Conte dioula:  Pourquoi le serpent vit-il dans l’eau de nos jours?

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  1.  Pourquoi est-ce que le serpent vit dans l’eau[1] de nos jours?[2] (I)

 

Voilà le mien, voilà le mien.

Il était une fois une jeune fille. Elle disait qu’elle ne désirait se marier qu’avec un homme sans aucune cicatrice sur le corps.

Un génie, un énorme python qui vivait dans la brousse s’était transformé en un être humain. Il était allé chez la jeune fille, disons chez la mère de la jeune fille.

Il a salué la mère quand il est arrivé. La jeune fille a contemplé le jeune homme et ne découvrit aucune cicatrice sur son corps. Elle a dit:

 ─ Maman, c’est cet homme que moi je désire.

La mère de la jeune fille a dit alors au jeune homme:

 ─ Mon fils, ma fille est tombée amoureuse de vous.

L’homme python cherchait à manger un être humain, et c’était pour cette raison qu’il s’était transformé en homme. Alors la famille a décidé qu’il se marierait avec la jeune fille le jeudi[3].

L’homme est retourné en brousse après s’être marié avec la jeune fille. Ils ont fait des buttes afin de planter les ignames, c’est alors que l’homme serpent a rétrouvé sa forme de serpent.

Il travaillait son champ en fredonnant:

[Le narrateur chante seul][4]

 ─ Jeudi j’épouserai une nouvelle femme.

Jeudi j’épouserai une nouvelle femme.

Le serpent avait l’habitude de fredonner cette chanson.

Un jour, la petite sœur de la femme s’est rendue sur les lieux où il se transformait et vaquait à ses activités champêtres. Ce fut ainsi qu’elle l’a surpris à chanter ladite chanson.

La jeune fille est revenue sur ses pas pour en informer sa sœur aînée. La grande sœur ne croyait pas ce qu’elle lui avait dit. Le jour où le serpent pensait manger la jeune fille arriva. La petite sœur l’avait suivie. Elle ajouta:

 ─ Permets moi de t’accompagner.

La grande sœur refusa.

Alors la grande sœur rejoint son mari. Ils sont sur le départ.

La petite sœur s’est métamorphosée en cendre. Une cendre d’une blancheur parfaite, toute fraîche. La grande sœur s’exclama :

 ─ Regarde, cette cendre si précieuse!

La petite sœur répond :

 ─ Grande sœur, c’est  bien moi.

La grande sœur rétorque:

 ─ Voyons, ne t’avais-je pas demandé de repartir à la maison?

Elle répondit avec plus d’énergie:

 ─ Grande sœur, permets-moi-t’accompagner.

Elles s’éloignèrent de leur point de départ. La jeune fille se transforma en un parfait bâton. La grande sœur s’exclama alors de nouveau:

 ─ Hé, mon aîné[5] ce bâton est lui aussi bien beau.

La petite sœur répondit de nouveau:

 ─ Grande sœur, c’est bien moi.

Le mari a ajouté:

 ─ Laisse-la nous suivre dans ce cas.

Une fois qu’ils atteignirent le champ, l’homme leur a demandé:

 ─ Bon, veuillez m’attendre ici.

L’homme commençait à s’éloigner. C’est ainsi qu’elles l’ont suivi en cachette. Il continuait à s’éloigner pendant qu’elles continuaient à l’épier.

Elles portaient la nourriture en équilibre sur leur tête. La petite sœur a dis alors au serpent qui s’affairait aux travaux champêtres.

 ─ Courage!

Le serpent se métamorphosa du coup en être humain. Il demanda[6] à son épouse et à sa petite sœur:

 ─ Vous avez  vu l’état dans lequel je me trouvais, n’est-ce pas?

La petite sœur répondit:

 ─ Que non, nous ne t’avons pas vu.

Alors l‘homme s’est métamorphosé soudainement en serpent. Il était sur le point de les engloutir. La petite sœur saisit alors sa grande sœur pour s’enfuir. Elles ont continué à courir pendant que le serpent était à leurs trousses durant un bon bout de temps.

L’ainée vint à rencontrer  une vieille femme qui s’était assise pour se laver. La vieille femme lui a dit:

 ─ Ma fille, viens me laver le dos.

La grande sœur a répondu:

 ─ Grand-mère, je ne peux pas pour l’instant. Il y’a un génie qui est entrain de nous pourchasser.

L’ainée s’est éloignée rapidement de l’endroit. La veille femme a répété son invite à la petite sœur quand celle-ci est arrivée vers elle:

 ─ Viens-me laver le dos.

La petite sœur a pris l’éponge et a commencé à frotter le dos de la veille. Une partie de son dos s’ouvrit brusquement. La petite sœur poussa un cri de frayeur:

 ─ Hé, grand-mère une partie de votre dos est entrain de s’ouvrir sous mes yeux.

La veille femme a demandé:

 ─ Qu’est-ce qu’y as-tu vu?

La petite sœur a répondu:

 ─ J’y ai vu un charbon.

La vieille femme a de nouveau demandé:

 ─ Quoi d’autre?

La petite sœur a poursuivi:

 ─ Un œuf de poule.

 ─ Quoi d’autre?

 ─ Une pierre.

La vieille dame a ajouté:

 ─ Ce génie que qui est en train de vous poursuivre, quand  il sera sur le point de vous atteindre, tu devras jeter la pierre à terre. La pierre se transformera ainsi en une roche géante. Continuez à vous éloigner. Attention, ne la lance pas devant toi, jette – la plutôt derrière toi. Profitez – en pour vous éloigner jusqu’à ce que ce génie puisse atteindre l’autre côté de la roche. Jette ce  morceau de charbon derrière toi quand il se rapprochera de nouveau de vous. Il se transformera en une énorme forêt afin que vous puissiez vous éloigner, car il mettra du temps à la  traverser.

Jette enfin derrière toi l’œuf de poule. Celui-ci se transformera en un lac. Le temps que le serpent le traverse, vous atteindrez un endroit où vous serez sauves.

Les deux sœurs ont commencé à s’échapper. Une fois qu’elles se sont éloignées, la petite sœur a jeté la pierre derrière son dos. Celle-ci se transforma en une énorme roche. Losrque que le génie eut réussi à franchir cet obstacle, elles étaient déjà très loin. Il les rejoignit de nouveau. Ce fut alors qu’elles jetèrent le charbon derrière leur dos. Celui-ci se transforma en une immense forêt. Elles poursuivirent leur fuite, mais soudain la petite sœur et son ainée commencèrent à se disputer. La grande sœur réclamait l’œuf afin de le jeter derrière elle. L’œuf soudainement leur avait échappé des mains et s’était rompu devant elles. Elles ne pouvaient plus passer ; alors l’homme serpent se rapprocha d’elles, sur ces entrefaites  un oiseau atterrit près des deux sœurs qui ne savaient plus comment traverser.

La grande sœur a chanté dès qu’elle a vu l’oiseau:

[Le narrateur chante seul]:

 ─ Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, le fleuve va m’engloutir

Cinq cent plus cinq cent, le fleuve va m’engloutir.

La petite sœur a entonné:

[Le narrateur chante seul]

 ─ Ne la prends pas, fleuve engloutis-la.

Ne la prends pas, fleuve engloutis-la.

Quand nous arriverons à la maison, fleuve engloutis-la.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, fleuve engloutis-la.

Cinq cent francs CFA plus cinq cent francs. Fleuve engloutis-la.

 L’oiseau ne l’a pas prise alors. La petite sœur a répété.

[Le narrateur chante seul]

  ─ Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, le fleuve va m’engloutir.

Cinq cent plus cinq cent, le fleuve va m’engloutir.

Cinq cent plus la moitié de cinq francs, le fleuve va m’engloutir.

L’oiseau a saisi la petite sœur et l’a laissée sur l’autre rive du fleuve. Il n’a pas écouté l’appel de la grande sœur. Le serpent pendant ce temps se rapprochait de plus en plus. La grande sœur a dis:

 [Le narrateur chante seul]

  ─ Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Viens me prendre, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA. Le fleuve va m’engloutir.

Cinq cent plus la moitié de cinq francs. Le fleuve va m’engloutir.

 La petite sœur a dit:

  ─ Ne la prends pas, fleuve engloutis-la.

Ne la prends pas, fleuve engloutis-la.

C’est la femme du grand serpent, fleuve engloutis-la.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir,

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, le fleuve va m’engloutir

Cinq cent plus cinq cent, le fleuve va m’engloutir.

Alors l’oiseau ne l’a pas prise, pendant ce temps le serpent s’était rapproché et il était sur le point de l’attraper. La petite sœur a crié:

[Le narrateur chante seul]

 ─ Prends-la, le fleuve va m’engloutir.

Prends-la, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir,

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, le fleuve va m’engloutir

Cinq cent francs plus cinq cent francs, le fleuve va m’engloutir.

Cinq cent plus la moitié de cinq cent, le fleuve va m’engloutir.

 L’oiseau s’est alors envolé avec elle. Il l’a sauvée puis a libéré la grande sœur. Elle avait commencé à courir en abandonnant sa petite sœur.

Le serpent est arrivé au niveau de l’oiseau et lui a demandé:

[Le narrateur chante seul]

  ─ Prends-le, le fleuve va m’engloutir.

Prends-le, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir,

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, le fleuve va m’engloutir

Cinq cent et la moitié de cinq cent, le fleuve va m’engloutir.

La grande sœur avait abandonnée la petite sœur, celle-ci chanta:

 [Le narrateur chante seul]

  ─ Ne le prends pas, fleuve engloutis-le.

Ne le prends pas, fleuve engloutis-le.

Quand nous arriverons à la maison, fleuve engloutis-le.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, fleuve engloutis-le.

Cinq cent francs CFA plus cinq cent francs, fleuve engloutis-le.

 L’oiseau a repris alors la même chanson et la petite a ajouté:

 [Le narrateur chante seul]

  ─ Ne le prends pas, fleuve engloutis-le.

Ne le prends pas, fleuve engloutis-le.

Quand nous arriverons à la maison, fleuve engloutis-le.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, fleuve engloutis-le.

Cinq cent francs CFA plus cinq cent francs. Fleuve engloutis-le.

La petite sœur a dit encore une fois:

[Le narrateur chante seul]

  ─ Prends-le, s’il te plaît, le fleuve va m’engloutir.

Prends-le, s’il te plaît, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, le fleuve va m’engloutir.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA. Le fleuve va m’engloutir.

Cinq cent et la moitié de cinq cent. Le fleuve va m’engloutir.

 L’oiseau a alors pris le serpent. Ils s’envolèrent et quand ils atteignirent le centre du cours du fleuve, la petite sœur repris à nouveau la chanson:

[Le narrateur chante seul]

  ─ Lâche-le à cet endroit, le fleuve va m’engloutir.

Lâche-le à cet endroit, le fleuve va m’engloutir.

Quand nous arriverons à la maison, fleuve engloutis-le.

Je t’offrirai cinq cent francs CFA, fleuve engloutis-le.

Cinq cent francs CFA plus cinq cent francs, fleuve englouti-le.

 L’oiseau a alors lâché le serpent dans l’eau. C’est ce même serpent que nous retrouvons dans l’eau de nos jours. Autrefois il n’y avait pas de serpent dans l’eau. En plus c’est pour cette raison que le serpent des eaux est féroce. Ce qu’il cherche, c’est à dévorer quelqu’un, puisqu’on l’en avait empêché. C’est cette même agressivité qui lui est restée jusqu’à nos jours.

Si l’on a acquis un bien, il ne faut pas oublier d’en offrir à son voisin, celui à qui l’on fait confiance. N’oublie pas non plus ton petit- frère.

Enfin la femme qui désire se marier à un homme, ne devrait pas être trop exigeante.

Conte, je te laisse là où je t’ai pris.

 

Ouattara Adama, 13 ans. Un élève d’une école coranique. Kong, novembre 2011.

1.  Fέn mín kósɔn sà bὲ jíe rá.

 

 

Ń tá yé ń tá yé,

Súnguruni dɔ́ lé bὲ yí sísan à kó cὲ mín bἑ yí jóri nɔ̀n tἑ à rá àle bὲ ò cὲ lé fὲ sísan.

Jínan cὲ, míninyan bèlebele dɔ́ lé bἑ kóngo rá à ká à yἑrε yἑlεman mɔ̀gɔ yé sísan ká nàn súngurun fὲ yí, súngurun námuso fὲ yí sísan.

À nànan sé à ká súngurun nànmuso fò. Súngurun ká cὲ fὲrɛ fὲrɛ à mán jóri nɔ̀n yé à rá. Kó:

 ─ Ń nán ń bὲ cὲ mín lé fὲ.

Súngurun nán ká à fɔ́ cὲ nyànan sísan kó:

 ─ Ń déncε, ní dénmuso járabira éle rá.

Míninyan cὲ dó bἑ à fɛ̀ ká mɔ̀gɔ lé dómu óle à ká à yὲrɛ kὲ mɔ̀gɔ yé sísan. Ári ká tó kó lámisa lón é nàn à fúru.

 

Sísan cὲ ká tága bín nàn sísan. Ári ká kú túgun kὲ sísan, míninyan ká yὲlɛman à nɔ̀n rá.

 

 É mága:

 

  ─ Lámsa lón nyí mùso kúra tá

Lámsa lón nyí mùso kúra tá.

 

 À bἑ ó dɔ̀nkiri lé lára sísan.

Lɔ́n dɔ́ mùso dɔ́gɔmuso ká tága sísan ká tága bɔ́ à kàn à bἑ à fɔ́ra.

 

Súngurun ká nàn à fɔ́ à kɔ̀rɔmuso yé. Kɔ̀rɔmuso màn mán lá à rá. Sísan lá mín nàn é nàn súngurun dómu, dɔ́gɔmuso màn ká gbàn à kɔ́. Kó:

 

 ─ À tó nyí tígi é b̕ lasira.

À ká bàn.

Sísan à ní cὲ bὲ tágara, ári bὲ tágara.

Súnguru dɔ́gɔmuso yé à yὲrɛ yὲlɛman ká kὲ bùguri yé, bùguri nyέn díman, kúra kúra yé, kɔ̀rɔmuso màn yé tó:

 ─ É bùguri mín cáɲi dὲ!

É tó kó:

 ─ Ń kɔ̀rɔ ní lómu.

É tó:

 ─ Ní mán à fɔ́ yé tága lú rá wá?

É tó kélende:

 ─ Kɔ̀rɔ à tó ń tága ní é yé.

Ári ká tága sé nyέnfɛ túgu, súnguru ká à yὲrɛ yὲlɛman kɔ̀lɔman nyànaman yé. À ká tó:

 ─ É! Kɔ̀rɔ, kɔ̀lɔman mín túgu cányi dὲ.

Òle rá dó dɔ́gɔmuso mà kó:

 ─ Kɔ̀rɔ ní lómu!

Òle cὲ mà ká tó:

 ─ À tó án nyí tága.

Ári tágara sé sísan, cὲ ká tó:

 ─ Bɔ́n ári yá lɔ̀ ká ń kɔ̀nɔn yàn.

 

Cὲ bὲ tágara ári kí yé à dἐndɛn, à bὲ tágara ári kí yé à dἐndɛn. Cὲ ká tága yὲlɛman sà yé sísan.

Tò bὲ ári kùnan, dɔ́gɔmuso mà ká mága sísan:

 

 ─ É ní cé.

À ká à yὲrɛ yὲlɛman mɔ̀gɔ yé sísan. Ká ári nyíninka kó:

 

 ─ Kɔ̀ni ári má ń yé!

Òle dɔ́gɔmúso mà ká tó kó:

 ─ Ɔ́nhɔ̀n, mí é yé.

Sísan cὲ ká à yὲrɛ yὲlɛman sà yé sísan, é nà à kùnu, dɔ́gɔmuso ká kɔ̀rↄ mínan sísan kí yé bóri. Ári kí bóri, sà ká gbàn ári kɔ́. Ká fáta ári kɔ́, ká fáta ári kɔ́, ká fáta ári kɔ́.

 

Kɔ̀rɔmuso mà tágara sé mùsokɔrɔba dɔ́ má, mùsokɔrɔba sígini bὲ à bὲ kòra à kó:

 ─ Ń dénmuso, nà ń kɔ́ kò ń yé.

À kó:

 ─ Ń nán ń tí sé, fín dɔ́ lé bὲ àn gbέnan.

 

Kɔ̀rɔmuso mà ká tέmin ká tága sísan. Dɔ́gɔmuso mà nànan sé, mùsokɔrɔba ká tó:

 ─ Nà ń kɔ́ kò ń yé.

Dɔ́gɔmuso mà ká gbálan mínan sísan ká à kɔ́ kó á yé. À kɔ́ dúga dɔ́ ká wága, à ká tó kó:

 

 ─ Ée! Ń nán é kɔ́ dúga dɔ́ wágara!

À kó:

 ─ É ká míni lé yé?

À ká tó:

 ─ Ń ká fìnfin ní yé.

Kó:

 ─ À ní míni?

Kó:

 ─ À ní sísɛ kíri.

À ní míni?

 ─ À ní bὲrε.

Kó:

 ─ Bón fín mín bὲ ári gbínnan tèn, ní é ká tága sé, ní à ká á fɔ́ é sùnrunyan tèn ári rá, yé bἑrɛ fíri é yὲrɛ kɔ̀. Bɛ̀rɛ yé kὲ fára bélebele dɔ́ yé, ári yé tó kí yé tága. Kàna à bέn é yὲrɛ nyɛ́n, yé à fíri é kɔ́. Ári yé tó kí tága, yàni à yé ò fára tὲmen ári yé jànfa. Ní à ká à fɔ́ é sùnrunyan yé fínfin tɔ̀gɔ fíri é kɔ́ túgun é kὲ tú bélebele, yàni à yé ò tìgɛ ári yé jànfa túgu.

 

 

 

Sísɛ kíri, yé ó fíri é kɔ́ túgun é kὲ bá jíe yé, yàni à yé ó tìgɛ ári yé sé ári dùgu rá.

 

Bón ári bὲ tágara sísan, [dɔ́gɔ ní kɔ̀rɔmuso mà], ári tágara sé nyέnfɛ dɔ́gɔmuso mà ò ká bἑrɛ fíri à yὲrɛ kɔ́ à ká kὲ fára bélebele dɔ́ yé sísan. Yàni míninyan tɔ̀gɔ yé à tígɛ sísan ári ká jánfa. Míninyan bὲ sùnrunyanra ári rá, ári ká cáribon fíri ári yὲrɛ kɔ́ sísan à ká kὲ tú bá yé sísan. Ári bὲ bórira, sísan dɔ́gɔmuso mà ní kɔ̀rɔmuso mà ká tága bíla nyɔ̀ngɔn nàn sísan. Kó é kíri bɔ̀si à rá, ká à fíri ári yὲrɛ kɔ́, jóonan jóonan. Kíri ká bɔ̀si à rá kélende ká bèn ári nyέnfɛ sísan, ká kὲ bá jíe bèlebele yé ári nyέnfɛ, ári tí sé ká tὲmɛ. Míninyan nànan sé sísan kí yé sùrunyan ári rá. Kɔ̀nɔni dɔ́ ká nà bɔ́ sánan ká sígi, ári nà tìgɛ nyέmiman sísan ári mán à lɔ́n.

 

 

Kɔ̀rɔmuso mà ká à yé kó:

 

  Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Dɔ́gɔmuso mà ká tó:

 

 ─ Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Ní ń ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Òle kɔ̀nɔn mán à tá dɔ́gɔmuso mà ká à fɔ́ kúra yé.

 

 ─ Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ táran bá yé kùnun.

Kɔ̀nɔn ká dɔ́gɔmuso mà tá, ká tága à bíla bá jíe nyέn dɔ̀min kàn. Ká kɔ̀rɔmuso mà tó yí, sísan sà bὲ sùrunyanan à rá. Kɔ̀rɔmuso mà ká tó:

 

 

 ─ Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Nà ń tà ó bá yé ń kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ táran bá yé kùnun.

Dɔ́gɔmuso mà ká tó:

 ─ Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Sá bá múso ló bá yé kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Òle sá m̕ à tà.

Sà sùrunyanan é nà à tá wágati mí nàn, dɔ́gɔmuso mà ká tó:

  

 ─ À tà ó bá yé kùnun,

À tà ó bá yé kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ táran bá yé kùnun.

Bón sísan kɔ̀nɔn ká à tà sísan, ká tága à jígi, sísan kɔ̀nɔn ká kɔ̀rɔmuso mà jígi, à kí bóri kí tága. Ká dɔ́gɔmuso mà tó yí kí tága. Sà séra kɔ̀nɔn má, sá ká tó kɔ̀nɔn má:

 

À tà ó bá yé kùnun,

À tà ó bá yé kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ táran bá yé kùnun.

Sísan kɔ̀rɔmuso mà ó ká tága ká dɔ́gɔmuso mà lɔ̀ni tó yí, dɔ́gɔmuso mà ká kó:

 ─ Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Ní ń ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Òle kɔ̀nɔn dɔ̀nkiri lá túgu, dɔ́gɔmuso mà ká à fɔ́:

 

 ─ Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Kàna à tà ó bá yé kùnun,

Ní ń ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Dɔ́gɔmuso mà ká tó túgu:

 

 ─ À tà ó bá yé kùnun,

À tà ó bá yé kùnun,

Ní àn ká sé só bá yé kùnun,

Ɲyí són kὲmɛ rá bá yé ń kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ táran bá yé kùnun.

Sísan kɔ̀nɔn ká sà tá, ári bɛ̀ tágara ári ká tága sé jíe mílie dúga rá sàn, dɔ́gɔmuso mà ká dɔ̀nkiri lá:

 

 

  ─ À b̕ la yí bá yé kùnun,

À b̕ la yí bá yé kùnun,

Ń àn ká sé só bá yé kùnun,

Nyí són kὲmɛ rá bá yé kùnun,

Kὲmɛ ní kὲmɛ rá bá yé kùnun.

Kɔ̀nɔn ká sá b̕ la jíe rá, ò sà tɔ̀gɔ lé kὲra bì jíe rá sà yé, ní ò tɛ̀ gálɛngalɛn sà tí tὲ jíe rá. Ò káman jíe rá sà yá fári túguni, à tí bὲ fín mín kɔ́ à má ò sɔ̀rɔ dó, ò fári yá ká tó à rá fɔ́ bí tére rá.

 

 

 

Ní é ká fín sɔ̀rɔ kàna nyína é síginyɔngɔn, é lámɔgɔ, dɔ́gɔ kɔ́.

Mùso ní é kó yé cὲ tà kàna yáda.

 

Tàlen ń kí tá dúga mína ń kí bíla.

 

Ouattara Adama, 13 ans. Kong, 2011.

Corpus inédit – © Copyright Awa Traoré

 


Notes:

[1] Jí, en dioula véhiculaire, désigne  l’eau, et par extension tout liquide. Les ressortissants de Kong ont pour coutume de réaliser le mot sous la forme phonétique jíe, pour designer l’eau, le jus. Nous avons conservé jíe dans tout notre corpus pour rester fidèle à la forme dialectale locale.

[2] Nous verrons d’autres versions: conte numéro1 de notre répertoire de contes des femmes, ci-après.

[3] Dans les cérémonies nuptiales dioula, le jour de la consommation sexuelle de l’union a lieu un jeudi.

[4] Les chansons de ce conte sont chantées par une seule personne. Ces chansons ont un lien avec la situation que vit ou vivra chaque protagoniste du récit.

[5] Iles courant chez les Dioula que la femme ait recours à cette expression pour communiquer avec son époux. C’est un terme d’adresse qui a une valeur affective chez les Dioula. Ce kɔ̀rɔ, mis pour kɔ̀rɔcε, veut en fait dire aîné, ce qui pour l´épouse est une façon de reconnaître sa soumission au mari, car le pûiné est toujours soumis à l’aîné. De fait, en principe,  l’épouse est toujours plus jeune que le mari.  

[6] Nyìninka, dioula, du verbe demander. Les ressortissants de Kong ont pour coutume d’utiliser le mot Nyìninga. Dans notre répertoire nous avons conservé Nyìninga dans la traduction.

 

 

 

Pourquoi est-ce que le serpent vit dans l’eau de nos jours?  (pdf)

 

 

CONTE 1

 

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