Tenngu / Le pou

Mhm ! Mhm !
Taalel taalel ! Petit conte, petit conte !
Mhm ! Mhm !
Gommbel gommbel ! Petite tige, petite tige !
Lukkere kap ! Un coup de poing kap !
caka ɓaawo daada ganyo ! au milieu du dos de la mère de l’ennemi !
Mhm ! Mhm !
(Rire) (Rire)
Kaay ! Kaay !
(Rire) (Rire)
Yoo ! Gorko remi ngesa. Bon ! Un homme cultivait un champ.
Tum o reman, Il cultivait tout le temps,
kuuje ɗon nyaamana mo. et les animaux le lui mangeaient.
Mhm ! Mhm !
Tum o reman, Il cultivait tout le temps,
kuuje ɗon nyaamana mo. et les animaux le lui mangeaient.
Sey[1] o yehi o wi’i mallumjo yoo : Puis il est allé dire au marabout :
Mhm ! Mhm !
« Miin kam, ngesa am heɓaay ƴaamnugo. « Moi, mon champ n’arrive pas à produire.
Mhm ! Mhm !
Kuuje ɗon mbonnanammi. » Les animaux sauvages me le ravagent. »
Mhm ! Mhm !
O wi’i : « Wooɗi ! » [Le marabout] dit : « Bien ! »
Mallum huuwi tenngu, Le marabout prépara magiquement[2] un pou,
hooƴi, wi’i mo : le prit et lui dit :
« Tenngu nguu, « Ce pou,
yaa waɗoyi ngu haa nder ngesa maa. va le mettre dans ton champ.
Annda no ngaarata ngu. » Réfléchis à la façon dont tu le mettras. »
Mhm ! Mhm !
O wi’i : « Wooɗi ! » [Le paysan] dit : « Bien ! »
Mhm ! Mhm !
O waɗi tenngu haa nder sammeere, Il mit le pou dans une panicule
o ɗon maandi nde. et la repère.
O saawi o waɗi. Il l’y enveloppe et l’y met.
Mhm ! Mhm !
Suy kuuje fuu ngara ndaroo haa ngesa goo haa nyaama. Puis tous les animaux viennent s’arrêter dans le champ pour manger.
Colli to ngari nduunake ni, Dès que les oiseaux arrivent tout près,
Mhm ! Mhm !
sey o[3] waɗa yoo : [le pou] dit :
chant Ngooynumi colli, kuukara ! chant J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Mhm ! Mhm !
Ngooynumi colli, kuukara ! J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Koo colli Borno boo kulatam ngesa, karlakuu ! Même les oiseaux du Borno ont peur de mon champ, karlakuu !
Koo sonndu. Pas le moindre oiseau !
Henndu ! [Il ne reste que] le vent !
Dilli ! C’est parti !
Mhm ! Mhm ! Mhm ! Mhm !
Bannii, kadboo, colli ngara ukkoo. De nouveau, les oiseaux viennent s’abattre [dans le champ].
Kadboo : De nouveau :
chant Ngooynumi colli, kuukara ! chant J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Ngooynumi colli, kuukara ! J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Koo colli Borno boo kulatam ngesa, karlakuu ! Même les oiseaux du Borno ont peur de mon champ, karlakuu !
Colli ndilla. Les oiseaux s’en vont.
Mhm ! Mhm !
Sey, yimɓe mbi’ata : Puis, les gens disent :
« E onon ɗume wolwata haa nder ngesa ɗoo kam ? » « Et vous autres ! Qu’est-ce qui parle dans ce champ ? »
Mhm ! Mhm !
O wi’i : « Mi anndaa miin kam. » [Le paysan] dit : « Je ne sais pas, moi ! »
Ɓe njehi ɓe ndaarii haa nder ngesa ɗoo pat, Ils sont allés voir dans tout le champ
ɓe tawaay kuuje ɗoo, sans trouver ces choses,
ɓe tawaay hunnde ndee. sans trouver cette chose[4].
Mhm ! Mhm !
To ɓe ndarake, ɓe nde’’itii, colli ngari ni, Quand ils s’arrêtent et qu’ils restent sans faire de bruit, dès que les oiseaux arrivent,
sey colel, tenngu waɗa : alors un oiseau[5]… le pou fait :
chant Ngooynumi colli, kuukara ! chant J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Mhm ! Mhm !
Ngooynumi colli, kuukara ! J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Koo colli Borno boo kulatam ngesa, karlakuu ! Même les oiseaux du Borno ont peur de mon champ, karlakuu !
Mhm ! Mhm !
Sey, ngesa ɓenndi. Puis, le champ a mûri.
Mhm ! Mhm !
O wari mooɓtugo ngesa. [Le paysan] est venu ramasser la récolte.
Ɓe mbii mo yoo : [Les autres gens] lui disent :
« A mooɓtataa ngesa ; « Tu ne feras pas la récolte de ton champ ;
sey mooɓten bee amin haa min ndaara ko ngaɗɗaa toon. » il faut que nous récoltions ensemble pour que nous voyions ce que tu y as mis. »
Mhm ! Mhm !
Bannii man ni o hiili ɓe, o hooci tenngu goo. De cette façon, il les a bernés et a pris le pou.
Mhm ! Mhm !
Ɓe mooɓti ngesa, Ils ont récolté le champ
Mhm ! Mhm !
ɓe piyi gawri. et ont battu le sorgho.
Mhm ! Mhm !
Her ɓe ngaɗta nii nii goo nii, o waati tenngu nder gawri fahin. A un moment où ils faisaient autre chose[6], il a mis le pou dans le sorgho.
Mhm ! Mhm !
Ɓe njoori gawri, ɓe njo’’ini jonta kam haa ɓe keɗoo fahin. Ils mirent le sorgho en tas et le déposèrent pour écouter de nouveau.
Mhm ! Mhm !
Colli ngari haa nyaama : Les oiseaux vinrent pour manger :
chant Ngooynumi colli, kuukara ! chant J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Ngooynumi colli, kuukara ! J’ai fait une annonce aux oiseaux, kuukara !
Koo colli Borno boo kulatam ngesa, karla kuu ! Même les oiseaux du Borno ont peur de mon champ, karlakuu !
Mhm ! Mhm !
Yimɓe goo fuu ummii ndoggi. Les gens prirent tous la fuite.
Ɓe mbii : « War hoocu gawri maa, min ngiɗaa ! » Ils dirent : « Viens prendre ton sorgho, nous n’en voulons pas ! »
(Rire) (Rire)
Yoo ! Bon !
« Alla anndi ko woni haa ton. » « Dieu sait ce qu’il y a là-dedans ! »
Takala mulus ! C’est fini !
Takkaande bojel ! Formule de clôture.
Mhm ! Mhm !

[1] La conteuse utilise presque systématiquement la variante sey pour suy.

[2] Litt. : travailla. Fait référence aux opérations magiques que réalisent les « charlatans » ou marabouts dévoyés.

[3] Erreur sur le pronom de reprise qui devrait être ngu.

[4] La conteuse se reprend après avoir fait une petite erreur.

[5] Lapsus de la conteuse qui se reprend aussitôt.

[6] Le paysans profite d’un moment d’inattention des villageois.