Jaree – Deuxième version

Gorko oo, o duran na’i. Cet homme, il conduit les vaches au pâturage[1].
Yaadikko maako boo yehi nyeɗoygo, Sa marâtre est allée puiser de l’eau,
Na’am ! Na’am !
tawi mboɗga e mbeela. et elle a trouvé un gros serpent à la mare.
Mhm ! Mhm !
O dilli widdaago gaɗa wuumre nii ni, Dès qu’elle s’est rendue derrière un buisson[2],
yaadikko[3] kam wari hebbini fayannde kam loope, la marâtre[4] est venue remplir le canari[5] avec de la terre,
Mhm ! Mhm !
suy huywiti ndiyam. puis elle[6] l’a recouverte d’eau.
Hii ! Yaadikko wari haɓdi haɓdi, ɗum salii. Hii ! La marâtre est venue et elle a eu beau faire, elle n’est pas arrivée[7] [à mettre le pot sur sa tête].
« Ayyee, Alla am ! Heey ! « Oh mon Dieu !
Moy ni warata roondammi ? » Qui viendra me le charger sur la tête ? »
Suy, mboɗga goo wurtii, wi’i : « Mi roondete. Alors, le gros serpent est sorti et lui a dit : « Moi je vais te le charger.
To mi roondi ma, Si je te le charge,
ko ndokkataa yam ? » que me donneras-tu ? »
Mhm ! Mhm !
O wi’i : « – Woodi ɓinngel am ɗon wara ɗoo yarnugo na’i, wi’etee Jaree. Elle dit : « – J’ai un enfant qui vient abreuver les vaches ici, il s’appelle Jaree.
Mhm ! Mhm !
To a wi’i “Mo kaaki boɗeeji, Dès que tu dis “Celui aux vaches rouges,
Junngo maako taaraango buul- buuti, dont le bras est bandé avec un chiffon,
Labbe maako cilmaaɗe ceede” ni, o anndi. dont les lances sont ornées de cauris”, il comprend.
Mhm ! Mhm !
Ɗum kanko. C’est lui.
Mhm ! Mhm !
– Yoo ! Wooɗi ! » O roondi mo kanko kam o dilli. – Très bien ! » Il lui mit sa charge sur la tête et elle s’en alla.
Mhm ! Mhm !
Luurooji ngaddoyi hoore. Les troupeaux de bœufs apparurent.
Mboɗga wurtake joorake. Le gros serpent sortit et s’enroula sur lui-même.
chant Moy woni Jaree ? chant – Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I[8] labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Naa miin woni Jaree, – Ce n’est pas moi qui suis Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Ngorgi am woni Jaree, C’est mon ami qui est Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Oo kam yarni, dilli ! Celui-ci abreuva [son bétail] et s’en alla !
Oya boo waroyi ! Un autre arriva.
Mhm ! Mhm !
chant Moy woni Jaree ? chant – Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Ngorgi am woni Jaree, C’est mon ami qui est Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Oo boo yarni. Lui aussi abreuva [ses vaches].
Mhm ! Mhm !
Oya boo wari ! Un autre est arrivé !
chant Moy woni Jaree ? chant – Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Ngorgi am woni Jaree, – C’est mon ami qui est Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Oo boo yarni. Lui aussi a abreuvé [ses animaux].
Mhm ! Mhm !
Oo boo waroyi ! Un autre est arrivé !
chant Moy woni Jaree ? chant – Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Ngorgi am woni Jaree, – C’est mon ami qui est Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Oo boo yarni dilli. Lui aussi, il abreuva [ses vaches] et s’en alla.
Jaree waroyi ! Jaree est arrivé !
Mhm ! Mhm !
chant Moy woni Jaree ? chant Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Jaree faɗɗi na’i. Jaree fit stopper les bœufs.
chant Moy woni Jaree ? chant Qui est Jaree ?
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
I junngo maako taaraango buuti, yaroo yaroo ! Son bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
I labbe maako cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Ses lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
Mhm ! Mhm !
Jaree wii : Jaree dit :
chant Miin woni Jaree, chant C’est moi qui suis Jaree,
Jaree mo kaaki boɗeeji, yaroo yaroo ! Le Jaree aux vaches rouges, yaroo yaroo !
Junngo am boo taaraango buuti, yaroo yaroo ! Mon bras est bandé avec un chiffon, yaroo yaroo !
Li labbe am boo cilmaaɗe ceede, yaroo yaroo ! Mes lances sont ornées de cauris, yaroo yaroo !
« – A yarnataa ! « – Tu ne les abreuveras pas !
– Mi yarnan ! – Je les abreuverai !
– A yarnataa ! – Tu ne les abreuveras pas !
– Mi yarnan ! – Je les abreuverai !
(rire) (Rire)
– A yarnataa ! » – Tu ne les abreuveras pas ! »
Ɓe piisti haɓre, Ils ont commencé à se battre,
Mhm ! Mhm !
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Ɓe kaɓi. Bon ! Ils se sont battus.
« Ayyee ! Jaree iga kaɓannooɗen, « Voyons ! Jaree, il y a déjà pas mal de temps que nous nous battons !
Mhm ! Mhm !
tijja ! » Lève les yeux ! »
Jaree wi’i : « – Mi tijjataako ! Jaree dit : « – Je ne les lèverai pas !
Tijja aan oon ! » Lève les yeux toi-même ! »
O [mboɗga] tijjii. [Le serpent] leva les yeux.
Jaree fiirni mo daande jootii. Jaree lui fit sauter la tête, et elle se remit en place.
Ɓe puɗɗiti, ɓe kaɓi. Ils recommencèrent à se battre.
Mhm ! Mhm !
« Tijja ! » « Lève les yeux ! »
Jaree wi’i mo : Jaree lui dit :
« Mi tijjataako ! « Je ne les lèverai pas !
Tijja aan on ! Lève-les toi-même !
Daada maa danyri tijjii-tijjii! Ta mère t’a mis au monde en levant les yeux vers le ciel.
Miin kam, waalii-waalii. » Moi, [la mienne m’a mis au monde] couchée. »
(Rire) (Rire)
O tijjii kadi boo. [Le serpent] leva les yeux de nouveau.
Jaree fiirni mo daande jootii. Jaree lui fit sauter la tête, et elle se remit en place.
Tataɓre, Jaree fiirni nde do’’ii gaɗa mbeela. La troisième fois, Jaree la lui fit sauter et elle retomba de l’autre côté de la mare.
Mhm ! Mhm !
Mangariba boo waɗi, A la tombée de la nuit[9],
Jaree, na’i mum boo njari. Jaree, ses vaches aussi burent.
Jaree nanngi juuli, Jaree fit ses ablutions et pria,
ɓoli nga, hooƴi heŋre, il dépouilla [le serpent], prit son foie,
Mhm ! Mhm !
bee bumsungel, hoori. et ses petits poumons et les rapporta chez lui.
Yoo, yimɓeeji boo ɗonno ngaɗi faya ɗaɓɓitoygo. Bon, les gens s’étaient rassemblés pour aller à sa recherche.
Yaadikko boo : « Ayyee, Jaree wartaay hannde ! Quant à la marâtre [elle dit] : « Oh mon Dieu, Jaree n’est pas revenu aujourd’hui !
Alla anndi ko waɗanimmi Jaree am ! » Dieu sait ce qui est arrivé à mon cher Jaree ! »
Mhm ! Mhm !
(Ɓiira faasikiiwa) (Sale hypocrite[10] !)
(rire) (Rire)
Ɓe ngartoyi. Ils s’en revinrent.
« Yoo, aan Jaree, ko habar ? » « Ah, toi Jaree, que s’est-il passé ? »
Jaree wi’i : « Koo ɗume walaa, mi yaaraay… Jaree dit : « Rien de spécial, je n’ai pas conduit…
Mi yaalawaay yaraano. » Je ne suis pas allé de bonne heure à l’abreuvoir. »
Mhm ! Mhm !
Jam, Jaree kam o hokki ɗum nyiiri toon nyaama. Puis, Jaree, elle lui a donné de la nourriture et il mange.
Wi’i mo : « Ndaa kusel am keɓmi nge’el boo, wulanam ngel ! » Il lui dit : « Voici de la viande[11] que j’ai eue, grille-la-moi ! »
Mhm ! Mhm !
O wuli ngel, o timmini. Elle la grilla.
Jaree wi’i mo : « Mukka le aan boo ! » Jaree lui dit : « Mets-la dans ta bouche ! »
O hooƴi ngel, o mukki. Elle en prit et la mit dans sa bouche.
O hooƴi ngel, o mukki. Elle en [re]prit et la mit dans sa bouche.
Tataɓel, huunde wari falii haa ɗoo saalaaki. Le troisième morceau, alla se coincer là[12] et ne passa pas.
Mhm ! Mhm !
Yimɓeeji mooɓtake ; Les gens se sont rassemblés.
Week ! Sey guufndaale, week ! Week ! Rien que de la bave, week !
Jaree ɗon jooɗii ni laara ɓe, Jaree est assis et les regarde ;
safti ummii wi’i ɓe : « Ndaree na ! » il s’est levé finalement et leur a dit : « Arrêtez ! »
Laari lukkere jo’’ini ɓaawo hoɓɓudu ɗoo, Il décida de lui donner un coup de poing derrière la nuque,
ɗum fiitidi ɗum pat ! tout ça[13] sauta !
(Rire) (Rire)
O maayi, Elle est morte,
Haala waati. l’affaire est close.
Takkaande bojel ! Formule de clôture
(Rire) (Rire)

[1] C’est son métier, il est berger.

[2] Pour satisfaire un besoin naturel.

[3] La conteuse a fait un lapsus. Au lieu de yaadikko, lire mboɗga.

[4] La conteuse a fait un lapsus. Au lieu de marâtre, lire serpent.

[5] Le mot peul traduit ici par « canari » désigne une poterie de façon générique.

[6] C’est évidemment le serpent qui se livre à cette manœuvre, et pas la marâtre. La conteuse a commis un lapsus.

[7] Litt. : « cela a refusé ».

[8] « I » : variante probable de « e ».

[9] A l’heure de la prière de début de soirée.

[10] Commentaire d’une femme de l’assistance, fustigeant la duplicité de la marâtre.

[11] Jaree donne à la marâtre le foie et les poumons du serpent qu’il a tué.

[12] Geste de la conteuse qui montre sa gorge.

[13] « Tout ça » : à la fois le morceau de viande qui était coincé dans la gorge dela marâtre, et sa vie.