine /
24.          “Do ciraana” / 24.          “Do ciraana”[28] /
25.          Han kah hane a ga ti baafuna / 25.          Quand il était en vie /
26.          “Burnya gama dabe” / 26.          “Burnye gama dabe”[29] /
27.          Han din hane Liboore[30] mana fay-fay[31] / 27.          A cette époque Liboré n’était pas divisé /
28.          A mana te mo kambu-kambu / 28.          Il n’y avait pas non plus de clans /
29.          “Daanay kaamandi bannaajatu” / 29.          “Daanay kaamandi bannaajaatu”[32] /
30.          Nga no da a bina[33] tun kay[34] / 30.          C’est lui qui s’il s’énerve[35] /
31.          “Ga saarey kaafo” / 31.          “Ga sarey kaafo”[36] /
32.          Ka[37] borey[38] margu / 32.          Pour rassembler les gens /
33.          Boro[39] kah wanji moori nda haray[40] no bora[41] ga koy kani nd’a[42] / 33.          Celui qui a refusé c’est avec la misère et la faim qu’il passera la nuit /
34.          “Do ciraana” / 34.          “Do ciraana”[43] /
35.          Zaari[44] beero hane[45] / 35.          La journée du grand jour /
36.          “Kaana suti” / 36.          “Kaana suti”[46] /
37.          Alzuma Sunna / 37.          Alzouma Sounna /
38.          Zaari beero hane / 38.          La journée du grand jour /
39.          Kah[47] laabo kulu kay ce fo ga / 39.          Quand tout le pays s’est levé comme un seul homme[48] /
40.          Han din hane no nga mo kay ce folloh[49] ga / 40.          C’est ce jour-là qu’il s’est levé également[50] /
41.          “A suti kaamah niyme” / 41.          “A suti kaamah nyime”[51] /
42.          Han din hane no a kaaru i boh[52] nda Irkoy[53] gaaro / 42.          C’est ce jour-là qu’il est monté sur les hommes avec la selle de Dieu[54] /
43.          Han din hane mo no a na nga fundo[55] neera / 43.          C’est aussi ce jour-là qu’il a vendu sa vie[56] /
44.          Ga baabayze[57] boobo fundi fansa[58] ga[59] kande kwaara / 44.          Pour racheter la vie de nombreux rivaux afin de les ramener au village[60] /
45.          “Sarey jame” / 45.          “Sarey jame”[61] /
46.          Han din hane borey salah / 46.          Ce jour-là les gens ont parlé[62] /
47.          “Yeelay kaamah safa” / 47.          “Yeelay kaamah safa”[63] /
48.          A sanno mana ganji / 48.          Leur parole n’a pas empêché /
49.          Alzuma Sunna / A te koy Liboore[64] / 49.          Alzouma Sounna / De devenir chef à Liboré /
50.          “A day kaamah yiga” / 50.          “A day kaamah yiga”[65] /
51.          Hala[66] a te jiiri way cindi taaci / 51.          Jusqu’à ce qu’il ait régné pendant quatorze ans /
52.          “A wonye gay kaamah burnya timo” / 52.          “A wonye gay kaamah burnya timo”[67] /
53.          Amiiru Alzuma Sunna / 53.          Amirou Alzouma Sounna /
54.          A go ga laabo gaayi[68] / 54.          Garde[69] la région /
55.          Haray[70] mana te / 55.          Il n’y a pas eu de famine /
56.          Doori mana te / 56.          Il n’y a pas eu de souffrance /
57.          Banji mana te[71] / 57.          Il n’y a pas eu de manque[72] /
58.          “A nay kaamah di boh ga yaga”[73] / 58.          “A nay kaamah diboh ga yaga”[74] /
59.          Alzuma Sunna / “Albarka jiide fo wonye dambe” / “Do ciraana kooro” / 59.          Alzouma Sounna / “Albarka jide fo wonye dambe”[75] / “Do ciraana kooro”[76] /
60.          Han kah hane a ga ti baafuna / 60.          Quand il était vivant /
61.          Han din hane borey mana he nda moori / 61.          A cette époque les gens ne se sont pas plaint de misère /
62.          Borey mana he mo nda haray / 62.          Ils ne se sont pas non plus plaint de famine /
63.          A na nga[77] zabana[78] te / 63.          Il a fait son temps[79] /
64.          “A daga” / Alzuma Sunna na nga zabana hwa / 64.          “A daga”[80] / Alzouma Sounna a fait son temps /
65.          Liboore[81] / 65.          A Liboré /
66.          A bisa / 66.          Il a passé /
67.          “Do ciraana kooro” / 67.          “Do ciraana kooro”[82] /
68.          Wi za hari si[83] hari…wura hay kala[84] wura[85] / 68.          En vérité l’or ne peut donner naissance qu’à l’or /
69.          Alzuma Sunna / 69.          Alzouma Sounna /
70.          A baaba Sunna Bonto / 70.          Son père est Sounna Bonto[86] /
71.          Han kah hane a[87] ga ti baafuna Liboore / 71.          Quand il était en vie à Liboré /
72.          Nga no na Liboore kulu margu ce folloh ga / 72.          C’est lui qui a regroupé Liboré comme un seul homme[88] /
73.          “Ciraana kooro” / 73.          “Ciraana kooro”[89] /
74.          Zaari beero hane / 74.          La journée du grand jour /
75.          Kah Alzuma Sunna / 75.          Lorsqu’Alzouma Sounna /
76.          “A ninga dabaanu diiga[90]” / 76.          “A ninga dabaanu[91] yiiga”[92] /
77.          Kah a bina tun[93] Liboore / 77.          Quand il s’est énervé à Liboré[94] /
78.          “Ko fo na nye ? ” / 78.          “Ko fo na nye ?”[95] /
79.          Ifo no a te ? / 79.          Qu’est-ce qu’il a fait ? /
80.          Ifo no a nah nga banda[96] / 80.          Qu’est-ce qu’il a laissé derrière lui ? /
81.          Alzuma Sunna / 81.          Alzouma Sounna /
82.          Han din hane Sunna Bonto / 82.          Ce jour-là Sounna Bonto /
83.          “A ne kurano na bagandi[97]” / 83.          “A na kurano na bagandi” [98] /
84.          Han din hane kah bina tunu / 84.          Ce jour-là quand il s’est énervé /
85.          Ifo ga bina tunandi ? / 85.          Qu’est-ce qui l’a énervé ? /
86.          “Ciraana kooro” / 86.          “Ciraana kooro”[99] /
87.          “A faaba lammo” / Han kah hane kayno[100] kah ti / 87.          “A faaba lammo”[101] / Ce jour-là son petit frère qui était /
88.          Abdu ne nga[102] ga ba Awdi Ceso / 88.          Abdou[103] a dit qu’il aimait Awdi Ceso /
89.          Han din hane no / 89.          C’est ce jour-là /
90.          Koka[104] te / Kah borey mana di a cine / I mana maara[105] mo a cine / 90.          Qu’il y a une concurrence / Dont les gens n’ont pas vu quelque chose de semblable / Il n’ont pas non plus entendu parler de semblable /
91.          Han din hane Ndunga bora kah se[106] i ga ne Bolmay[107] / 91.          Ce jour-là l’homme de Ndounga qu’on appelle Bolmay[108] /
92.          Nga mo ga[109] ba Awdi Ceso[110] / 92.          Lui aussi aime Awdi Ceso /
93.          Awdi Ceso / 93.          Awdi Ceso /
94.          “A wonye Liboore lammo yaani” / 94.          “A wonye Liboore lammo yaani”[111] /
95.          A ga ti Liboore zanka[112] / 95.          Elle est enfant de Liboré /
96.          “Tunku lammo” / 96.          “Tunku lammo”[113] /
97.          A ga ti Amiiru beerayze[114] / 97.          Elle est la fille du grand frère d’Amirou /
98.          Sunna Bonto “safe” / 98.          Sounna Bonto “safe”[115] /
99.          Sunna Bonto ne amiiru[116] se / 99.          Sounna Bonto a dit à Amirou /
100.       Amiiru Hima mo no / 100.       C’est aussi Amirou Hima /
101.       A ne a se ni di iri koka / 101.       Il lui a dit : « tu vois notre concurrence /
102.       Sohõ manti hiijay[117] no / 102.       Maintenant ce n’est plus un mariage /
103.       Baabayzetaray[118] no / 103.       C’est la rivalité[119] /
104.       Iri nda Ndunga game ra[120] / 104.       Entre nous et Ndounga /
105.       Ifo se ? / 105.       Pourquoi ? /
106.       Hala[121] iri zankey[122] koy yamma[123] / 106.       Si nos enfants partent à la Côte[124] /
107.       Nankah[125] Awdi Ceso kosa[126]…wayo[127]… koka to / 107.       Là où la concurrence d’Awdi Ceso atteint /
108.       Boro kah na a[128] sambu[129] / 108.       Celui qui l’a prise /
109.       Ni no ga ni bora[130] zeeri / 109.       C’est lui qui terrasse son rival[131] /
110.       Zama nga no iri ga koy care wow nda / 110.       Parce que c’est avec ça que nous allons nous insulter[132] /
111.       Kurmo ra / 111.       A la Côte » /
112.       “A te a safe” / 112.       “A te a safe”[133] /
113.       A ne a se Amiiru Hima / 113.       Il lui a dit : « Amirou Hima /
114.       Ni ya bonkooni[134] no / 114.       Toi tu es chef /
115.       Ay Sunna Bonto / 115.       Moi Sounna Bonto /
(il tousse) (il tousse)
116.       Iri nda ni ga koytara[135] ceeci[136] / 116.       Toi et nous cherchons la chefferie[137] /
117.       Ya din ga[138] iri nda ni kulu ga saba / 117.       Par conséquent toi et nous sommes tous égaux /
118.       Ya din ga ni ma a hiijandi iri se / 118.       Par conséquent tu dois nous la donner en mariage[139] /
119.       Da i koy kurmi / 119.       S’ils partent en exode /
120.       Ndungayzey[140] ma si ne ngey na Liboorayzey zeeri / 120.       Les enfants de Ndounga ne doivent pas dire qu’ils ont terrassé les enfants de Liboré » /
121.       “A tebay gama tun” / 121.       “A tebay gama tun”[141] /
122.       Han din hane baabayzetara / 122.       Ce jour à cause de la rivalité /
123.       Kah go i game ra sabbay se / 123.       Qui existe entre eux /
124.       “A tebay gama footu” / 124.       “A tebay gama footu”[142] /
125.       Han din hane no / 125.       C’est ce jour-là /
126.       Amiiru ne a se / 126.       Qu’Amirou lui a dit /
127.       Burcin[143] si te sanni hinka[144] / 127.       Qu’un noble n’avait pas deux paroles[145] /
128.       Nga ban ga tu Ndunga borey se / 128.       Qu’il avait déjà répondu aux gens de Ndounga /
129.       Nga bine[146] si ye ga tu koyne / 129.       Et qu’il ne reviendrait donc plus sur sa parole[147] /
130.       A ne a se to[148] Amiiru / 130.       Il a dit : « d’accord Amirou » /
131.       “Yeelele kaamah wurgandi” / 131.       “Yeelele kaamah wurgandi”[149] /
132.       Hala ni na iri gaaray / 132.       « Si tu nous chasses /
133.       Ga a hiijandi Ndunga[150] / 133.       Pour la marier à Ndounga /
134.       Ma bay kah ni ga mooru Liboore[151]… ni ga mursu Liboore / 134.       Sache que tu perdras Liboré » /
135.       “A ti nga safa gama nyamandi” / 135.       “A ti nga safa gama nyamandi”[152] /
136.       Han din hane Alzuma / 136.       A cette époque Alzouma /
137.       A ga ti zanka / 137.       Etait enfant /
138.       “A te i faabe” / 138.       “A te i faabe”[153] /
139.       “Safo kah ni safe” / 139.       “Safo kah ni safe”[154] /
140.       A ne wo kah ni ci Amiiru se wo / 140.       Il a dit : « ce que tu as dit à Amirou /
141.       Wo din mo no ga te cimi / 141.       C’est cela également qui deviendra réalité /
142.       Zama hala a mana a hiijandi / 142.       Parce que s’il ne la marie pas /
143.       Iri windo borey[155] se / 143.       Aux gens de notre concession[156] /
144.       Liboore kwaara kulu no a ga mursu / 144.       C’est tout le village de Liboré qu’il perdra » /
145.       Hima Hamma / 145.       Hima Hamma /
146.       “A na golla nye” / 146.       “A na golla nye”[157] /
147.       Han din hane no a na hiija te Ndunga borey se / 147.       C’est ce jour-là qu’il a célébré le mariage avec les gens de Ndounga /
148.       “I na juwo jirandi” / I na way[158]-hiijo sambu[159] / 148.       “I na juwo jirandi”[160] / Ils ont pris la jeune mariée /
149.       “I taranda Ndunga dabeeni” / 149.       “I taranda Ndunga dabeeni”[161] /
150.       I konda Ndunga kwaara / 150.       Ils l’ont emmenée au village de Ndounga /
151.       Sunna Bonto / 151.       Sounna Bonto /
152.       “A tiifo gamsu tuunu” / 152.       “A tiifa gamsu tuunu”[162] /
153.       A ne i se Liboore borey[163] / 153.       Il leur a dit : « gens de Liboré /
154.       Hay kulu kah fun Yaaru Kuuru ga[164] / 154.       Tous ceux qui descendent de Yarou Kourou[165] /
155.       Kah kani[166] Tonko Bangu beene[167] / 155.       Qui passent la nuit à Tonko Bangou Haut /
156.       Kulu Irkoy ma a albarka[168] ka a ga / 156.       Que Dieu leur enlève leur valeur[169] /
157.       Da ni wande[170] go ga hay no ma dira ga a nah / Da ni gonda bari mo ma dira ga a nah / Da ni gonda ize kayna no ma dira ga a nah[171] / 157.       Si ta femme est en train d’accoucher pars et laisse-la[172] / Si tu as un cheval pars et laisse-le également / Si tu as un enfant pars et laisse-le /
158.       Wo kah ni ga hini / 158.       Tout ce que tu peux [porter] /
159.       Ma do nda Liboore ganda / 159.       Descends avec à Liboré Ganda[173] » /
160.       Han din hane no Tonko Bangu gana beene / 160.       C’est ce jour-là que Tonkobangou a déménagé du haut /
161.       Ga do ganda isa me ga[174] / 161.       Pour s’installer au bord du fleuve /
162.       Han din hane habo[175] hinne ga bara no din / 162.       A cette époque il n’y avait que le marché là-bas /
163.       Kwaara si no / 163.       Il n’y avait pas de village /
164.       Aa…[176] Sunna Bonto / 164.       Aa…Sounna Bonto /
165.       Nga no na kwaara ye ganda han din hane / 165.       C’est lui qui ce jour-là a fait revenir le village vers le bas /
166.       Sunna Bonto / 166.       Sounna Bonto /
167.       “Yeela wonye zaamaama” / 167.       “Yeela wonye zaamaama”[177] /
168.       Hala a ga koy to kayna / 168.       Après un court moment /
169.       “Ciraana bagu” / 169.       “Ciraana bagu”[178] /
170.       Mo bi ga bo / 170.       Le jour se lève /
171.       Amiiru fonnay[179] beene / 171.       Amirou a scruté le ciel /
172.       A fonnay ganda[180] / 172.       Il a scruté la terre /
(il tousse) (il tousse)
173.       Azawa nda Dandi[181] / 173.       Au Nord et au Sud /
174.       Wayna-funay nda wayna-kahay[182] / 174.       A l’Est et à l’Ouest /
175.       Han din hane kwaara si kala[183] za daba[184] banda ya hare / Kala a zulli[185] gooro ra / 175.       A cette époque-là le village se trouvait de l’autre côté de la route / Au point qu’il descendait dans la vallée[186] /
176.       Hala[187] a ka ga Amiiru windo dah / 176.       Et entourait la cour d’Amirou /
177.       Amiiru ga biya ga tun kay / 177.       Amirou se lève tôt /
178.       Gorho nya kah i si hin ga dira nda[188] banda[189] / Kwaara me a me[190] hayfo[191] si a ra[192] / 178.       A part la poule qu’ils ne pouvaient emporter / Dans tout le village il ne restait rien /
179.       Ay Jeliba Baaje / 179.       Moi Jeliba Baje /
180.       “Ay wonye lammu tukunya” / 180.       “Ay wonye lammu tukunya”[193] /
181.       Han din hane ay gonda jiiri ahakku / 181.       A cette époque j’avais huit ans /
182.       Ay bayray kwaaray[194] ra no / 182.       C’est ma connaissance /
183.       Manti i deede ay se no / 183.       Ce n’est pas qu’on me l’a raconté /
184.       “I ningey kubaanu ga bagu” / 184.       “I na ngey kabaanu ga bagu”[195] /
185.       Han din hane no Liboore gana / 185.       C’était ce jour-là que Liboré a déménagé /
186.       Ga dira ga Tonko Bangu beene nah[196] / 186.       Pour quitter Tonko Bangou Haut /
187.       Kala[197] Amiiru windo[198] / 187.       A l’exception de la concession d’Amirou /
188.       “Yonci kaamoho” / 188.       “Yonci kaamoho”[199] /
189.       Hunkuna zaaro / Bora[200] kah koy / 189.       Le jour d’aujourd’hui / Celui qui part [à Tonkobangou Haut] /
190.       Bora ga gar kah ya din no / 190.       Pourra vérifier qu’il en est ainsi /
191.       Alzuma Sunna no na wo ne te / 191.       C’est Alzouma Sounna qui a fait cela /
192.       Nga nda baabo kah ci Sunna Bonto / 192.       Lui et son père qui est Sounna Bonto /
193.       “A wone nda zaamu baane” / 193.       “A wone nda zaamu baane”[201] /
194.       Hay kulu kah fun Yaaru Kuuru ga / Han din hane i kulu na a[202] gana / 194.       Tous ceux qui descendent de Yarou Kourou / Ce jour-là tous l’ont suivi /
195.       I ne zama jeeri si zuru[203] / 195.       On dit parce que la gazelle ne court pas /
196.       Izo ma ce koli ga fanaka / 196.       Pendant que son enfant croise ses pattes et a les jambes mortes”[204] /
197.       I ne i se tanda kamba candi / 197.       On dit qu’on ne peut pas tirer une branche du calebassier[205] /
198.       Izo ma goro banda / 198.       Et que ses fruits restent derrière[206] /
199.       “I na ngey zabaanu yiiga” / 199.       “I na ngey zabaanu yiga”[207] /
200.       “Yeela wonye zaamaama” / 200.       “Yeela wonye zaamaama”[208] /
201.       I na ngey zabana te / 201.       Ils ont fait leur temps /
202.       Zankey i[209] dira ga[210] hunkuna[211] nah arah se / Da[212] hunkuna boori a go arah se / 202.       Enfants ils sont partis et vous ont laissé aujourd’hui / Si aujourd’hui est bon[213] c’est pour vous /
203.       Da a sara mo a go arah se / 203.       Si c’est gâté c’est également pour vous[214] /
204.       Zama jeeri si zuru izo ma ce koli ga fanaka / Hankah[215] ni[216] gar ize aru ga te / 204.       Parce que la gazelle ne court pas pendant que son enfant croise ses pattes et a les jambes mortes / Ce que tu as trouvé le jeune homme le fait /
205.       Kulu baabo[217] teegoy[218] no / 205.       Tout est l’œuvre de son père /
206.       “Do ciraana kooro” / 206.       “Do ciraana kooro”[219] /
207.       Zaari beero hane[220] / 207.       La journée du grand jour /
208.       “Ay kaamah faabe” / 208.       “Ay kaamah fabe”[221] /
209.       Sunna Bonto / 209.       Sounna Bonto /
210.       Han kah hane a ga[222] ti baafuna[223] / 210.       Quand il était en vie /
211.       “Aw gazandey kaamah teegu lammey” / 211.       “Aw gazandey kaamah teegu lammey”[224] /
212.       A tangam[225] nda annasaarey[226] / 212.       Il a combattu les Blancs /
213.       Han kah hane annasaarey ka / 213.       Quand les Blancs sont venus /
214.       “Day kaamah wonye tunku lammo” / 214.       “Day kaamah wonye tunku lammo”[227] /
215.       Nda Maydanda baaba[228] / 215.       Avec le père de Maydanda[229] /
216.       Ngey ga ti Liboore / 216.       Ce sont eux /
217.       Wangaari hinka / 217.       Les deux guerriers de Liboré[230] /
218.       May ga ti Maydanda baaba ? / 218.       Qui est le père de Maydanda ? /
219.       Han din hane a si kala[231] Ndunga Jay[232] Jaaja kwaara / 219.       A cette époque il habitait à Ndounga Jaaja Kwaara[233] /
220.       “Ko fo sabaabu” / 220.       “Ko fo sabaabu”[234] /
221.       Liboore borey no kah ye Ndunga / 221.       Ce sont les gens de Liboré qui sont retournés à Ndounga /
222.       “I na ngey gazo nyamandi” / 222.       “I na ngey gazo nyamandi”[235] /
223.       I na ngey zabana te / 223.       Ils ont fait leur temps /
224.       A bisa[236] / 224.       Il a passé /
225.       Ss…[237] Bonto Amiiru / 225.       Ss…Bonto Amirou /
226.       Nga mo baaba Bonto Amiiru / 226.       Son père aussi Bonto Amirou /
227.       Han kah hane a ga ti baafuna / 227.       Quand il était en vie /
228.       “Kah sarey wo sarnyamandi” / 228.       “Kan sarey wo sarnyamandi”[238] /
229.       Han din hane annasaarey mana ka / 229.       A cette époque les Blancs n’étaient pas venus /
230.       Kah i ga[239]… iri nda care[240] / 230.       Entre nous /
231.       Iri no ga care hwa[241] / 231.       Nous nous combattions[242] /
232.       Iri mo no ga care wangu / 232.       Et nous nous faisions également la guerre /
233.       Han din hane… / 233.       C’est à cette époque /
234.       Amiiru / 234.       Amirou /
235.       Kondi Kissu[243] / 235.       Kondi Kissou[244] /
236.       A tangam nda Surgey / 236.       A combattu les Touaregs /
237.       Surgey / 237.       Les Touaregs /
238.       A tangam nda Surgey / 238.       Il a combattu les Touaregs /
239.       Bonkuuku / 239.       A Bonkoukou[245] /
240.       “A gazey ndey naana gaabo” / 240.       “A gazey ndey naana gaabo”[246] /
241.       A tangam nda fulahey / 241.       Il a combattu les Peuls /
242.       Gurmace / 242.       Sur la rive droite du fleuve[247] /
243.       “A wa gaazo nyamandi” / 243.       “A wa gaazo nyamandi”[248] /
244.       A tangam nda Zarma boobo[249] / 244.       Il a combattu beaucoup de Zarma /
245.       Wo din ay si du ga[250] i ci / 245.       Ceux-là je ne peux les dire /
246.       Zama arah nda care koonu[251] no / 246.       Parce que c’est uniquement entre vous /
247.       “Yeela wonye zaamaama” / 247.       “Yeela wonye zaamaama”[252] /
248.       “A wonye gaza nyamandi” / 248.       “A wonye gaza nyamandi”[253] /
249.       Yanje zeeno / 249.       Une vieille dispute /
250.       Nga no ga i tejo[254] tunandi / 250.       C’est elle qui réveille la nouvelle /
251.       A se no da[255] ni[256] ga[257] bora nyamti / Ma[258] si a nyamti bi zeena ra / 251.       C’est pourquoi si tu pinces quelqu’un / Il ne faut pas le pincer dans l’ancienne plaie /
252.       Zama hino biyo[259] ga beeri nda i zeena[260] / 252.       Parce que la prochaine sera plus grande[261] que l’ancienne /
253.       “Yeela wonye zaamaama” / 253.       “Yeela wonye zaamaama”[262] /
254.       Amiiru Kondi Kissu / 254.       Amirou Kondi Kissou /
255.       Han kah hane a ga ti baafuna / 255.       Quand il était en vie /
256.       Kondi laala din kah go kamba ga / Hala a na a candi a to jasa ga[263] ga boori / Da bina tun[264] / 256.       Le dangereux bracelet[265] qui se trouvait à son poignet / S’il le tirait bien il atteignait son épaule[266] / Quand il s’énerve /
257.       Nankulu[267] kah hare[268] a go ga[269] guna / Jasarey ne boro wo dinyah wo saarey yah no / Saarey binde[270] si du ga[271] zuru[272] / I[273] ne a kambe hwaaro[274] / Nda a kambu wo[275] borey no ga zuru / 257.       Partout où il regarde / Les jasare ont dit : « ces personnes-là sont des tombes » / Or une tombe ne peut pas fuir / Ils ont dit : « les gens à sa droite / Et ceux à sa gauche ce sont eux qui fuient » /
258.       “A na nga zabaanu yiiga” / 258.       “A na nga zabaanu yiiga”[276] /
259.       A na nga zabana te / 259.       Il a fait son temps /
260.       A bisa / 260.       Il a passé /
261.       “A nay kaamah da bolo nyamandi” / 261.       “A nay kaaamah dabolo nyamandi”[277] /
262.       “Ciraana kooro” / 262.       “Ciraana kooro”[278] /
263.       Amiiru Kondi Kissu / 263.       Amirou Kondi Kissou /
264.       Nga mo na nga zabana te a bisa / 264.       Lui aussi a fait son temps il a passé /
265.       “Yeelay   kaamah nye tunku” / 265.       “Yeelay kaamah nye tunku”[279] /
266.       May nda may[280] ga ti a kaayi ? / 266.       Qui[281] sont ses ancêtres ? /
267.       Sombo / 267.       Sombo /
268.       Sombo ga ti Maali Beero / 268.       Sombo est Mali Bero[282] /
269.       Han kah hane a go Malle / 269.       Quand il était à Mallé /
270.       Nga nda Surgey yanje / 270.       Lui et les Touaregs se sont battus /
271.       Han din hane a na Surgiizey kulu[283] wi Malle / 271.       Ce jour-là il a tué tous les Touaregs à Mallé /
272.       “I safa i dah” / 272.       “I safe i dah”[284] /
273.       Han din hane garaasey[285] / 273.       A cette époque les garaasa[286] /
274.       I go surgu borey do / 274.       Etaient chez les Touaregs /
275.       Amma[287] Zarmey no ga i no / 275.       Mais c’étaient les Zarma qui leur donnaient /
276.       A ga ka ga gaanu Zarmey se / 276.       Il venait danser pour les Zarma /
277.       A ga ne garaasa kani-haway / 277.       Il[288] disait : « les garaasa se couchent sans manger /
278.       Tanga zooru di bone / I ga haaru i ga a no nooru[289] / 278.       Le va-et-vient bruyant a vu le malheur[290] » / Ils riaient ils lui donnaient de l’argent /
279.       I ga a no mo bankaaray yah / 279.       Ils lui donnaient aussi des vêtements /
280.       “Yeela wonye zaama…” / 280.       “Yela wonye zaama…”[291] /
281.       Hala a ga koy to kayna / 281.       Après un court moment /
282.       Mate ga te ? / 282.       Que s’est-il passé ? /
283.       Maali Beero / 283.       Mali Bero /
284.       A na Zarmayzey kulu ce / 284.       Il a appelé tous les enfants zarma /
285.       Zama Sombayze[292] no / 285.       Parce que c’est le fils de Sombo[293] /
286.       “Yeela wonye zabarkaan[294]” / 286.       “Yela wonye zabarkaan”[295] /
287.       A ne hay kulu[296] kah fun Zabarkaan ga / 287.       Il a dit : « tous ceux qui descendent de Zabarkan /
288.       Kulu ma nga soola te / 288.       Tous doivent se préparer /
289.       Suda do-nda-caro[297] kah Surgey go ga te ngey se / 289.       Demain cette moquerie que nous font les Touaregs /
290.       A ga ban Malle bango boh / 290.       Elle finira sur la mare de Mallé » /
291.       Malle bango / 291.       La mare de Mallé /
292.       A gonda ganji[298] laala fo[299] / 292.       Elle a un dangereux génie /
293.       Kah se i ga ne zarma / 293.       Qu’on appelle Zarma /
294.       Ma wo din[300] no Surgey ga Zarmey ce nda / 294.       C’est par ce nom que les Touaregs appellent les Zarma /
295.       Zama se han din hane Zarmey ga boori nda[301] andunnya[302] kulu / 295.       Parce qu’à cette époque les Zarma étaient les plus beaux du monde /
296.       Boori kwaarayo kah i ga fooma nda / 296.       La vraie beauté avec laquelle les gens se vantent /
297.       Zama Yaakuba Zabarkaan / 297.       Parce que Yacouba Zabarkane /
298.       Kah na Maali Beero hay / 298.       Qui a enfanté Mali Bero /
299.       Ni bay kah Maa…[303][304] boro kwaaray no / 299.       Tu sais que c’est un homme blanc /
300.       A ka ga hiiji / 300.       Il est venu se marier /
301.       Malkey kah go Malle ga[305] / 301.       Les Mallinké[306] qui sont à Mallé /
302.       Malkey din no na Maali Beero hay / 302.       Ce sont ces Mallinké-là qui ont donné naissance à Mali Bero /
303.       Ni bay da boro bi nda boro kwaaray margu / 303.       Tu sais si un Noir et un Blanc se sont réunis /
304.       I si te kala boro boogu / 304.       Ils deviennent verts[307] /
305.       Maali Beero yah dumo booro fonda[308] no ya / 305.       C’est ce qui fait la beauté de la descendance de Mali Bero /
306.       Hala Malle borey / 306.       Au point que si les gens de Mallé /
307.       Malkey gonda sanni kah i ga i ce nda / Han din hane Zarmey / 307.       Les Mallinké ont une expression avec laquelle ils les appellent / A cette époque-là les Zarma /
308.       I zamu[309] wo / A se no[310] i ga ne / 308.       Leurs louanges / C’est ça qu’on appelle /
309.       “Mallinke kanye” / 309.       “Mallinke kanye”[311] /
310.       Malle wura no i ga ne i se / 310.       On leur dit l’or de Mallé /
311.       Malle wura / 311.       L’or de Mallé /
312.       Nga no i ga Zarmey ce / 312.       C’est comme ça qu’ils appellent les Zarma /
313.       Wi za ma din go ga dooru Surgey ga / 313.       En vérité ce nom-là fait mal aux Touaregs /
314.       Da Surgiizey ka bangu / 314.       Quand les jeunes Touaregs viennent à la mare /
315.       Sombo zaara no bonkoono izo ga sambu / 315.       C’est le pagne de Sombo que le prince prend /
316.       A ga zuru a ga nga ga-hamo tuusu[312] / 316.       Il court il s’essuie le corps /
317.       Surgiize buuna / 317.       Les petits Touaregs de rien /
318.       Ngey mo ma sambu hawey[313] zaarey / 318.       Eux aussi prennent les pagnes des enfants zarma /
319.       I ga ngey ga-hamey[314] tuusu / 319.       Ils essuient leur corps /
320.       Hala a ga koy to kayna / 320.       Après un court moment /
321.       Maali Beero ne bay kulu ma nga baaba yaajo sambu / 321.       Mali Bero a dit à chacun de prendre la lance de son père /
322.       I na zaarey sambu / 322.       Ils ont pris leurs pagnes / /
323.       “I warga taray” / 323.       “I warga taray”[315] /
324.       I ka ga to Malle bango boh[316] / 324.       Ils sont arrivés sur la mare de Mallé /
325.       Maali Beero kah ti Sombo / 325.       Mali Bero qui est Sombo /
326.       A na taaso fansi / 326.       Il a creusé le sable /
327.       A na nga yaajo dah ga daabu / 327.       Il a enfoui sa lance pour la recouvrir /
328.       A ne Surgiizey kulu ma[317] te ya din[318] / 328.       Il a demandé à tous les jeunes Touaregs[319] de faire de même /
329.       A ne Zarmayzey kulu ma te ya dini / 329.       Il a demandé à tous les jeunes Zarma de faire de même /
330.       Zarmayzey kulu ma ngey zaarey[320] te ya din[321] / 330.       Que tous les jeunes Zarma fassent ainsi avec leur pagne[322] /
331.       I go bango ra ga kurma / 331.       Ils sont en train de se baigner dans la mare /
332.       Hay kulu si kala[323] i ga Surgiizey fonnay[324] / 332.       [Quand] tout à coup ils aperçoivent les jeunes Touaregs /
333.       I go ga ka / / 333.       Ils arrivent / /
334.       Kah[325] i ka ga to bango boh / / 334.       Quand ils se sont approchés de la mare / /
335.       I ka ga sambu Sombo zaara bonkoniizo[326] / 335.       Ils sont venus prendre le pagne de Sombo le fils du chef /
336.       Talkayzey[327] sambu talkayzey zaarey / 336.       Les roturiers ont pris les pagnes des roturiers /
337.       Maali zuru ga fatta bango ra / 337.       Mali est sorti de la mare en courant /
338.       A ne a se furu ni fundi[328] / 338.       Il lui a dit : « débarrasse-toi de ta vie » /
339.       A ga[329]… hala a ga ka ga zaara yafa ga ta nga ga / 339.       Avant qu’il ne vienne prendre son pagne /
340.       A tooyanta[330] / 340.       Aussitôt arrivé /
341.       A na kambe nyaajin taaso ra / 341.       Il a enfoui sa main dans le sable /
342.       A na yaaji hinka sambu / 342.       Il a pris les deux lances /
343.       A ka ga to Surgiizey bonkoono ga / 343.       Il est arrivé à côté du chef des jeunes Touaregs /
344.       A na yaajo dah ga a hay bina ra / 344.       Il lui a planté la lance dans le cœur /
345.       A kah a bu[331] / 345.       Il est tombé il est mort /
346.       A ne to[332] Zarmayzey bay kulu[333] kah ta ni[334] zaara koy di yongo[335] fando[336] / Ma bay kah ay ga ay yaajo dah ni ra / 346.       Il a dit : « bon jeunes Zarma tous ceux qui laissent leur pagne arriver sur cette dune-là / Doivent savoir que je planterai ma lance en toi /
347.       Ni[337] mo ma ni yaajo sambu / 347.       Toi aussi tu dois prendre ta lance /
348.       Ma to ni zaara koyo / 348.       Tu atteins celui qui a ton pagne » /
349.       Ma a hay ga zeeri / 349.       Il lui plante sa lance /
350.       No din[338] no i na surgu bonkoono izo wi / 350.       C’est là-bas qu’il a tué le fils du chef touareg /
351.       Nda Zarma[339]… Surgiizey kah na a gana ga[340] koy bangu / 351.       Ainsi que les jeunes Touaregs qui l’ont suivi à la mare /
352.       Han din hane[341] Zarmey gonda tubal[342] iyye / 352.       A cette époque-là les Zarma avaient sept tambours de guerre[343] /
353.       I gonda Nasoro tubaale / 353.       Il a le tambour de guerre Nasoro[344] /
354.       I gonda Karca tubaale / 354.       Il a le tambour de guerre Kaciya /
355.       I gonda Alfu tubaale / 355.       Il a le tambour de guerre Alfou /
356.       I gonda Alfilfilo tubaale / 356.       Il a le tambour de guerre Alfilfilo /
357.       I gonda Alfu tubaale / 357.       Il a le tambour de guerre Alfou /
358.       I gonda Alfilfilo tubaale / 358.       Il a le tambour de guerre Alfilfilo /
359.       I gonda Bonkaano tubaale / 359.       Il a le tambour de guerre Bonkaano[345] /
360.       Nda Sombonkane / 360.       Et Sombonkane /
361.       Kah ti tubaaley kulu i beero[346] / 361.       Qui est le plus grand des tambours de guerre /
362.       Sombo ne i ma[347] Sombonkane kar / 362.       Sombo a demandé qu’on frappe Sombonkane /
363.       I na Sombonkane kar / 363.       Ils ont frappé Sombonkane /
364.       Han din hane Zarmey me a me[348] bari waranza no / 364.       A cette époque l’ensemble des Zarma c’est trente chevaux[349] /
365.       I kulu kaaru ka ga kay[350] / 365.       Ils les ont tous montés et se sont placés /
366.       A ne hankah se ay na arah ce / 366.       Il a dit : « ce pourquoi je vous ai appelé /
367.       Ga ti ay wo na surgiize bonkoono wi / 367.       C’est que j’ai tué le fils du chef touareg /
368.       Nda boro hannayze[351] kah na a gana ga koy bangu kulu / 368.       Et tous les enfants de nobles qui l’ont suivi à la mare » /
369.       Han din hane Zarmey / Bora kah kaaru nda yaarutaray yaarutara ban / 369.       Ce jour-là les Zarma / Celui qui est monté avec courage son courage est fini /
370.       Bora kah kaaru nda safari[352] / 370.       Celui qui est monté avec magie /
371.       Safaro ban / 371.       Sa magie est finie /
372.       Hala a ga koy to kayna / 372.       Après un court moment /
373.       Beene si koy[353] / Ganda laabo mo si fansi[354] ga furo / 373.       On ne peut pas partir par le haut[355] / On ne peut pas non plus creuser la terre pour y entrer /
374.       Surgey ba nd’ey[356] / 374.       Les Touaregs sont plus nombreux qu’eux /
375.       I te mo wangu jiney[357] nd’ey / 375.       Ils sont également plus armés qu’eux /
376.       Maali Beero[358] / 376.       Mali Bero /
377.       A gonda nga bannya fo[359] / 377.       Il a un captif[360] /
378.       Kah se i ga ne Almin / 378.       Qu’on appelle Almin /
379.       Almin din sohance[361] no / 379.       Cet Almin-là est un sohance /
380.       Nga ga ti kottekooni[362] beero[363] /¨ 380.       C’est lui le grand magicien /
381.       Almin ne Zarma[364] kulu ma zumbu ga fanda bariyey / 381.       Almin a dit : « tous les Zarma doivent descendre et laisser les chevaux /
382.       I ma zumbu ga koy subu wi[365] ga kande sohõ tilliiziyo[366] / 382.       Qu’ils descendent pour amener tout de suite de la paille » /
383.       I na subu nyaho[367] wi ga kande ga gusam / 383.       Ils ont récolté la paille ils l’ont emmenée et l’ont entassée /
384.       A ne i ma waasu ga te nga se barma daba[368] / 384.       Il a dit de lui faire rapidement le fond d’un grenier /
385.       I ga barma daba te / 385.       Ils font la base du grenier /
386.       Zarmey go ga sakulla / 386.       Les Zarma sont inquiets /
387.       I ne i ma si te garaasa[369] ma ma / 387.       Ils ont dit qu’il ne fallait pas que le garaasa[370] le sache /
388.       Zama da[371] a ma sohõ a ga koy ci Surgey se / 388.       Parce que s’il l’entendait il irait immédiatement le dire aux Touaregs /
389.       Bora kah garaasa hã / 389.       Celui que le garaasa interroge /
390.       Bora ma ne ay wo si bay hankah no / 390.       Doit lui répondre[372] qu’il ne sait pas ce qui se passe /
391.       Kala i na daba kay / 391.       Jusqu’à ce qu’ils aient tissé le fond /
392.       I na a turu / 392.       Ils l’ont tressé /
393.       Almin ne bay kulu kah go no / Kulu ma furo barma daba ra / 393.       Almin a dit : « que tous ceux qui sont là / Entrent dans le fond du grenier » /
394.       Bora[373] kulu furo barma daba ra / 394.       Tout le monde est entré dans le fond du grenier /
395.       Hala a ga koy to kayna / 395.       Après un court moment /
396.       “Ay kaamah nye tunku” / 396.       “Ay kaamah nye tunku”[374] /
397.       Hala a ga to kayna / 397.       Après un court moment /
398.       Ifo no Almin te[375] ? / 398.       Qu’a fait Almin ? /
399.       Almin ne daba / 399.       Almin a dit le fond [de grenier] /
400.       Haw hinne[376] ga ti a kabiya[377] / 400.       Son seul interdit est une vache /
401.       Han din hane mo / Almin hinne ga bara nda[378] yeeji folloh / Bora kulu furo daba ra / 401.       A cette époque également / Seul Almin possédait un seul taureau / Tout le monde est entré dans la fond [de grenier] /
402.       I dira ga yeejo nah ganda[379] / 402.       Ils sont partis en laissant le bœuf en bas /
403.       Almin gonda nga[380] barzu / 403.       Almin avait un fouet /
404.       A gonda fandu beeri / 404.       Il avait un grand van /
405.       A na daba kar wayna-funay[381] / 405.       Il a frappé la base à l’est /
406.       A na daba kar wayna-kahay[382] / 406.       Il a frappé la base à l’ouest /
407.       A na daba kar azawa[383] / 407.       Il a frappé la base au nord /
408.       A na daba kar dendi[384] / 408.       Il a frappé la base au sud /
409.       Hala a ga koy to kayna / 409.       Après un court moment /
410.       Kala i ga di daba ga gasi nda borey / Amma a si ga kungu[385] / 410.       Au point qu’[on voie que] la base commence a trembler avec les gens / Mais elle ne fait pas de bruit[386] /
411.       Daba ga gasi nda borey / Kala borey kah go a ra ga ne ngey ga fun ga kah / 411.       Le fond [de grenier] tremble avec les gens / Au point que ceux qui sont dedans se disent qu’ils vont tomber /
412.       Borey koli care ga / 412.       Les gens se sont agrippés les uns aux autres /
413.       Almin ka ga   kay daba fuuma[387] boh / 413.       Almin vient se placer au centre du fond [de grenier] /
414.       Fandu beero din kah go a se[388] / 414.       Le grand van qu’il possède /
415.       A na a feeni beene[389] / Kala[390] i di daba na laabo[391] tah / 415.       Il l’a tourné en l’air / Au point qu’on a vu le fond [de grenier] décoller de la terre /
416.       Amma a si ga kungu / Daba koy hala beene ga kay nda borey / 416.       Mais il ne fait pas de bruit / Le fond [de grenier] est monté très haut et s’est arrêté avec les gens[392] /
417.       Garaasa zuru ga ka / 417.       Le garaasa est venu en courant /
418.       A gar[393] a koy ci Surgey se / I ne garaasa ga taari no / Mata[394] kah a ga te ga hawru[395] no ya / Zarmey ga wo ne miila sonko[396] i ma a te ? / 418.       Il se trouve qu’il a déjà averti les Touaregs / Ils ont dit : « le garaasa est un menteur[397] / C’est comme ça qu’il fait pour dîner / Les Zarma peuvent-ils penser à cela [et] à plus forte raison le faire ? » /
419.       Kah daba koy beene / 419.       Quand le fond [de grenier] est monté en haut /
420.       Garaasa ka / 420.       Le garassa est arrivé /
421.       A cilili[398] Sombo se / A ne a se nga te kooro kah dana ganji[399] / 421.       Et a lancé un cri à Sombo / Il lui a dit qu’il est devenu une hyène[400] qui est aveugle en brousse /
422.       Da a goro saajo ra caley ma a hwa / 422.       Si elle reste en brousse les autres vont la manger /
423.       Da a ka kwaara mo a si gomni te feeji kali koyey se / 423.       Si elle vient au village elle ne fera pas non plus le bien des propriétaires de troupeau[401] /
424.       Almin na barzo deena salle a se / 424.       Almin lui a tendu le bout de son fouet /
425.       I na a candi ga dah daba ra / 425.       Ils l’ont tiré et l’ont mis dans le fond [de grenier] /
426.       A ka ga gar Almin / 426.       Il se trouve qu’Almin /
427.       I na gisimayze[402] hawgare / 427.       Ils ont ouvert un sac de grains d’oseille[403] /
428.       Feeri ga gisi barma daba boh / I na funayze kayna fo ka a ga / 428.       Et l’ont déposé sur le fond du grenier / Ils ont fait un petit trou au sac /
429.       A ne Zarmey se iri bora kulu si ban[404] daba ra / 429.       Il a dit aux Zarma que le fond [de grenier] ne peut les transporter tous /
430.       Amma gisimo wo / 430.       « Mais cette oseille /
431.       Nankulu kah arah na a gana / Da kaydiya fatta a ga fatta ga te nya / Nankah ay go no gisima ga ban / 431.       Partout où vous l’avez suivie / Pendant la saison des pluies elle poussera et donnera des arbres / Là où je serai l’oseille finira /
432.       Arah ma a gana arah ga di ay / Amma sohõ bora kulu ma kar ga say subo[405] ra  / Zama a gay-gay kayna Surgey ga ka ne i ga arah kulu alandaaba / 432.       Vous n’aurez qu’à la suivre et vous me verrez / Mais maintenant tout le monde doit se disperser dans la brousse / Parce que dans peu de temps les Touaregs viendront ici ils vous détruiront tous » /
433.       Daba tunanta no ya / 433.       C’est là le départ du fond [de grenier] /
434.       Daba ka Cilkaldo cilkal bosiyey / 434.       Le fond [de grenier] est arrivé à Cikaldo Cilkal Bosiyey[406] /
435.       Daba ka Naafa Dariye / 435.       Le fond [de grenier] est arrivé à Naafa Darié[407] /
436.       Daba ka sa[408]… Tumbutu “kooru” / 436.       Le fond [de grenier] est arrivé à Tombouctou Kooru[409] /
437.       Daba ka Tumbutu “tukunnya”/ 437.       Le fond [de grenier] est arrivé à Toumboutou Toukounya[410] /
438.       Daba ka Adarambuka / 438.       Le fond [de grenier] est arrivé à Adarambouka[411] /
439.       Han kah hane i kani[412] Adarambuka / 439.       Ce jour-là ils ont passé la nuit à Adarambouka /
440.       Maali gonda nga[413] kayne fo / 440.       Mali a un petit frère /
441.       Kah se i ga ne Bolombooti / 441.       Qu’on appelle Bolomboti /
442.       Bolombooti ga ba… beero[414] koytara / 442.       Bolomboti veut la chefferie de son grand frère /
443.       A ka ga gar / 443.       Il se trouve que /
444.       Adarambuka Surgey mo ga laala / 444.       Les Touaregs d’Adarambouka sont dangereux /
445.       Cino ra no a hanna ga fatta[415] daba ra / 445.       C’est en pleine nuit qu’il est sorti de du fond [de grenier] /
446.       Bolombooti koy ne Adarambuka Surgey se / 446.       Bolomboti est parti dire aux Touaregs d’Adarambouka /
447.       Nga beero wo surgiize yah no a wi ga dira Mande / 447.       Que son grand frère avait tué des jeunes Touaregs à Mallé avant de fuir /
448.       Amma i ma ka ga a wi da i na a wi nga[416] wo ne wo gora no ga kaanu nga se / 448.       Mais qu’ils doivent venir le tuer s’ils le tuent cet endroit-là lui est agréable /
449.       Nga ga ba nga ma goro ne / 449.       Il veut rester ici /
450.       Cino ra Maali Beero bay a ga[417] / 450.       Dans la nuit Mali Bero a compris [ce que son petit frère veut faire] /
451.       A ne Zarmey kulu ma tun nda ngey wangu jiney / 451.       Il a dit à tous les Zarma de se lever avec leurs armes de guerre /
452.       Zarmey kulu tun ga kay nda ngey wangu jiney / 452.       Tous les Zarma se sont levés avec leurs armes de guerre /
453.       I kaaru bariyey boh / 453.       Ils sont montés sur leurs chevaux /
454.       I ne Maali se hala[418] ifo no ? / 454.       Ils ont demandé à Mali ce qu’il y avait /
455.       Maali ne i se iri ra no boro fo[419] fatta / 455.       Mali leur a dit : « c’est parmi nous que quelqu’un est sorti /
456.       Ga koy ga ci Surgey se / 456.       Pour aller informer[420] les Touaregs /
457.       Han kah iri go ga te / 457.       De ce que nous faisons /
458.       Sohõ mo ni ga diya[421] bora ga ka nango[422] / 458.       Tout de suite également vous[423] verrez venir la personne ici » /
459.       I go no kala i ga Bolombooti fonnay / 459.       Ils sont là [quand] ils aperçoivent Bolomboti /
460.       A go ga fanah Surgey jine ga ka / 460.       Il vient en rampant devant les Touaregs /
461.       I ka ga maanu daba / 461.       Ils se sont approchés du fond [de grenier] /
462.       Maali nda bari waranza tun kay Surgey ga / 462.       Mali et ses trente chevaux[424] se sont levés devant les Touaregs /
463.       I na i gaaray / No din no Bolombooti zuru i banda[425] / 463.       Ils les ont chassés / C’est là que Bolomboti les a suivis et est parti avec eux /
464.       Bolombooti / 464.       Bolomboti /
465.       Nga nda Maali nya fo i baaba fo / 465.       Lui et Mali sont de la même mère et du même père /
466.       Bolombooti banda / 466.       Les descendants de Bolomboti /
467.       Ngey ga ti Balle kwaarey kah se i ga ne Dawsaana / 467.       Ce sont eux les Touaregs blancs qu’on appelle Daoussana /
468.       Ngey nda Zarmey kulu kaayi folloh / 468.       Eux et les Zarma ont le même ancêtre /
469.       Kah i dira ga a nah / 469.       Quand ils sont partis et l’ont laissé /
470.       Surgu bonkoono mo na nga ize hiijandi a se / 470.       Et le chef touareg l’a marié à une de ses filles /
471.       Ngey ga ti Balley[426] wo kah go ga borey kom Zarma yah no / 471.       Ce sont eux les Touaregs qui se rebellent ce sont des Zarma /
472.       “Yeela wonye saabaababa”[427] / 472.       “Yeela wonye saabaababa”[428] /
473.       I na daba tunandi ga Bolombooti nah / 473.       Ils ont décollé dans le fond [de grenier] et laissé Bolomboti /
474.       I ka ga kani Koobi / Tondi Kanje / Daba ye ga tun kay Koobi / 474.       Ils sont venus passer la nuit à Kobi / Dans le Tondikanje / Le fond [de grenier] a à nouveau décollé de Kobi /
475.       I ka ga kani Sabataaka Zarma-Ganda / 475.       Ils sont venus passer la nuit à Sabataka Zarmaganda /
476.       Daba ye ga tun kay Sabataaka / 476.       Le fond [de grenier] a à nouveau décollé de Sabataka /
477.       I ka ga kani Sargan / 477.       Ils sont venus passer la nuit à Sargan /
478.       Sargan no[429] Maali Beero daba mana ye ga tun kay koyne[430] / 478.       C’est à Sargan que le fond [de grenier] n’a plus décollé /
479.       Zama no din no gisima[431] ban / 479.       C’est là-bas que l’oseille est finie /
480.       Amma kah Maali Beero ka / 480.       Mais quand Mali Bero est arrivé /
481.       Sargan Zarma-Ganda / 481.       Sargan dans le Zarmaganda /
482.       A na Laafarey gar / 482.       Il a trouvé les Lafar /
483.       A na Ciyey gar / 483.       Il a trouvé les Tchi /
484.       A na Lorey gar / 484.       Il a trouvé les Lorey[432] /
485.       Borey kulu za[433] … Zarma no i ga i ce zama zarma sanni no i ga te / 485.       Tous ceux-ci on les appelle Zarma parce qu’ils parlent la langue zarma[434] /
486.       Maali Beero / 486.       Mali Bero /
487.       Han kah hane a ka / 487.       Le jour où il est arrivé /
488.       Zarma sanno / 488.       La langue zarma /
489.       I mana a gar kala nango manti ngey no kand’a / 489.       Ils l’ont trouvée ici ce ne sont pas eux qui l’ont emmenée /
490.       Sulance ciina[435] kah iri ga caw nda / 490.       La langue soninké avec laquelle nous étudions /
491.       Nga no Maali Beero kande ne / 491.       C’est ce que Mali Bero a apporté ici /
492.       Mate ga ti sulance ciina ? / 492.       Qu’est-ce que c’est la langue soninké ? /
493.       Nga ga ti malkey sanno / Zama ni bay Maali Beero nya Malka no / 493.       C’est ça la langue de Mallinké / Parce que tu sais la mère de Mali Bero est Mallinké /
494.       “Yeela wonye zaama…” / A se no da ni na Malka guna nga nda Zarma si fay hay kulu / 494.       “Yela wonye zaama…” / C’est pourquoi quand tu regardes un Mallinké lui et le Zarma ne se distinguent pas du tout /
495.       “Yeela wonye zaamaama” / 495.       “Yela wonye zaamaama” /
496.       Hala a ga koy[436] kayna / 496.       Après un court moment /
497.       Maali Beero / 497.       Mali Bero /
498.       A hay Kandi / 498.       Il a engendré Kandi /
499.       A hay Gooro / 499.       Il a engendré Gooro /
500.       Kandi / 500.       Kandi /
501.       A banda / 501.       Ses descendants /
502.       Nga ga ti Simiri / 502.       C’est Simiri /
503.       Nda Walam / 503.       Et Ouallam /
504.       Han kah hane Sohancey mana ka ga Walam koytara ta / Han din hane Kandi no koytaray / 504.       A l’époque où les sohance ne sont pas venus prendre la chefferie de Ouallam / A cette époque la chefferie appartenait à Kandi /
505.       Ngey mo Sohancey ga fun Sohay ga ka ga i koytara ta i ga / 505.       Eux aussi ce sont les sohance qui sont venus du Sohay leur prendre la chefferie /
506.       Nda Tondikiwindi / 506.       Et Tondikiwindi /
507.       Kandi banda ne / 507.       Voilà la descendance de Kandi /
508.       Gooro / 508.       Gooro /
509.       Nga ga hay Zarmalle / 509.       Il a mis au monde Zarmallé /
510.       Zarmalle hay Maali Kamandugusa / 510.       Zarmallé a mis au monde Mali Kamandouksa /
511.       Maali Kamandugusa hay Taguru a hay Banka / 511.       Mali Kamandouksa a mis au monde Tagourou il a mis au monde Banka /
512.       No din no / Zarmey sintin ga fay-fay[437] / Taguru nda Banka / 512.       C’est à partir de là / Que les Zarma ont commencé à se diviser / Tagourou et Banka /
513.       Nga ga ti Curtaasi nda Dooso borey kaayo / 513.       C’est lui l’ancêtre des gens de Kirtachi et Dosso /
514.       A hay Sejam / 514.       Il a mis au monde Sajam /
515.       Nda Zaam[438]a Seega / 515.       Et Zama Sega /
516.       Toobil fu borey / 516.       Les gens de Tobil-Fou /
517.       Ngey wo Isa Korombe no na i koytara kulu ta / 517.       Eux c’est Issa Korombé qui leur a pris toutes leurs chefferies /
518.       Zama koytaray taaci no i se / 518.       Parce qu’ils avaient quatre chefferies /
519.       Karra / 519.       Karra /
520.       Haw-laawal / 520.       Hawlawal /
521.       Kurfaare / 521.       Kourfaré /
522.       Nda Jabu Cirya / 522.       Et Djabou Tchiriya /
523.       Waati din i kulu zarmakoy yah no / 523.       A cette époque-là ils étaient tous des zarmakoy[439] /
524.       Kah Isara Komba[440] ka… ga nango hwa a na i ta i ga / 524.       Quand Issa Korombé est arrivé pour dominer l’endroit il les[441] a leur prises [de force] /
525.       Ga din no a hay Haali Koda / 525.       C’est à ce moment qu’il a mis au monde Hali Koda /
526.       Haali[442] Koda / Nga ga ti Maali ize kayna[443] / 526.       Hali Koda / C’est lui le fils cadet de Mali /
527.       Maali ize kayna / 527.       Le fils cadet de Mali /
528.       Nga no furo fune gumo / 528.       C’est lui qui fut le plus prolifique /
529.       Zama nga no te banda boobo / 529.       Parce que c’est lui qui a eu beaucoup de descendants /
530.       Maali Koda / 530.       Mali Koda /
531.       A hay Kayniya Mantuuku / 531.       Il a mis au monde Kayniya Mantoukou /
532.       “Yeela nye tunku” / 532.       “Yeela nye tunku”[444] /
533.       ” Yeela nye tunku kamohooni” / Nga binday[445] may nda may[446] ga ti a[447] banda ? / 533.       “Yeela nye tunku kamohooni”[448] / Et lui qui[449] sont ses descendants ? /
(il tousse) (il tousse)
534.       I mana goro kala[450] Surgay / 534.       Ils sont restés chez les Touaregs /
535.       Ifo se ? / 535.       Pourquoi ? /
536.       Waato kah Maali Beero go Sargan ? / 536.       Quand Mali Bero était à Sargan /
537.       A gonda yeeji laalo fo / 537.       Il avait un dangereux taureau /
538.       Yeejo ga te handu hinza-hinza[451] ganji / 538.       Le taureau passait trois mois en brousse /
539.       Kooro si a hwa haw… he… haw[452] ce-beeri si baara[453] / Sanku fa[454] muusu / 539.       L’hyène ne peut le manger l’éléphant n’a pas besoin de lui / A plus forte raison le lion[455] /
540.       Yeejo din no da a ka Sargan / 540.       C’est ce taureau-là s’il venait à Sargane /
541.       A ga sobay ga gooye / 541.       Il continuait à ruminer /
542.       A ga gamsa yah gooye / 542.       Il continuait à ruminer le “gamsa”[456] /
543.       Maali Beero ne da manti kah nga zeenu / 543.       Mali Bero a dit que s’il n’était pas vieux /
544.       Dõ[457] nango kah yeejo go ga fun nda hayo nga ga diya[458] / 544.       Il irait voir l’endroit d’où venait le taureau avec ça[459] /
545.       Izey ne a ma goro ngey no ga koy / 545.       Ses enfants lui ont dit de rester que c’étaient eux qui iraient /
546.       Ize guwo[460] tun ga care gana / 546.       Ses cinq enfants se sont levés et se sont suivis /
547.       I ka ga gar / Hawo da a tun kay nango kala Fooga / 547.       Ils trouvent / Que la vache quitte ici pour Foga /
548.       Fooga si kala Gaya jare ga / 548.       Foga est à côté de Gaya /
549.       No din no hawo ga koy te handu hinza / 549.       C’est là-bas que le vache part faire trois mois /
550.       Ga din no a ga ye ga ka fu / 550.       C’est après cela qu’elle revenait à la maison /
551.       “Yeela wonye zaamaama” / 551.       “Yela wonye zaamaama”[461] /
552.       Hala a ga koy to kayna / 552.       Après un court moment /
553.       Ifo no a te ? / 553.       Qu’a-t-il fait ? /
554.       “Ay kaamah nye tunku” / 554.       “Ay kaamah nye tunku”[462] /
555.       Ga din no i ka i ci baabo[463] se / 555.       C’est ainsi qu’ils sont venus informer[464] leur père /
556.       I ne baabo se amma da a ga yadda ngey se / 556.       Ils ont dit à leur père que s’il était d’accord avec eux /
557.       Dõ ngey wo ga ye no din / Zama no din gora ga bisa nango / 557.       Alors ils retourneraient là-bas / Parce que cet endroit-là[465] est mieux qu’ici /
558.       No din waati din a… waati kulu kaydiya no / Fooga / 558.       Là-bas c’était autrefois tout le temps l’hivernage / A Foga /
559.       Ga ti[466] Bukari tun kay / 559.       C’est ainsi que Boukar s’est levé /
560.       A koy goro Fooga / 560.       Il est parti s’installer à Foga /
561.       Nga nda Buraaci / 561.       Lui et Bouratchi /
562.       Nga[467] nda Cangey sobay ga yanje / 562.       Lui[468] et les Tchanga se battent continuellement /
563.       I tun kay no din / 563.       Ils ont quitté là-bas /
564.       I ne sohõ kay[469] ngey ma ye Doosa do / 564.       Ils ont dit que maintenant ils devaient retourner à Dosso /
565.       Zama ngey si ga ma care kaani / 565.       Parce qu’ils ne s’entendaient pas /
566.       Doosa do ga ti Dooso / 566.       C’est Doosa qui est appelé de nos jours Dosso /
567.       I ye ga ka ga goro Dooso / 567.       Ils sont revenus s’installer à Dosso /
568.       “Gatey kaamah nye tunku” / 568.       “Gatey kaamah nye tunku”[470] /
569.       Ga ti kah bay kulu na nga nangu di / 569.       C’est ainsi que chacun a occupé sa place /
570.       Garce Bukari nda Buraaci / 570.       Garké Boukar et Bouratchi /
571.       Ay ne ni se ngey ga ti / 571.       Je t’ai dit que ce sont eux qui sont /
572.       Curtaasi nda Dooso / A hay Sejam nda Zaama Seega / 572.       Kirtachi et Dosso / Il a engendré Sajam et Zaama Seega /
573.       Toobil fu borey nda Namaari borey / 573.       Les gens de Tobil-Fou et les gens de Namari /
574.       Namaari ga ti Kuure / 574.       Namari est Kouré /
575.       Toobil fu wo i na i koytara ta / Ga din no a hay Haali Koda / Haali mo hay Zam / A hay Yelsan / 575.       Quant à la chefferie de Tobil-Fou on l’a prise de force / C’est à ce moment qu’il a mis au monde Hali Koda / Hali a aussi mis au monde Zam / Il a mis au monde Yelsan /
576.       Coota borey fun Zam ga / 576.       Les gens de Kiota sont descendus de Zam /
577.       Kogori borey fun Yelsan ga / 577.       Les gens de Kogori sont descendus de Yelsan /
578.       Yelsan / 578.       Yelsan /
579.       A mana goro kala kwaara fo surgey laabo ra / 579.       Il est resté dans un village de la région touarègue /
580.       Kah se i ga ne Kogori / 580.       Qu’on appelle Kogori /
581.       Ba sohõ Kogori go no / 581.       Même maintenant Kogori existe /
582.       Kogori kulu mana fun kala no din / 582.       Tout Kogori est venu de là-bas /
583.       “Yeelay kaamah nye tunku” / 583.       “Yeela kaamah nye tunku”[471] /
584.       Hala a ga koy to kayna / 584.       Après un court moment /
585.       “Manta mantarci cibaruuna” / 585.       “Manta Mantarci cibaruna”[472] /
586.       “A day kaamah digo” / 586.       “A day kaamah digo”[473] /
587.       Kah Kogori tun kay / 587.       Quand Kogori s’est levé pour partir /
588.       Kogori borey tun kay i ka ga zumbu Ndunga / 588.       Les gens de Kogori sont venus s’installer à Ndounga /
589.       Kogorey kulu Ndunga no na i jini / 589.       Tous les Kogori c’est Ndounga qui les a précédés /
590.       Han kah hane i ka Ndunga / Fulah fo no i ka ga gar Ndunga gungo din ra / 590.       Le jour où ils sont venus à Ndounga / C’est un Peul qu’ils ont trouvé dans l’île de Ndounga /
591.       A ni… I ne a se hala man no nango ? / 591.       Ils lui ont demandé : « ici c’est où ? » /
592.       Fulaho ne i se dungu / 592.       Le Peul leur a dit : « ndungu » /
593.       Fulah sanni no Ndunga ma ga / 593.       Le nom de Ndounga c’est du fulfuldé /
594.       Dungu ga ti kaydiya / 594.       “ndungu” signifie[474] hivernage /
595.       A ne i se nango wo dungu no i ga ne a se zama waati kulu hari[475] no / 595.       Il leur a dit qu’ici c’est “ndungu” qu’on l’appelle parce qu’il y a tout le temps de l’eau /
596.       I goro no din / 596.       Ils se sont installés là-bas /
597.       “Yeela wonye zaamaama” / 597.       “Yeela wonye zaamaama”[476] /
598.       Hala a ga koy to kayna / 598.       Après un court moment /
599.       Sanni cindo[477] / 599.       Certaines paroles /
600.       Jasara si hin ga a ci kala da i na a sarandi / 600.       Les jasare ne peuvent les dire mais il ne peut que les sauter[478] /
601.       Zama hala i na bi zeeno nyamti / 601.       Parce que si on pince une ancienne plaie /
602.       Da a tun a ga zaari si[479]… i[480] zeena / 602.       Si elle reprend elle sera pire que l’ancienne /
603.       No din no Liboore fatta / 603.       C’est de là-bas qu’est sorti Liboré /
604.       A ka ga te nga[481] koy… kambe koy / 604.       Il est devenu sa propre chefferie /
605.       Liboore koytara / A mana sintin kala Malalay / 605.       La chefferie de Liboré / A commencé à Mallalé /
606.       Hunkuna ga ti koy way cindi taacanta[482] kah go no / 606.       Aujourd’hui c’est le quatorzième chef qui est là /
607.       Hamdillaay / 607.       Hamdallaye /
608.       A mana fatta kala no din Ndunga / 608.       Il vient de là-bas à Ndounga /
609.       Nga mo ka ga te nga kambe wo ne / 609.       Lui est également devenu sa propre chefferie /
610.       Gudel / 610.       Goudel /
611.       Nga mo mana fatta kala no din / 611.       Il vient également de là-bas /
612.       A ka ga te nga kambe koytaray / 612.       Il est devenu sa propre chefferie /
613.       Annasaarey na a ta ga[483] dah Karma / 613.       Les Blancs l’ont confisquée pour la mettre dans Karma /
614.       Baabusaay / 614.       Baboussaye /
615.       Kogori no / 615.       C’est Kogori /
616.       Nga mo annasaarey na koytara ta / 616.       A lui aussi les Blancs ont pris sa chefferie de force /
617.       I na a no Kuure se / 617.       Ils l’ont donnée à Kouré /
618.       “Yeela wonye zaamaama” / 618.       “Yeela wonye zaamaama” /
619.       Borey wo dira ra no iri go hunkuna kah ti annasaarey zabana / Bora kah manti alaasiri / A si furo ga kaayey kulu saarey he. 619.       Ces gens-ci c’est dans leur sillage que nous sommes aujourd’hui qui est l’époque des Blancs / Celui qui n’est pas dénigreur / Ira pleurer sur les tombes de tous ses ancêtres[484].

[1]                Terme d’origine soninké.

[2]                C’est le nom de l’air de moolo (luth à trois cordes) que les jasare jouent généralement aux nobles zarma.

[3]                Le premier nom est un prénom ou plus exactement un surnom qui signifie « vendredi ». Ceci indique qu’il est né un vendredi. Son véritable nom est Idrissa. Le second nom constitue le nom de famille qui est formé avec le prénom du père : il s’agit du surnom de tous les Souley.

[4]                Terme fulfuldé signifiant : « roi ».

[5]                Terme fulfuldé signifiant : « fils ».

[6]                Pour certains nobles de Liboré, Jeliba aurait dû commencer par Hassane Sounna, l’aîné, mais comme il n’a pas été chef de canton, le jasare a préféré commencer par Alzouma Sounna qui l’a été. Le statut prime, selon lui, sur l’âge.

[7]                Le démonstratif « wo » (ceci) a valeur de déictique, puisqu’il renvoie à l’air musical joué.

[8]                Bonto est le surnom de Souleymane

[9]                Terme fulfuldé signifiant : « fils ».

[10]              Lorsqu’il dit que ce Mali est fils de Zabarkane, il s’agit d’une erreur selon Jeliba. Il devrait dire Mali Kamandouksa, alors que Mali Zabarkane est l’ancêtre des Zarma qui se trouvait à Mallé et qui a combattu les Touaregs. Mais peut-être est-ce autre chose qu’une erreur… puisqu’il peut s’agir d’une ellipse avec un saut de plusieurs générations de façon à les relier plus rapidement à l’ancêtre premier (Mali Zabarkane).

Le lien à Zabarkane l’Arabe s’inscrit dans une logique qui pousse de nombreuses familles sub-sahariennes à s’attribuer, à tort ou à raison, une origine arabe. Celle-ci montre le lien au Prophète (dans un de ses récits, Jeliba Baje fait de Zabarkane un compagnon du Prophète) et donc à l’islam. Ceci implique également une couleur de peau plus claire, synonyme de beauté (cf. plus loin « boro boogu »).

[11]              Phrase soninké signifiant : « Si ce n’est pas le temps dangereux ». Il fait référence ici à l’arrivée des Européens, c’est-à-dire à l’époque coloniale.

[12]              « Wi za » est une conjonction de coordination signifiant « en vérité, alors que » : elle infirme un doute sur une croyance en montrant que celle-ci est vraie.

[13]              Parce que Sounna Bonto est mort, le jasare a vu la mort.

[14]              Cette phrase en soninké signifie « la mort ne demande pas ».

[15]              L’action est courante ; c’est pourquoi le jasare emploie l’inaccompli.

[16]              Selon Jeliba Baje, cette phrase signifie que la mort n’a pas pitié (« elle ne prie pas ») et elle n’avertit pas (« elle ne demande pas ») que l’on soit païen ou musulman.

[17]              « Hala » est un subordonnant introduisant une phrase hypothétique. Il est synonyme de « da » (si).

[18]              «  » est employé pour marquer une condition irréelle. Ce terme est alors plus ou moins synonyme d’« alors ».

[19]              Le marqueur du subjonctif est employé pour marquer la relation de conséquence dans une hypothétique.

[20]              Nom à l’indéfini singulier. La marque du pluriel étant déjà indiquée par le nombre (zambar way : dix mille), il n’est pas nécessaire de mettre le nom au défini pluriel.

[21]              Terme d’origine arabe désignant le chef.

[22]              Expression usuelle signifiant « le jour où » (littéralement : « jour / où / jour), alors que l’expression « han din hane » signifie « ce jour-là ». Le complément du temps apparaît généralement en première position.

[23]              Littéralement : « le jour où c’est le vivant ». La forme définie (terminaison en « -a » ; vient de « baafunay » : le vivant) est employée, car le récit se déroule dans le passé : la personne dont on parle étant aujourd’hui morte, le verbe est l’accompli.

[24]              Phrase soninké signifiant : « Quand il était en vie ». « Do ciraana » signifie « le grand jour », un jour important.

[25]              Le verbe « he » signifiant « faire entendre un cri, pleurer » prend ici le sens de « se plaindre ».

[26]              L’indéfini est utilisé, car il s’agit d’un terme générique.

[27]              L’adverbe « mo » (aussi) combiné à la forme négative « mana » (ne…pas) signifie « non plus ».

[28]              Expression soninké signifiant : « Le jour ».

[29]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « burnye gama bogu » et qui signifie « la région n’était pas divisée ».

[30]              Nom d’un canton.

[31]              L’action étant terminée, l’aspect accompli est alors utilisé. Le doublet « fay-fayya» (littéralement : « partager-partager, distribuer-distribuer ») est employé, afin de souligner l’idée d’éparpillement.

[32]              Phrase soninké signifiant : « quand il n’a pas cessé de donner ».

[33]              Les émotions sont généralement désignées par des expressions incluant le mot « cœur ». Le cœur est en effet considéré comme le siège des émotions.

[34]              L’expression « tunyah kay » signifie littéralement « se tenir debout ». Elle est très rarement employée dans une expression avec « bina » (cœur). On lui préfère habituellement l’expression « bina tunya» (se fâcher, se mettre en colère) également employée par Jeliba Baje plus tard dans le récit.

[35]              Littéralement : « si son cœur s’est levé ».

[36]              Soit : « Pour rassembler ses sujets ».

[37]              Le connecteur « ga » implique une relation de causalité ; il peut ici être traduit par « pour ».

[38]              Nom au défini pluriel (terminaison en « -ey), car il désigne les gens de Liboré.

[39]              Ici « boro » (personne) est un pronom dont le sens est « celui-ci ».

[40]              Normalement, il faudrait ici faire une pause, de façon à aider à la compréhension.

[41]              Ici, il s’agit de la forme nominale de « boro » (signifiant : « personne ») à la forme définie (terminaison en « -a »). Normalement, « boro » n’est pas utilisé deux fois dans une même phrase.

[42]              Ce verbe prend comme objet un syntagme prépositionnel avec « nda » (avec). Il signifie « se coucher avec », impliquant ainsi l’idée de passer la nuit. Le pronom « » (elle) renvoie au nom « haray » (faim, famine). Cette phrase est une expression proverbiale qui signifie, dans ce contexte, que celui qui n’aime pas Alzouma Sounna aura des problèmes.

[43]              Expression soninké signifiant : « Le grand jour ».

[44]              Le terme « zaari » désigne la journée et s’oppose à « cini », la nuit.

[45]              Le terme « hane » désigne le jour comme entité. L’expression « zaari beero hane » (littéralement : « le grand jour ») est une formule poétique qui marque un événement très important et dont le locuteur sait que le destinataire le connaît. Cette formule correspond plus ou moins à notre « Jour J ».

[46]              Phrase soninké signifiant : « Est monté [sur les gens] », et exprimant la domination.

[47]              « Kah » est le diminutif de « waato ka» (quand) qui renvoie à un événement passé spécifique.

[48]              Littéralement : « Quand tout le pays était debout sur un seul pied ».

[49]              Adjectif insistant sur l’unicité. Il montre que les gens sont comme un seul homme.

[50]              Littéralement : « C’est ce jour-là que lui aussi était debout sur un seul pied ».

[51]              Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « a suti sarey nymme » (il est monté sur les gens). Cette louange désigne le jour où il a dépassé ses ennemis, où il est devenu chef. C’est la louange que lui firent les jasare le jour de son accession au trône.

[52]              « Boh » est une postposition signifiant « sur ».

[53]              « Irkoy » : contraction de « iri koy », littéralement « notre maître ». « Cette expression est plus utilisée que le terme arabe Aalla (Allah), cependant assez usuel » (Olivier de Sardan 1982 : 221).

[54]              En fait, c’est la louange (zamu) que les jasare ont fait à Alzouma Sounna le jour de son élection. A l’époque, cinq personnes briguaient la chefferie et il y avait des conflits. On a dit que Dieu lui-même l’avait choisi parmi les hommes pour l’élire. C’est comme s’il était monté sur tous les hommes, en devenant chef. En fait, la selle correspond au choix. Si l’on détaille les expressions, « la selle de Dieu » désigne la chance. La phrase complète signifie que ce jour-là, il a pu avoir la chance qui lui a permis de dominer : en héritant du pouvoir, il a gagné sa place parmi ses ancêtres.

[55]              Fundi : mis à la forme définie (« -o ») du fait de la présence du possessif « nga » (son, sa), il désigne le principe vital, le souffle de vie.

[56]              « Vendre » dans le sens de « sacrifier ». Il s’est pratiquement sacrifié pour pouvoir honorer (glorifier) le nom de sa famille, car chercher le pouvoir met en danger (il y a la concurrence).

[57]              La contraction du terme « baaba » (père) et du suffixe « -ize » (enfant, petit) désigne les enfants d’un même père et de mères différentes. Ce terme connote également la rivalité : « L’expression du babizeterey par extension, a fini par désigner l’esprit de concurrence qui existe chez les enfants d’un même père et de mères différentes » (A. Diarra, p.46, cité par Olivier de Sardan 1982 : 41).

[58]              Le verbe « fansaya» signifie « libérer contre rançon, racheter, délivrer, affranchir ». Selon Olivier de Sardan (1982 : 130), « La rançon est à la fois échange économique (un homme réduit à l’état de marchandise contre d’autres biens matériels) et un acte symbolique par lequel un esclave est lavé de la souillure de sa condition (dans l’optique de l’idéologie dominante, celle de l’aristocratie) et retourne à l’état de noble, d’homme-libre ». Le verbe « fansaya» signifie donc ici « sauver ».

[59]              Le connecteur « ga » (et, pour) sous-entend une relation de causalité. Ainsi la présence de deux connecteurs dans cette phrase met en évidence l’enchaînement logique des actions.

[60]             En obtenant la chefferie, Alzouma Sounna fait l’honneur et la fierté de toute une famille, car il s’est confronté à ses rivaux (qui pouvaient, selon les croyances, l’éliminer) pour enlever cette fonction. Les jasare lui font cette louange, car depuis longtemps sa famille directe n’avait pas eu accès au trône ; depuis Amirou Balma dont le surnom est Amirou Kondi Kissou, un guerrier réputé. Grâce à lui, tous ceux qui descendent de Sounna Bonto pourront à nouveau briguer la chefferie (c’est ce que signifie l’expression « racheter la vie »). Le terme « baabayize » désigne tous les adversaires, ceux qui ont revendiqué la chefferie en même temps Alzouma Sounna.

[61]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « sarey safe » qui signifie : « les gens ont parlé » (« sarey » : gens ; « safe » : parler, dire).

[62]              Par cette phrase allusive, Jeliba Baje signifie que les gens ont beaucoup commenté son accession au trône : certains ont remercié, d’autres ont montré leur désaccord, d’autres encore ont dit qu’il s’agissait d’une élection politique, quelques-uns encore que les gris-gris d’Alzouma l’avaient fait élire, etc. Chacun allait de son commentaire. Ses adversaires, suite à son élection, se trouvent contraints à se soumettre à lui.

[63]              Phrase soninké signifiant : « Si tu as parlé ».

[64]              Le complément du lieu est placé habituellement à la fin de la phrase.

[65]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « a na tunkutara iyga » (il a eu la chefferie).

[66]              Conjonction de coordination marquant la durée.

[67]              Phrase soninké signifiant : « il garde la région » (dans le sens de « régner »).

[68]              La construction progressive met l’accent sur l’action en cours et sur la durée : elle ralentit le récit.

[69]              Dans le sens de « protéger ».

[70]              Comme il s’agit d’un terme générique, le nom est à la forme indéfinie.

[71]              La répétition de l’accompli insiste sur le fait que cette époque est terminée.

[72]              Ou dénuement. Par ces différentes phrases, Jeliba Baje montre qu’Alzouma Sounna a porté chance à son village et à son canton.

[73]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « a nay kaamah dabe na yega » : « [à l’époque] rien n’avait dominé le village ».

[74]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « a nay kaamah dabe na yega » qui signifie « [à l’époque] rien n’avait dominé le village ».

[75]              Phrase soninké signifiant : « merci cela est une grandeur ».

[76]              Expression soninké signifiant : « au grand jour ».

[77]              Pronom possessif. L’emploi du co-référent marque l’équivalence entre le sujet et le possessif.

[78]              Le terme « zabana » indique un grand événement, une époque importante. Il a été traduit dans cette phrase par « temps ». Ce terme est à la forme définie (terminaison en « -a »), car il est précédé par le pronom possessif « nga » (son, sa).

[79]              « zabana » signifie littéralement « partie, part ».

[80]              Phrase soninké signifiant : « il a passé ».

[81]              Le complément du lieu est placé – comme il l’est habituellement – en fin de phrase. Le fait qu’il intervienne après une pause permet au jasare de le mettre en évidence.

[82]              Expression soninké signifiant : « au grand jour ».

[83]              Le marqueur de l’inaccompli est employé, car il s’agit d’un proverbe.

[84]              « Si…kala » : cette expression courante n’est en général pas traduisible. Ici, cependant, elle apparaît comme l’équivalent de « ne…que ».

[85]              Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « wi za wura si hay kala wura » (en vérité l’or n’engendre que l’or). Littéralement, il dit « or une chose pas l’eau…l’or n’engendre que l’or ».

[86]              Bonto est le surnom de Souley. Quant à Sounna, c’est également un surnom. Selon certains informateurs, il s’appellerait Amadou Souley.

[87]              Ce pronom résume l’apposition.

[88]              Littéralement : « sur un seul pied ».

[89]              Expression soninké signifiant : « au grand jour ».

[90]              Selon Jeliba Baje, sa langue a fourché : il aurait dû dire « zabaanu » (terme signifiant « temps » en soninké) à la place de « dabaanu ».

[91]              Selon Jeliba Baje, il a commis un lapsus ; il aurait dû dire : « zabaanu » (temps).

[92]              Phrase soninké signifiant : « il a fait son temps ».

[93]              Cette expression signifie littéralement « son cœur s’est levé » et désigne l’énervement, la colère.

[94]              Littéralement : « quand son cœur s’est levé à Liboré ».

[95]              Phrase soninké signifiant : « qu’a-t-il fait ? »

[96]              Si la reformulation de la question précédente sert à préciser celle-ci, elle est en réalité ambiguë, puisqu’on peut la traduire, d’une part, par « qu’a-t-il laissé à sa descendance ? », et, d’autre part, par « que n’a-t-il pas pu faire ? », car tout ce qu’il n’a pas pu faire est derrière lui. Ainsi, le jasare enjoint-il à sa descendance de réaliser ce que l’ancêtre n’a pu accomplir.

[97]              Selon Jeliba Baje, sa langue a fourché : il aurait dû dire « kuray » (terme soninké signifiant : « guerre ») au lieu de « kurano ».

[98]              Phrase soninké signifiant : « il a chassé la guerre ». Ce terme désigne la bataille qu’il a livrée à Amirou Hima Hamma.

[99]              Expression soninké signifiant : « le grand jour ».

[100]            C’est un dérivé de l’adjectif « kayna » (petit) qui forme avec le suffixe « -e » un nom (cadet).

[101]            « Le fils de son père » , soit son rival.

[102]            Le pronom co-référentiel « nga » (il, elle) renvoie à une personne déjà mentionnée comme le sujet de la même phrase. Ceci permet d’utiles distinctions quand on parle de plus d’une personne. Ici, il marque le discours indirect.

[103]            C’est en fait la fille du grand frère de Bonto Amirou.

[104]            Le défini est employé, car le jasare fait référence à un événement qui est identifié. Ce terme est généralement utilisé quand la rivalité touche deux prétendants d’une fille.

[105]            La consonne euphonique /r/ permet de faire la différence entre « a ma » (il a entendu) et «  a ma a » (il l’a entendu).

[106]            La postposition suit également le pronom relatif « kah » (qui, que, dont).

[107]            Prénom zarma.

[108]            C’est un Zarma Kogori (tout comme Abdou Bassi Kayne), un noble donc, mais il n’appartient, semble-t-il, pas à la chefferie de Ndounga. Il n’a que de lointains liens de parenté avec elle.

[109]            Comme il s’agit d’un état présent, le verbe est à l’inaccompli.

[110]            Surnom.

[111]            Phrase soninké signifiant : « elle est enfant de Liboré ».

[112]            Le nom est à la forme définie, car on sait de qui le jasare parle : Awdi Ceso.

[113]            Terme soninké signifiant : « le prince » ou « la princesse ».

[114]            Le suffixe « -ize » est un diminutif qui signifie : « enfant, petit ». Le nom « beere » a été formé par suffixation « -e » de l’adjectif « beeri » (grand) et désigne l’aîné ou le grand frère. Comme il s’agit d’un enfant parmi d’autres et non d’un enfant unique, le nom est à l’indéfini.

[115]            Phrase soninké signifiant : « a parlé ».

[116]            « Amiiru » est un terme d’origine arabe désignant les chefs musulmans.

[117]            Le terme générique explique l’emploi de l’indéfini.

[118]            Le suffixe « -taray » indique l’état, ici la rivalité qui connote la relation entre les enfants d’un même père et de mères différentes. « Baabiizetaray » signifie littéralement « état d’enfant de père ».

[119]            Celle-ci existe encore aujourd’hui (environ quarante ans après). D’ailleurs, si un membre du clan de Sounna Bonto part régulièrement en visite chez le chef de canton, Karimou Moussa (le fils du grand frère de Amirou Hima Hamma, Moussa Hamma), il suscite la méfiance chez les autres membres du clan.

[120]            Postposition composée de deux postpositions : « game » (entre) et « ra » (dans).

[121]            Le subordonnant « hala » (si) introduit une phrase hypothétique.

[122]            Le défini pluriel est justifié par le possessif.

[123]            Terme hausa (le Sud) désignant les pays d’exode, les pays de la forêt, le plus souvent le Ghana.

[124]           Cette expression d’origine hausa signifiant « ouest » (ou « loin » d’après Rouch, 1956), désigne les pays où les Zarma partaient en exode, notamment le Ghana. Ici le jasare fait probablement référence à celui-ci.

[125]            Contraction de « nangu ka» (un lieu que, là où).

[126]            La langue de Jeliba Baje a fourché. Il s’agit de « koka » (concurrence) et non de « kosa ».

[127]            Jeliba Baje se reprend.

[128]            Pronom renvoyant à Awdi Ceso.

[129]            Dans ce sens, le verbe « sambuya» (prendre, s’emparer de) renvoie à la notion de charge ; quand un homme épouse une femme, c’est comme s’il prend une partie de la famille de sa femme en charge.

[130]            Littéralement, cette expression signifie « tes gens ». Elle désigne plus exactement « ton parent, ta parenté ». C’est la deuxième personne du singulier « ni » qui donne à ce terme sa valeur parentale, puisqu’elle marque la possession. Il s’agit d’une expression très courante à valeur générique, car elle permet de désigner la parenté (cela peut aller jusqu’à l’ami) sans spécifier le type de relation dont il est question.

[131]            Ici « bora » (littéralement : « personne ») a un sens plus précis et désigne un concurrent.

[132]            Les Zarma allaient en exode pour chercher de l’argent afin de conquérir la chefferie ou pour ravir la fiancée de quelqu’un, voire pour lui prendre son champ.

Les gens de Liboré ne veulent pas que le chef donne sa nièce à un villageois de Ndounga, car ils ne veulent pas être la risée de tout le monde du fait qu’on leur a pris une femme.

[133]            Phrase soninké signifiant : « il a dit il a parlé ».

[134]            Mot composé de « boh / ko / ni » (tête / possesseur / dérivatif d’état) signifiant littéralement : « celui qui possède la tête ». L’emploi du terme « tête » vient, d’une part, du turban (fuula) que seul le chef pouvait porter, et, d’autre part, du fait qu’il est devant. « C’est le terme le plus polyvalent et le plus explicite en songhay-zarma pour désigner les chefs. En effet, d’autres noms sont des titres réservés à certains chefs éminents (comme en pays zarma Zarmakoy, chef des Zarma), ou sont d’un usage spécifié et / ou localisé (amiiru dans l’Ouest, maygari à l’Est). Quant à koy, chef, maître, détenteur, il demande toujours à être qualifié (koyra koy, chef du village ; laabu koy : chef de canton). D’autres termes sont employés occasionnellement : albeeri, jine boro, bon » (Olivier de Sardan 1982 : 72).

[135]            Le défini est employé, car il s’agit d’une chefferie précise, celle de Liboré. Le terme est composé de « koy » (chef) et du suffixe « -taray » indiquant l’état.

[136]            L’expression « koytara ceeciya» (chercher la chefferie) désigne les élections et tout ce qui précède l’accession à la chefferie (la rivalité donc). L’expression « koytara hwaya» (manger la chefferie) signifie quant à elle : « accéder au pouvoir, accéder à la chefferie ».

[137]            Sounna Bonto et Amirou Hima Hamma seraient des parents éloignés. Selon Tanda Sounna, Amirou Hamma est l’oncle paternel de Sounna Bonto. Mais cette version est isolée, car pour la majorité des informateurs de Tonkobangou, Hima Hamma serait un enfant de femme et n’aurait par conséquent pas droit à la chefferie, puisque son père serait originaire de Ndounga. Cette version est contredite par Jeliba Baje pour qui Hima Hamma appartiendrait à une maison de Liboré qui aurait droit à la chefferie.

[138]            Conjonction de coordination qui marque le raisonnement et la conséquence. Elle est composée d’un adverbe (ya : ainsi), d’un démonstratif (din : ce…là) et de la postposition (ga : au sujet de) et signifie littéralement : « de cette manière ».

[139]            On voit que le mariage n’est pas la simple union de deux individus, mais celle de deux familles, de deux clans.

[140]            Le suffixe « -ize » signifie « enfant, petit ». Ajouté à un nom de lieu, il désigne les natifs de ce lieu.

[141]            Selon Jeliba Baje, il s’agit d’une erreur. Il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « a safe nga safa game jiri » (il a dit que sa parole ne serait pas levée).

[142]            Phrase soninké signifiant : « il a dit je ne t’ai pas compris ».

[143]            Il s’agit d’un terme générique ; c’est pourquoi l’indéfini singulier est employé.

[144]            Du fait qu’il s’agit d’un proverbe, le verbe est à l’inaccompli.

[145]            Cette parole rappelle le proverbe zarma : « la parole d’un noble est un prêt ».

[146]            La conjonction de coordination « bine » signifie « et, quant à, alors, en effet ». « Nga » (il, elle) est un pronom co-référentiel qui renvoie au sujet de la phrase principale (Amiiru) dans un discours indirect.

[147]            Littéralement : « lui aussi ne répondra plus ».

[148]            Interjection marquant l’accord.

[149]            Phrase soninké signifiant : « si tu nous chasses ».

[150]            En parlant de Ndounga à la place de Bolmay, le jasare montre que le mariage est plus qu’un lien entre deux personnes et qu’il implique toute la communauté.

[151]            Selon Jeliba Baje, sa langue a fourché. Il voulait dire « ni ga mursu » (tu vas perdre). Il se reprend par la suite.

[152]            Phrase soninké signifiant : « il a dit qu’il ne reviendrait pas sur sa parole ».

[153]            Phrase soninké signifiant : « il est devenu rival ».

[154]            Phrase soninké signifiant : « la parole que tu as dite ».

[155]            Littéralement : « les gens de notre concession ». Ce terme désigne la famille au sens large.

[156]            Dans le sens de « famille ».

[157]            Phrase soninké signifiant : « il a fait le travail ».

[158]            Nom désignant la femelle, la femme, par opposition à « aru » (le mâle, l’homme).

[159]            Ici, le verbe « sambuya» (prendre, s’emparer de) signifie « prendre en charge » dans un sens littéral. Autrefois, c’est sur un cheval que l’on transportait la mariée. A défaut de cheval, selon Jeliba Baje, elle était portée par un jasare. Ce verbe est synonyme du deuxième sens de « kubayya» : « 1) aller à rencontrer ; 2) conduire la nouvelle mariée au domicile conjugal. Le cortège donne le signal des fêtes du mariage et symbolise le mariage lui-même ; tant qu’on n’a pas amené la fiancée chez son mari, le mariage n’est pas consommé. C’est cette “conduite” qui marque le changement de statut de la femme » (Olivier de Sardan 1982 : 264).

[160]            Phrase soninké signifiant : « j’ai dit ils ont fait le mariage », soit ils l’ont emmenée.

[161]            Phrase soninké signifiant : « ils l’ont amenée à Ndounga village ».

[162]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « daaba su ma tuunu » (il dit tout le village doit entendre).

[163]            Interpellation.

[164]            La postposition « ga » (de) indique la provenance.

[165]            Ancêtre des aristocrates de Liboré.

[166]            Littéralement, le verbe « kaniyah » signifie « se coucher » et, par extension, « passer la nuit ».

[167]            Le nom « beene » signifie « ciel ». L’adverbe qui en découle désigne donc une direction (en haut), par opposition à celle désignée par la terre (ganda : la terre, en bas).

[168]            « Albarka » est un terme d’origine arabe signifiant « chance, bénédiction, grâce, valeur ».

[169]            Soit celle de Yarou Kourou ; il s’agit d’une malédiction.

[170]            Le terme « wande » désigne la femme mariée au contraire de « wandiyo » qui s’adresse aux jeunes filles célibataires.

[171]            Répétition en trois temps de la même structure syntaxique.

[172]            En réalité, selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « ne laisse rien » (ma si), car il faut tout prendre. Il fait donc ici une erreur.

[173]            L’ordre (femme – cheval – enfant) n’est pas significatif. Jeliba Baje dit l’avoir dit dans l’ordre qui lui venait à l’esprit.

[174]            La postposition renforce le fait qu’il se trouve au bord du fleuve.

[175]            Le nom est à la forme définie, car le marché (habo) est identifié.

[176]            Il voulait dire : « Alzouma Sounna ». Puis, il se reprend.

[177]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[178]            Phrase soninké signifiant : « le jour est arrivé » : lorsque le jour s’est levé, Amirou a regardé autour de lui et il n’a vu aucune trace du village.

[179]            « Fonnayya» signifie « regarder au loin ». Le jasare emploie ce verbe à la place de « gunaya» (regarder), car il veut montrer qu’il n’y a plus rien, même au loin.

[180]            S’il indique ces deux directions, c’est pour montrer qu’il n’y a rien autour d’Amirou.

[181]            Ces deux points cardinaux sont ici désignés par référence à une région : le Dendi qui se trouve au sud et l’Azawa qui est au nord.

[182]            Ces deux points cardinaux sont désignés par référence au soleil : wayna-funay (soleil-venue) et wayna-kahay (soleil-chute). Le deuxième élément du mot composé est lui-même un dérivé par suffixation « -ay » des verbes « funya» (venir) et « kahya» (tomber).

[183]            Expression courante intraduisible. Il s’agit d’une formule emphatique signifiant qu’il est nulle part ailleurs. Ainsi « a si kala Nyamay » est plus ou moins synonyme de « Nyamay no a go » (c’est à Niamey qu’il est), alors que « a go Nyamay » (il est à Niamey) a un sens neutre.

[184]            Forme définie de « dabe » qui signifie « goudron » et, par extension, « route ».

[185]            Le verbe « zulliya» (descendre) implique la notion de profondeur (forme définie de « gooru » : « rivière, ruisseau, vallée »), alors que « doyah » (descendre) n’implique pas forcément la présence d’une pente.

[186]            Cela montre l’étendue du village.

[187]            « Hala » (si) est un subordonnant qui introduit une phrase hypothétique.

[188]            « Dira / nda » : « partir / avec », soit « emporter ».

[189]            « Banda » : postposition signifiant « à part ».

[190]            « Me a me » est une expression signifiant : « d’un bout à l’autre ».

[191]            Contraction de « hari fo » (une chose).

[192]            « Ra » : postposition désignant l’intérieur.

[193]            Phrase soninké signifiant : « j’étais enfant autrefois ».

[194]            Ici à la forme indéfinie « kwaaray » signifie « pur ». « Cimi si dira kala zaari, taari mo si dira kala cini » : « la vérité voyage le jour, le mensonge voyage la nuit ».

[195]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « i na ngey dabo jiri » (ils ont quitté Liboré).

[196]            La suite de deux connecteurs montre la relation de conséquence entre les différentes actions, les verbes ayant le même sujet.

[197]            Ici « kala » est une préposition qui signifie : « sauf ».

[198]            Deux noms qui se suivent impliquent une relation de possession, à condition que le second soit à la forme définie.

[199]            Expression soninké signifiant : « ce jour-ci ».

[200]            Le terme « boro » (personne) est mis à la forme définie, car on suppose qu’il est connu. Il s’agit soit d’une erreur de Jeliba Baje, soit d’une construction qui lui est propre.

[201]            Phrase soninké signifiant : « il a un éloge ».

[202]            Soit Sounna Bonto.

[203]            Dans les proverbes en général, le verbe est à l’inaccompli, car l’action est atemporelle.

[204]            Ce proverbe met en évidence l’héritage. Il est expliqué dans l’analyse.

[205]            « Tanda » lagenaria siceraria, cucurbitacée, calebassier (plante de la calebasse).

[206]            Ce proverbe est expliqué dans l’analyse.

[207]            Phrase soninké signifiant : « ils ont fait leur temps ».

[208]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[209]            Interpellation.

[210]            Le connecteur « ga » sous-entend ici une conséquence, un but et peut être traduit par « pour ».

[211]            Variante zarma. En sohay, on dit plutôt « honkuna » (aujourd’hui).

[212]            Subordonnant introduisant une phrase hypothétique (da : si).

[213]            L’adjectif « bon » renvoie à l’époque de Sounna Bonto. Selon Jeliba Baje, celui-ci n’acceptait pas que l’on brime les pauvres, que les gens puissent être dans le dénuement. Les gens alors vivaient heureux.

[214]            Jeliba Baje explique cette phrase de la manière suivante : Alzouma Sounna a fait son temps ; le temps présent appartient à ses enfants ; s’ils le vivent bien, c’est leur histoire, si c’est mal, cela les concerne. Jeliba Baje s’adresse ici aux enfants (directs et classificatoires) d’Alzouma Sounna.

[215]            Contraction de « hari ka» (une chose que). Il s’agit d’une variation courante (r > n).

[216]            Il s’agit d’un « ni » (tu) générique. Il vise tous les destinataires potentiels.

[217]            Forme définie, car c’est le père de « ize aru » (fils) dont on parle.

[218]            Mot composé de « teyah » (faire) et de « goy » (travail). Ce terme est à la forme indéfinie, car il s’agit d’un nom générique.

[219]            Expression soninké signifiant : « au grand jour ».

[220]            « Zaari beero hane » est une expression littéraire (jour / grand / jour) indiquant un grand événement connu des destinataires, même s’il n’est pas explicitement évoqué.

[221]            Terme soninké signifiant : « ton père ».

[222]            Particule emphatique.

[223]            Forme définie de « baafunay » (le vivant).

[224]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « a gazinde yumba kaamah gay », (il a lutté contre les Européens). Le terme « yumba » désigne le feu. Les Soninké appelaient les Européens « les possesseurs du feu », à cause de leurs armes à feu.

[225]            Le verbe est à l’accompli, car l’action a déjà eu lieu.

[226]            Terme arabe « al-nasara » désignant l’Européen, suivi de la terminaison du défini pluriel « -ey » (les).

[227]            Phrase soninké signifiant : « ce jour-là tu étais prince ».

[228]            Nom composé d’un nom ou d’un surnom (Maydanda) d’origine probablement hausa et d’un qualificatif désignant la relation (baaba : père).

[229]            Maydanda Baaba est un homme de Ndounga qui a lutté aux côtés de Sounna Bonto pour le Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A.).

[230]            Littéralement : « ce sont eux de Liboré / les deux guerriers ».

[231]            « Si…kala » : expression emphatique courante en zarma, le plus souvent intraduisible.

[232]            Selon Jeliba Baje, il a fait ici un lapsus.

[233]            Ndounga Jaaja Kwaara est un village du canton de Dounga.

[234]            Expression soninké signifiant : « à cause de quoi ? ».

[235]            Phrase soninké signifiant : « ils ont fait leur temps ».

[236]            Le verbe « bisaya» (passer, dépasser) est à l’accompli, car l’action est terminée. Le verbe lui-même désigne la limite, la fin. Marquant la transition, il permet au narrateur de passer à un autre personnage. Cette pratique est couramment utilisée par le jasare.

[237]            Selon Jeliba Baje, il veut dire : « Sounna Bonto ». Mais il se reprend et, par la suite, dit : « Bonto Amirou ».

[238]            Phrase soninké signifiant : « lorsque les gens se demandaient (des nouvelles) ».

[239]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé.

[240]            Pronom de réciprocité (care : l’un l’autre). Allié au pronom de la première personne du pluriel « iri » (nous), il signifie « entre nous ».

[241]            Le verbe « hwaya» signifie tant « manger, se manger » que « consumer, détruire, se battre ». Il prend ici cette dernière signification.

[242]            Littéralement « mangions ». Ici « hwa » a le sens de combattre.

[243]            Surnom composé de son titre (amiiru : chef), d’un objet qui le caractérise (kondi : bracelet) et peut-être du nom « kusu » signifiant « marmite » et qui désigne également le pouvoir surnaturel.

[244]            Surnom d’Amirou Balma.

[245]            Canton (département de Tillabéry), à 80km de Niamey, en direction du nord (Fillingué).

[246]            Phrase soninké signifiant : « il a combattu beaucoup de Peuls ».

[247]            Soit les Peuls du Gourma.

[248]            Phrase soninké. Littéralement : « il a pris la guerre pour aller et revenir », soit : « C’est lui qui provoque la guerre ».

[249]            En peu de temps, le jasare répète la même structure syntaxique avec les mêmes termes à l’exception du peuple contre lequel le héros s’est battu. Le peuple est alors nommé mais également désigné par le lieu dans lequel il se trouve. Ces répétitions apparaissent comme une énumération des batailles d’Amirou Kondi Kissou.

[250]            Verbe de modalité marquant le pouvoir. Ici la forme négative marque l’incapacité.

[251]            « Koonu » : adverbe renforçant le pronom de réciprocité et signifiant « uniquement » :

[252]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[253]            Phrase soninké signifiant : « c’est lui qui met le feu à la bataille », c’est-à-dire qu’il la provoque.

[254]            Le préfixe « -i » fait de l’adjectif un nom. « I tejo » signifie « le nouveau ».

[255]            Subordonnant introduisant une phrase hypothétique (da : si).

[256]            L’emploi du pronom « ni » (tu) générique est typique des formules proverbiales.

[257]            Le verbe est à l’inaccompli, car il s’agit d’une action inhabituelle.

[258]            « Ma » : contraction de la forme subjonctive (ma) et de la deuxième personne du singulier (ni). Le subjonctif est employé, car il s’agit d’un ordre.

[259]            Comme le terme a déjà été mentionné, il est mis à la forme définie.

[260]            Construction proverbiale.

[261]            Profonde.

[262]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[263]            La postposition « ga » signifie : « sur, contre ».

[264]            L’expression « bina tun » (littéralement : « le cœur s’est levé ») désigne l’exaltation, la colère et l’énervement.

[265]            Selon Jeliba Baje, ce bracelet est dangereux, car il y a inséré des « médicaments » (magie).

[266]            C’est à la fois un ornement et un gris-gris. Lorsqu’il va attaquer, comme il est énervé, il remonte son bracelet du coude vers l’épaule. Cet acte montre sa force.

[267]            Contraction de « nangu kulu » (l’endroit / tout) qui signifie : « partout ».

[268]            La postposition suit également le pronom relatif auquel elle réfère.

[269]            La construction progressive met l’accent sur le cours de l’action.

[270]            Postposition à valeur de conjonction de coordination (binde : or).

[271]            « Duyah ga » : verbe de modalité désignant le pouvoir. Ce verbe se différencie de « hinyah ga » (également traduit par « pouvoir »), dans la mesure où il désigne la potentialité de faire une chose, tandis que « hinyah ga » désigne le fait d’être en état de la faire. En se plaçant du côté des morts, on se situe du côté de la possibilité et non de la pratique.

[272]            Il s’agit d’une construction littéraire des jasare, car elle est métaphorique : le locuteur compare les gens à des tombes pour dire qu’ils sont morts. Ainsi il les tue tous d’un regard.

[273]            « I » (ils, elles, on) générique.

[274]            L’expression « kambe hwaaro » (littéralement : « bras / nourriture ») désigne la main avec laquelle les gens mangent.

[275]            L’expression « kambe wo » (littéralement : « bras / démonstratif « ce ») désigne la main que l’on n’évoque pas, car c’est avec celle que l’on s’essuie lorsqu’on va aux toilettes. Ces deux expressions (cf. note précédente) distinguent non seulement les deux mains, mais également les directions gauche et droite.

[276]            Phrase soninké signifiant : « il a fait son temps ».

[277]            Phrase soninké signifiant : « il a envahi beaucoup de villages ».

[278]            Expression soninké signifiant : « le grand jour ».

[279]            Phrase soninké signifiant : « quand il est devenu chef ».

[280]            La question « may nda may ? » (qui et qui ?) montre que la question concerne plusieurs personnes. Le pluriel aurait été possible (mayya?), mais dans la région de Niamey on préfère le redoublement du mot interrogatif.

[281]            Littéralement : « qui et qui ».

[282]            Il s’agit, selon Jeliba, du fils direct de Zabarkane. Sombo est son nom propre, tandis que Mali Bero est un surnom : comme il venait du Mali et qu’il était le chef, on l’appela ainsi « Mali le grand ».

[283]            La présence du quantifieur « kulu » (tout) montre l’exploit de Mali Bero qui a tué tous les Touaregs.

[284]            Phrase soninké signifiant : « ils leur ont parlé ».

[285]            Le nom est mis au défini pluriel, car le jasare parle d’un groupe spécifique.

[286]            Travailleurs du cuir.

[287]            « Amma » (mais) est une conjonction de coordination. Elle met en évidence l’opposition avec la phrase précédente. Le narrateur insiste ainsi sur le comportement en règle des Zarma qui récompensent les « clients », quelle que soit leur origine ethnique. L’attitude des Touaregs contraste avec celle des Zarma. Elle n’apparaît par conséquent pas convenable. Ainsi, par cette phrase, le jasare précise la relation de dépendance qui lie garaasa au Zarma.

[288]            La troisième personne renvoie au garaasa. La lamentation est sa façon de quémander.

[289]            « Tanga zooru » : aller et venir dans une direction, puis dans une autre, sans ordre apparent.

[290]            Si le garaasa veut qu’on lui donne quelque chose, il demande aux Zarma de l’applaudir et il va danser. L’expression « va-et-vient a vu le malheur » vient du fait que, quand il dansait, il disait cela ; c’est-à-dire qu’il a fait assez de va-et-vient pour trouver à manger.

[291]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[292]            Contraction du prénom « Sombo » et du nom commun « ize » (enfant). « Sombayze » désigne le fils de Sombo.

[293]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire « Sombo », qui est le nom propre de Mali Bero.

[294]            Selon Jeliba Baje, il voulait dire : « zaamaama » (terme soninké signifiant : « moment »).

[295]            Selon Jeliba Baje, c’est un lapsus : il aurait dû dire « yeela wonye zaamaama »  (après un court moment).

[296]            Contraction de « hari kulu » (chose / tout), terme signifiant : « tout ».

[297]            Nom composé de « do-ndaya» (se moquer), de « care » (pronom de réciprocité) et du suffixe résultatif « -ay » à la forme définie. Le nom « do-nda-caro » signifie « la moquerie ».

[298]            « Ganji » : ce terme désigne la brousse, mais également le génie, l’esprit, le lieu de ces derniers étant la brousse.

[299]            L’article indéfini « fo » signifie ici « un certain ». Il met l’accent sur le syntagme nominal dont il est le déterminant.

[300]            « Wo din » : ces deux démonstratifs qui se suivent désignent quelque chose de lointain dans le temps ou dans l’espace. Au contraire, « wo ne » (ceci, celui-ci) désigne la proximité.

[301]            Marque du comparatif.

[302]            Terme d’origine arabe « addunya » qui signifie : « monde ».

[303]            Selon Jeliba Baje, il voulait dire : « Mali Beero ».

[304]            Il se reprend.

[305]            « Ga » : postposition signifiant tant « sur » que « contre » ou « devant ». Le syntagme nominal dans son entier est une apposition qui est résumée en quelque sorte par le sujet suivant.

[306]            Ou Mandingues.

[307]            Littéralement : « ils deviennent un être vert ».

[308]            Nom désignant la provenance, l’origine. C’est le métissage qui est à l’origine de la beauté des Zarma.

[309]            Le verbe « zamuya» signifie « louer ». Le nom « zamu » désigne tant la louange que le nom de louange. On peut prononcer ce nom de deux manières : « zamu » ou « zammu ». Cette dernière forme est plutôt d’origine sohay, tandis que la première est plutôt employée par les Zarma. Comme Jeliba Baje fréquente régulièrement différentes régions, il utilise indistinctement l’une ou l’autre prononciation.

[310]            L’ordre inhabituel de la phrase, avec la présence en première position du complément d’objet indirect, permet au jasare de souligner l’information contenue dans celui-ci.

[311]            Expression soninké signifiant : « or du Mandé » ou « or de Mallé ».

[312]            La profération de ces deux phrases sans pause musicale (le jasare ne baisse la voix qu’à la fin de la deuxième phrase) marque une séquence événementielle chronologique.

[313]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « borey » (les gens) à la place de « hawey » (les vaches).

[314]            Mot composé de « ga » (corps) et « ham » (viande, chair).

[315]            Phrase soninké signifiant : « ils partaient ».

[316]            « Bo» : postposition signifiant « sur ».

[317]            Le subjonctif est employé, car c’est une injonction polie.

[318]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé.

[319]            Il s’agit d’une erreur de Jeliba Baje, qui se reprend au vers suivant.

[320]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « yaajey » (les lances) à la place de « zaarey » (les pagnes).

[321]            La particule emphatique « ya » (ainsi) ajoutée au démonstratif « din » (ce…là, celui-là) forme une expression signifiant « ainsi, comme ça ».

[322]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire « lance » à la place de « pagne ».

[323]            Expression emphatique courante en zarma mais généralement intraduisible.

[324]            Le verbe « fonnayya» marque la distance, car il signifie « regarder au loin ».

[325]            Diminutif de « waato ka» (quand) : il se réfère à un événement particulier du passé.

[326]            Le suffixe « -ize » (enfant) précise qu’il ne s’agit pas du chef, mais de son fils.

[327]            « En fait, tantôt talaka s’oppose à koy-ize (“fils de chef”, c’est-à-dire aristocrate) et désigne les hommes libres exclus du pouvoir, les simples sujets (ou même les tributaires) ; tantôt talaka connote le dénuement, la pauvreté et devient synonyme d’alfukaaru. Ces deux acceptions reflètent peut-être deux époques différentes : aujourd’hui, et surtout en ville, talaka signifie plutôt “pauvre” (et même “paysan pauvre”, avec la nuance de mépris du petit bourgeois urbanisé qui parle des “péquenots”, ces “pauvres types”…). Par contre il semblerait (bien que l’unanimité ne soit pas faite à ce sujet) qu’avant la colonisation talaka s’appliquait plutôt aux roturiers. Parfois enfin talaka prend des significations intermédiaires, telles que “client”, dépendant, serf… » (Olivier de Sardan 1982 : 348-349). Dans le cas de notre récit, c’est dans le premier sens proposé par Olivier de Sardan que le terme « talaka » doit être compris.

[328]           Furu ni fundi : littéralement « jette ta vie ». Mali Bero compare son pagne à la vie de la personne qui le lui a pris. Cette métaphore montre que, pour lui, son pagne a la même valeur que sa vie. Il sous-entend donc qu’il tuera son rival, si ce dernier ne jette pas son pagne. Sachant que la nudité n’est possible que pour les jeunes enfants, c’est son honneur qu’il défend.

[329]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire : « a ga ho » (il suppose que, il a l’intention, de, il veut, il décide que, il espère).

[330]            Le suffixe « -ante » (à la forme définie) fait du verbe un adjectif, voire un nom comme c’est le cas ici pour « tooyanta » (arrivée) qui est précédé par un déterminant « a » (son, sa).

[331]            La suite de ces deux phrases simples montre l’enchaînement chronologique des actions.

[332]            Interjection marquant l’approbation.

[333]            Contraction de « boro kulu » (homme / tout) signifiant : « tout le monde ».

[334]            « Ni » (tu) générique. Mali Bero s’adresse donc à tous les Zarma présents.

[335]            « Yongo » : adverbe de lieu signifiant : « là-bas, au loin » :

[336]            Forme définie de « fandu » (colline), car on parle ici d’une colline spécifique. L’adjonction de ce deuxième complément de lieu précise le premier, plus vague, « yongo » (là-bas, au loin).

[337]            Ou « nin mo » (toi aussi), car la forme emphatique est employée lorsqu’un pronom est suivi de l’adverbe « mo » (et, aussi)

[338]            Le complément de lieu « no din » (là-bas) est renforcé par l’attribut « no » (être). Ici il est placé au début de la phrase, ce qui le met en évidence et en souligne son importance pour le reste de la phrase.

[339]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il se reprend par la suite.

[340]            Le connecteur sous-entend une relation de conséquence entre les deux verbes ayant le même sujet.

[341]            Le complément de temps (« han din hane » : ce jour-là) est généralement placé en début de phrase.

[342]            Terme d’origine arabe ou tamasheq désignant un tambour de guerre. « Le tubal, frappé par les esclaves du chef, servait à annoncer une bataille, mobiliser les combattants des alentours, galvaniser les énergies des guerriers. […] Détenu par certaines chefferies seulement le tubal est en fait devenu le symbole des chefferies prestigieuses, l’emblème de leur autorité, le signe de la légitimité. Les aventures du tubal légendaire de Maali Beero (l’ancêtre de référence de l’aristocratie zarma) en témoignent : volé par un fils cul-de-jatte (fanaka) évincé de la succession, qui sera l’ancêtre de l’actuelle chefferie de Dosso, il fait l’objet d’une bagarre générale, au cours de laquelle il tombe pour toujours au fond du puits de Dosso […]. Ce tambour en or avait un nom, Sombonkaan, et aurait été le plus prestigieux des sept tubal anciens des Zarma, qui auraient correspondu à sept “maisons” d’origine (cf. DL, p.18-19).

En cas de scission à l’intérieur d’une famille régnante, c’est la branche qui a gardé le tubal qui bénéficie d’un surcroît de légitimité, la détention matérielle du tubal s’ajoutant ainsi aux arguments généalogiques (invoquer comme ancêtre le fils aîné et non le fils cadet, le frère et non la sœur – cf. ariize). » (Olivier de Sardan 1982 : 367)

[343]            Six des sept tambours de guerre sont au Mali d’après Jeliba Baje. Le seul qui se trouve au Niger, c’est Sombonkane qui est à Dosso. La raison en est, selon Jeliba Baje, qu’à leur arrivée à Dosso, les Zarma l’ont laissé choir dans un puits de pierres, par crainte d’un larcin. Une autre version explique cette présence dans un puits par la fuite des Zarma lors d’une attaque peule.

[344]            Jeliba ne connaît pas l’origine de ce nom.

[345]            Normalement, selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « bonkaano bilbilo tubaale » (le tambour de guerre de Bonkaano Bilbilo).

[346]            Le préfixe « -i » fait de l’adjectif un nom. « I beero » signifie « le grand ».

[347]            L’ordre donné en discours indirect est exprimé par le subjonctif.

[348]            L’expression « me a me » (également prononcée « me nda me ») signifie : « d’un bout à l’autre, complètement ».

[349]            Soit : « ils n’ont que trente chevaux », métonymie pour parler des cavaliers.

[350]            La suite de connecteurs « ga » (et, pour) reliant des verbes ayant le même sujet, implique une relation de causalité entre les différentes actions.

[351]           Le suffixe « -ize » est un diminutif signifiant « enfant, fils, petit ». « Boro hanno » désigne quelqu’un de bien. « Henne a ici une fonction laudative ou superlative. Il sous-entend que celui dont on parle est en haut d’une échelle de valeurs (explicite ou implicite), quelles que soient ces valeurs, que le contexte précisera. […] Les griots (jesere) “appellent” (ce, ici : récite les généalogies) les gens “bien nés”. […] Si d’un point de vue moral les bor henne représentent les gens respectables, à qui l’on peut faire confiance, d’un point de vue socio-politique les bor henne sont ceux que le jargon colonial appela les “notables”. Cette juxtaposition des deux sens n’est peut-être pas innocente… » (Olivier de Sardan 1982 : 201-202)

[352]            Terme désignant à la fois les médicaments et la magie, les deux étant liés à la médecine locale.

[353]            Construction passive courante signifiant : « on ne peut pas partir par le ciel ».

[354]            Construction passive identique à la précédente.

[355]            Dans le sens qu’ils ne peuvent voler.

[356]            Contraction de « nda ngey » (avec eux).

[357]            Jinay : affaire, chose. Suivant le contexte, ce terme peut prendre un sens plus précis. C’est ainsi qu’ici le complément du nom « wangu » (guerre) aide à préciser le terme générique lui faisant acquérir le sens d’armes de guerre.

[358]            Apposition. Elle est résumée en quelque sorte au début de la phrase suivante par le pronom « » (il, elle).

[359]            « Fo » est un article indéfini signifiant « un certain ». Avec cet article, il met l’accent sur un captif particulier qui est défini par la suite (cf. pronom relatif « ka»). En fait, l’article annonce qu’il va être défini.

[360]            Les horso ont des secrets magiques qui dépassent ceux des nobles. Almin est un horso selon les versions connues. Jeliba Baje en fait un sohance. On peut interpréter ce changement par le fait que Jeliba cherche à mettre en évidence les pouvoirs magiques d’Almin qui se rapprochent de ceux des maîtres-magiciens que sont les sohance.

[361]            En fait, Jeliba Baje parle d’un « sohance » (maître-magicien) pour désigner quelqu’un ayant de grands pouvoirs magiques. Almin, en vérité, est un horso (captif de case). Il s’agit donc d’une métaphore qui renforce le pouvoir d’Almin par emphatisation.

[362]            Le suffixe « -kooni » désigne la personne à qui la racine appartient. « Kottekooni » signifie « celui qui utilise la magie ».

[363]            L’adjectif (beeri : grand) est à la forme définie (terminaison en « –o »), car le nom renvoie à quelqu’un dont on a déjà parlé.

[364]            Grammaticalement, on s’attendrait à ce que « Zarma » soit suivi par la terminaison du défini pluriel (« -ey » : les) à cause du quantifieur « kulu » (tout).

[365]            « Wiyah » est un verbe qui signifie : « 1) tuer ; 2) récolter ». C’est dans ce dernier sens qu’il est utilisé ici.

[366]            Onomatopée (avec la présence du suffixe « -ize » (petit)) indiquant la petitesse. Aujouté à l’adverbe « sohõ » (maintenant), elle prend ici une valeur temporelle en désignant l’instant présent. « Sohõ tilliiziyo » signifie « tout de suite ».

[367]            « Nya » est un nom qui signifie : « 1) mère ; 2) arbre ». C’est dans ce dernier sens qu’il est utilisé ici.

[368]            Ce syntagme nominal désigne une base de grenier en paille surélevée par des piquets en bois fourchu de façon à ce que le grenier soit protégé des animaux.

[369]            « Le garaasa est ainsi celui qui n’a jamais honte, l’homme impudent et sans vergogne par excellence. C’est un peu l’archétype du captif, l’antipode du noble. Le garaasa quémande, vole, injurie, et nul ne peut lui faire confiance : tel est le portrait qu’on fait habituellement de lui. Le garaasa est ainsi bloqué dans un rôle social auquel il lui est difficile d’échapper. Et pourtant il ne s’agit pas d’un esclave situé au bas de l’échelle sociale : par sa condition, le garaasa scandalise d’autant plus qu’il est libre et habile […]. » (Olivier de Sardan 1982 : 156)

[370]            A l’origine, les garaasa étaient touaregs. Certains ont suivi Mali Bero, car les Zarma étaient généreux.

[371]            Ce subordonnant (da : si) introduit une phrase hypothétique.

[372]            Littéralement : « dire ».

[373]            Comme il s’agit d’un terme générique désignant un ensemble très large, il peut être laissé au singulier malgré le quantifieur (kulu : tout). En fait, le singulier met l’accent sur l’ensemble des gens et non sur les gens eux-mêmes.

[374]            Phrase soninké signifiant : « ce jour-là il était chef ».

[375]            Le verbe est à l’accompli, car il renvoie à des événements passés.

[376]            L’adverbe « hinne » (seulement, uniquement) marque une restriction.

[377]            Ce terme désigne l’interdit, le totem.

[378]            Construction désignant la possession (barayah nda : avoir, posséder).

[379]            « Ganda » signifie à la fois « terre » et « en bas ».

[380]            La possession est ici marquée par le verbe « avoir » (gonda) et le pronom possessif  « nga » (son, sa).

[381]            L’expression « wayna-funay » (soleil-venue) désigne le levant, soit l’Est.

[382]            L’expression « wayna-kahay » (soleil-chute). Désigne le couchant, soit l’Ouest.

[383]            Le Nord est désigné par une région située au nord du Niger (Azawa).

[384]            Le Sud est désigné par une région située au sud du Niger (Dendi).

[385]            Onomatopée désignant un bruit ressemblant à l’hélicoptère.

[386]            Le terme « kungu » désigne le bruit de l’avion. Jeliba Baje précise qu’il ne le compare pas à un avion, ainsi on ne peut le traiter de menteur.

[387]            Fuuma : terme signifiant : 1) nombril ; 2) commencement ; 3) origine ; 4) centre. C’est dans cette quatrième acception que « fuuma » doit ici être compris.

[388]            Expression désignant la possession.

[389]            Beene : terme signifiant : 1) ciel ; 2) en haut.

[390]            Conjonction désignant le résultat.

[391]            Le terme « laabu » signifie en premier lieu « la terre, le sol », mais il peut également désigner la région, le canton.

[392]            Soit : « le fond de grenier a cessé de monter ».

[393]            Contraction de l’expression impersonnelle « a ka ga gar » (il s’est trouvé que).

[394]            Il s’agit de la forme définie de « mate » (manière).

[395]            Préparation à base de mil qui est le plat quotidien des Zarma, « hawru » désigne tant l’action (le verbe « hawruya» signifiant « prendre le repas du soir ») que le plat (pâte un peu solide que l’on consomme accompagnée d’une sauce à base de végétaux).

[396]            Adverbe prononcé « sanku », « sanku fa » ou « soko » (en sohay) : « à plus forte raison ».

[397]            Littéralement : « c’est le garaasa qui ment ».

[398]            Le verbe « cililiya» est construit à partir d’une onomatopée et signifie : « acclamer, pousser des “yous-yous” ».

[399]            Le terme « ganji » désigne la brousse éloignée, au contraire de « saaji » qui, généralement, fait référence à la brousse proche du village et que l’on peut défricher temporairement au moment des cultures. Ici, cependant, ces deux termes paraissent être des synonymes, puisque le jasare utilise indistinctement « ganji » et « saaji » pour le même référent.

[400]            L’hyène est gourmande, elle ne se montre pas digne. Elle est donc semblable au garaasa qui mange chez tout le monde.

[401]            Ce proverbe met en évidence la situation difficile dans laquelle se trouve le garaasa. Il est ici comparé à l’hyène. S’il reste parmi les Touaregs (désignés par la brousse, puisqu’ils sont nomades), ceux-ci vont le tuer, car il n’est pas venu les avertir assez vite. Mais les Zarma (désignés par le village, puisqu’ils sont sédentaires) risquent de ne pas le vouloir auprès d’eux, car ses bavardages les dérangent.

[402]            Le suffixe « -ize » (enfant, petit) désigne dans ce contexte le fruit de l’oseille de Guinée (gisima).

[403]            Oseille de Guinée.

[404]            Cette construction syntaxique passive relève d’un niveau de langue élevé. On peut traduire littéralement cette tournure par « tout le monde ne va pas finir » ; ce qui signifie qu’il restera toujours quelqu’un à l’extérieur du fond de grenier.

[405]            « Subo » signifie habituellement « herbe ». Ici, ce terme prend un sens plus large et désigne la brousse.

[406]            Ce lieu se trouve au Mali. Il s’agit soit d’un nom de village, soit d’un nom de mare.

[407]            Ce lieu se trouve au Mali (idem).

[408]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé.

[409]            Expression soninké signifiant : « Tombouctou le grand ».

[410]            Littéralement « Tombouctou le petit » (terme soninké). Il s’agit d’une ville située au Mali.

[411]            Ce village est situé au Niger, dans le département de Tillabéry (arrondissement de Fillingué).

[412]            Le verbe « kaniya» signifie « se coucher », mais également « passer la nuit ».

[413]            « Nga » (son, sa) est un déterminant possessif.

[414]            « Beero » signifie « grand » (beeri + terminaison du défini singulier « -o ») en taille, mais il peut également avoir le sens d’« aîné » (beere). C’est le cas ici avec la dérivation par suffixation du nom « -e » (terminaison du défini singulier « -o »).

[415]            Le verbe « hannayah » signifie « passer une partie de la nuit ». Le connecteur « ga » (et, pour) relie le verbe qui suit « fattaya» (sortir) avec le premier. La construction « a hanna ga fatta » (il est parti en pleine nuit, il a quitté nuitamment) est surtout fréquente en sohay.

[416]            Pronom co-référentiel renvoyant à Bolomboti, le locuteur de cette parole. Il s’agit donc d’un discours indirect.

[417]            La postposition « ga » signifie ici : « au sujet de, à propos de ».

[418]            Le subordonnant « hala » (ici intraduisible) introduit une question dans un discours indirect.

[419]            Ici « fo » désigne le chiffre un.

[420]            Littéralement : « dire ».

[421]            L’adjonction de la diphtongue /y/ entre les deux voyelles est nécessaire pour respecter les règles du Service d’Alphabétisation.

[422]            « Nango » est un complément de lieu construit par la contraction du nom « nangu » (lieu, endroit) et du démonstratif « wo » (ceci).

[423]           Littéralement : « tu verras ». La deuxième personne du singulier a ici valeur générique. C’est pourquoi elle a été traduite par la deuxième personne du pluriel.

[424]            Métonymie désignant les guerriers, les cavaliers.

[425]            Le terme « banda » signifie tant « dos » que « derrière (postposition) ». Il doit être compris ici dans son deuxième sens.

[426]            Le nom « balley » désigne les Touaregs blancs et noirs. Les Touaregs blancs sont désignés par le terme « surgey », alors que les Touaregs noirs (les Bouzou) sont appelés « balle bi » en zarma (littéralement : « Touaregs noirs »).

[427]            Selon Jeliba Baje, sa langue a fourché : il aurait dû dire « yeela wonye zamaama » (après un court moment).

[428]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[429]            Le complément du lieu, habituellement placé à la fin de la phrase, est ici placé en début. C’est une manière pour le narrateur de le mettre en évidence. Ceci est renforcé par la présence de l’attribut « no » (c’est) situé immédiatement après le complément de lieu.

[430]            L’adverbe de manière « koyne » (encore) accentue habituellement la répétition. Ajouté ici à la négation « mana » (ne…pas), il marque la fin de la répétition.

[431]            L’oseille de Guinée (Hibiscus sabdariffa s.s. Malvaceae) pousse à l’état sauvage ou se sème. On utilise ses feuilles pour la sauce qui accompagne la pâte de mil. Le fruit est à la base d’un condiment (maari : soumbala).

[432]            Il a oublié les Dakalé.

[433]            Il s’agit d’une hésitation discursive.

[434]            Littéralement : « parce que c’est la langue zarma qu’ils parlent ».

[435]            Le terme « ciine » et le terme « sanni » sont synonymes. Tous deux désignent la parole, la langue.

[436]            Il oublie de prononcer le verbe « toya» (atteindre, arriver) sous la forme conjuguée.

[437]            Quand un verbe est doublé, il désigne une action répétée ou continue d’intensité réduite. Le verbe « fayyah » (distribuer, partager), lorsqu’il est doublé, signifie alors « se diviser, s’éparpiller ».

[438]

[439]            Littéralement : « chef des Zarma ».

[440]            Selon Jeliba Baje, sa langue a fourché. Il voulait dire : « Isa Korombe ».

[441]            Les chefferies.

[442]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire « Haali » à la place de « Maali ».

[443]            L’adjectif « kayna » (ici à la forme définie), qui signifie habituellement « petit » est ici associé au nom « ize » (enfant, petit) et désigne le cadet.

[444]            Phrase soninké signifiant : « lorsqu’il est devenu chef ».

[445]            « Binday » est une variation de la postposition « binde » (et, quant à, alors, en effet). Les Zarma disent généralement « binday » et les Sohay « bine ».

[446]            Le mot interrogatif est redoublé (may nda may : qui et qui ?) de façon à indiquer qu’il y a plusieurs personnes. Le pluriel pourrait être également utilisé (mayyah) même si, dans la région de Niamey, les gens préfèrent le redoublement.

[447]            « A » (son, sa) est un possessif.

[448]            Phrase soninké signifiant : « s’il est devenu chef c’est qu’il l’a trouvé ».

[449]            Littéralement : « qui et qui ».

[450]            « Mana…kala » est une expression emphatique (ici le verbe est à l’accompli) couramment employée mais qui ne peut être rendue en français.

[451]            Le redoublement d’un chiffre indique ici la durée (handu hinza hinza : pendant trois mois).

[452]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé.

[453]            La consonne /r/ permet de distinguer « a ba a » (il l’a aimé / voulu) de « a ba » (il a aimé / voulu).

[454]            L’adverbe « sanku fa » renforce ce qui le suit et signifie : « à plus forte raison ».

[455]            Mali Bero protège son bœuf à l’aide de magie, afin que tous les animaux qui peuvent lui nuire restent impuissants.

[456]            Arbre à fruit : parinari macrophylla. (gamsa ize : fruit de cet arbre ; gamsa bali : Amande comestible du fruit de cet arbre). Ici le terme « gamsa » désigne évidemment le fruit.

[457]            «  » (alors) est ici employé pour marquer une condition irréelle.

[458]            Comme deux voyelles différentes ne peuvent se suivre selon les règles du Service d’Alphabétisation, l’adjonction d’une diphtongue /y/ est ici nécessaire.

[459]            Le gamsa donc.

[460]            Comme deux voyelles différentes ne peuvent se suivre selon les règles du Service d’Alphabétisation, l’adjonction d’une diphtongue /w/ est ici nécessaire.

[461]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[462]            Phrase soninké signifiant : « quand il est devenu chef ».

[463]            « Baabo » est la forme définie de « baaba ». Précédé du possessif, il signifie donc « son père ».

[464]            Littéralement : « dire ».

[465]            Ou : « le séjour de là-bas ».

[466]            L’expression « ga ti » désigne la conséquence : « c’est ce qui fait que ».

[467]            Le pronom est au singulier, car il désigne Boukari qui est ici le chef. En effet, il est d’abord cité seul (Ga ti Bukari tun kay : c’est ainsi que Boukari s’est levé), puis repris sous la forme du pronom réfléchi « nga » (lui) accompagné de Bouratchi (nda Buraaci : et Bouratchi).

[468]            Terme générique. Il devrait peut-être être traduit par « eux et les Tchanga ».

[469]            Le complément de temps « sohõ kay » (à présent) insiste sur l’immédiateté. Il est plus immédiat que « sohõ » (maintenant), mais moins que « sohõ tilliiziyo » (tout de suite).

[470]            Phrase soninké signifiant : « si vous devenez chef ».

[471]            Phrase soninké signifiant : « lui quand il est devenu chef ».

[472]            Phrase soninké signifiant : « Manta comment sont les nouvelles aujourd’hui ? »

[473]            Selon Jeliba Baje, il s’est trompé. Il aurait dû dire la phrase soninké suivante : « kay kaamah jiri » à la place de « digo » qui signifie : « quand vous avez quitté ».

[474]            Littéralement : « c’est ça ».

[475]            Le terme « hari » désigne l’eau et, par extension, la pluie.

[476]            Expression soninké signifiant : « après un court moment ».

[477]            Le terme « cindi » désigne le reste, tandis que l’adjectif signifie « certain ».

[478]            Il doit se taire.

[479]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire : « jaaseyah» (être pire). C’est la forme juste qui a été traduite.

[480]            Le préfixe « -i » nominalise un adjectif. « I zeena » signifie « le vieux, l’ancien ».

[481]            Selon Jeliba Baje, il aurait dû dire : « a ka ga te nga kambe koy » (il est devenu sa propre chefferie).

[482]            Le suffixe « -ante » fait du nominal un ordinal. Le chiffre « taaci » signifie « quatre ». Le terme « taacanta » a pour signification : « quatrième ».

[483]            Le connecteur « ga » (et, pour) sous-entend une relation de causalité.

[484]            Ce proverbe est expliqué dans l’analyse de la généalogie. Le narrateur procède ici par antiphrase. Ce procédé rhétorique est courant dans la société zarma.