Asta mo Kaadanaari

(Asta mo Kaadanaari) (Asta mo Kaadanaari)
(Teema naa halleende !) (Voilà ce que donne la méchanceté !)[1]
Asta mo Kaadanaari na ? [Je conte] Asta mo Kaadanaari ?
Yoo wooɗi ! Oui, d’accord !
Asta mo Kaadanaari boo, Asta mo Kaadanaari,
Mhm ! Mhm !
o ɓii laamɗo. est fille de chef.
Mhm ! Mhm !
O booɗɗo haaaaa ɓuri semmbe ! O wooɗi ! Elle est d’une beauté exceptionnelle ! Elle est belle !
Mhm ! Mhm !
Oya boo, Asta mo Kaadanaari, ɓii laafuɗo. L’autre, Asta mo Kaadanaari, est fille de pauvre.
Mhm ! Mhm !
Oon doo wooɗi haa ɓuri semmbe. Elle aussi est d’une beauté exceptionnelle.
Mhm ! Mhm !
O hooƴa daarorgal, o laartoo nii o wi’a : [La première Asta] prend un miroir, elle se regarde dedans et dit :
« Ayyee ! Miin oo nii, ɓe mbi’a « Comment ! Moi, on dit
woodi Asta ɓii laafungel meere ɓuratam wooɗgo ? qu’il y a une Asta, fille d’un petit pauvre de rien, qui est plus belle que moi ?
(Rire) (Rire)
Miin oon woodi ko ɓuratammi ? Moi, il y a quelqu’un qui me dépasse [en beauté] ?
Mhm ! Mhm !
Sey mi laaroya mo. » Il faut que j’aille la voir. »
Mhm ! Mhm !
Yoo wooɗi ! Bisimilla ! Bon ! Bisimilla !
Mhm ! Mhm !
Ɓe ngaatani ɓe pucci, o wa’’ii bee yimɓe baaba maako. On leur[2] prépara des chevaux, elle monta en compagnie des gens de son père.
Mhm ! Mhm !
Ɓe ndilli, ɓe ngurtake. Ils s’en allèrent et sortirent [de leur village].
Ɓe njaali wuro : Ils arrivèrent près d’un [autre] village :
chant[3] Moy woni Asta mo Kaaaadanaari ? chant Qui est Asta mo Kaadanaari ?
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer[4],
Mo gabbii kurantaa[5], Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdii ? Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Mhm ! Mhm !
Asta, naa ɗoo woni. Asta, ce n’est pas ici qu’elle habite.
Mhm ! Mhm !
Asta wuro yeesoowo ! Asta, c’est dans la prochain village [qu’elle se trouve] !
Mhm ! Mhm !
Ɓe caalake. Ils poursuivirent leur chemin.
chant Moy woni Asta mo Kaaaadanaari ? chant Qui est Asta mo Kaadanaari ?
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer,
Mo gabbii kurantaa, Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdii ? Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Mhm ! Mhm !
Asta haa wuro yeeso woni ! Asta, c’est dans le prochain village qu’elle habite !
Mhm ! Mhm !
chant Moy woni Asta mo Kaaaadanaari ? chant Qui est Asta mo Kaadanaari ?
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer,
Mo gabbii kurantaa, Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdii ? Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Mhm ! Mhm !
Asta, naa ɗoo woni. Asta, ce n’est pas ici qu’elle habite.
Mhm ! Mhm !
Asta wuro yeesoowo ! Asta, c’est dans le prochain village [qu’elle habite] !
Mhm ! Mhm !
Mhm ! Mhm !
[…] […[6]]
Taal ! Conte !
Moy woni Asta mo Kaadanaari ? Qui est Asta mo Kaadanaari ?
[…] […]
(… elle peut continuer…) (… elle peut continuer…)
Taal ! Aan kam ! Conte donc !
(Rire) (Rire)
chant Moy woni Asta mo Kaaaadanaari ? chant Qui est Asta mo Kaadanaari ?
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer,
Mo gabbii kurantaa, Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdii ? Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Mhm ! Mhm !
O yottake wuro Asta woni. Elle arriva au village ou habitait Asta.
Mhm ! Mhm !
Ɓe maatinoyi Asta’en boo mooɓti. Ils allèrent informer Asta et ses gens, qui se réunirent.
Mhm ! Mhm !
chant Moy woni Asta mo Kaaaadanaari ? chant Qui est Asta mo Kaadanaari ?
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer,
Mo gabbii kurantaa, Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdii ? Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Mhm ! Mhm !
Asta wi’i : Asta dit :
chant Min woni Asta mo Kaadanaari ! chant C’est moi qui suis Asta mo Kaadanaari !
Mo daɗɗaaree njamndi, Celle qui a un tapis de selle en fer,
Mo gabbii kurantaa, Celle que les hippopotames appellent [comme leur petit],
Mo geelooɗi mboyantaa, Après laquelle pleurent les dromadaires,
Mo illii talaaɗi Celle à l’étagère bien rangée
Mo ngari ceeeeki lesdi. Celle à qui l’on est venu fendre le sol ?
Asta wurtii nii noon, Dès qu’Asta [la fille du pauvre] sortit,
o waɗi hmm[7] ! [l’autre] fit hmm !
O tawi Asta ɓuri mo wooɗgo. Elle constata que [l’autre] Asta la surpassait en beauté.
(Rire) (Rire)
O maayi. Elle est morte.
Do’’ago tan. Tombée par terre !
(Rire) (Rire)
Asta ɓuri mo wooɗgo bana ɓe mbi’i noon. Asta la surpassait en beauté comme on le lui avait dit.
« Ayyee ɓii laafungel meere ɓurimmi wooɗgo. » « Et oui ! La fille du petit pauvre de rien du tout est plus belle que moi ! »
(Ɗoo kam na Alla hokkata kadi !) (Ça, c’est Dieu qui le donne !)
Takala mulus ! C’est fini !

[1] Commentaire d’une femme de l’assistance par rapport à la fin du conte précédent (Jaree), où la marâtre est finalement punie de sa méchanceté.

[2] Asta la fille de chef et sa suite.

[3] Dans le chant, certaines voyelles, longues ou brèves, sont doublées.

[4] Cette phrase et les suivantes sont un éloge en forme de devise.

[5] Hurango, « appeler [son petit] » pour une vache, en principe ; Noye 1989, p. 176.

[6] Un élément extérieur vient troubler la conteuse qui s’interrompt. Les membres de l’audience lui demandent de continuer.

[7] Exclamation faite en inspirant l’air.