Waandu, jiire bee debbo / Le singe, l’écureuil et la femme

 

Waandu muuyi debbo, Le singe faisait la cour à une femme,
muuydi bee jiire. il courtisait la même femme que l’écureuil.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Muuydi bee jiire goo, Bien ! Comme il courtisait la même femme que l’écureuil,
(… sey cakkinaa na  ?) (… es-tu obligée de le jeter[1] ?)
debbo wi’i : – Sey ngaddanaa yam leeɓol, la femme dit : – Il faut que tu m’apportes du beurre,
Mhm ! Mhm !
leeɓi sappo, dix boulettes de beurre,
Mhm ! Mhm !
ngaddanaami gonɗi mbarooga, que tu m’apportes des larmes de lion,
ngaddanaami kosam mbana. et que tu m’apportes du lait de bufflesse.
Mhm ! Mhm !
– Yoo ! Wooɗi ! – Bien ! D’accord !
– To on keɓi ɗum ni, ngaddanon yam. – Dès que vous aurez ça, apportez-le-moi.
Gadduɗo fuu, kanyum ɓaŋatammi. Quel que soit celui qui me l’apporte, c’est lui qui m’épousera.
Mhm ! Mhm !
– Yoo ! Wooɗi ! – Bien ! D’accord !
Sil[2] jonta kam, waandu yehi ɗaɓɓi, Puis, alors, le singe est allé chercher,
Mhm ! Mhm !
tawi, heɓi, tawi si- sippooɓe ɗon… trouver, avoir, trouver[3]… il y a des vendeuses de lait…
Koo ! Jiire, Même ! L’écureuil[4],
Mhm ! Mhm !
jiire yehi heɓ- fotti bee sippooɓe. l’écureuil est allé rencontrer des vendeuses de lait.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Fotti bee sippooɓe goo, Bon ! Quand il a rencontré les vendeuses de lait,
yehi leesta waaloo her toy fuu siŋŋinoo[5]. il a avancé et s’est couché brusquement les pattes en l’air ici et là[6].
Kadboo, to ɓe caalake, A nouveau, quand elles sont passées,
kadboo dogga yaha aritoo, il s’enfuit encore pour aller se placer devant,
leesta waaloo siŋŋinoo. et il se couche brusquement les pattes en l’air.
Kadboo, to ɓe caalake, A nouveau, quand elles sont passées,
kadboo dogga yaha aritoo, il s’enfuit encore pour aller se placer devant,
leesta waaloo siŋŋinoo. et il se couche brusquement les pattes en l’air.
Sippooɓe goo, ɓe mbii : Les vendeuses, elles ont dit :
– Jonta ji- ji’e tati tawɗen ɗee kam… – Maintenant les trois écureuils que nous avons trouvés…
Debbo goo wi’ata : L’une de ces femmes dit :
– Miin kam, to mi… to mi ɗonno hooca daga laawol too kam, – Moi, si j’avais pris [ces écureuils] depuis là-bas en route,
na haako am wooɗino ! ma sauce aurait vraiment été bonne !
Ndikka mi jo’’ina fenndirde am, Mieux vaut que je dépose ma calebasse à lait baratté
mi yaha mi hooca jiire, et que j’aille prendre l’écureuil,
jiire daga ndeya too ni, haa mi hawta tati fuu. depuis celui-là là-bas, jusqu’à ce que j’aie les trois.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Wooɗi ! Bon ! D’accord !
O yehi suɓtoygo jiire goo, o dilli. Elle alla pour récupérer l’écureuil en question, et elle s’en alla.
Jiire ndeya goo ummake, Cet écureuil en question était parti,
Mhm ! Mhm !
o tawaay haa too. et elle ne le trouva pas là.
Nde o ɗalno jaka nde, kaay ! Or, celui qu’elle avait laissé, kaay !
nde woore noon nde waɗta ɗum. c’était lui seul qui faisait tout ça.
Mhm ! Mhm !
Jiire maɓɓiti fenndirde, hooci leeɓi sappo, L’écureuil souleva le couvercle de la calebasse de lait baratté et y prit dix boulettes de beurre,
Mhm ! Mhm !
saawi doggi dilli. les emballa et s’enfuit en courant.
O widdake, o widdake o tawaay. Elle a fait le tour et le tour sans le trouver.
O hooci kosam cookam o dilli. Elle a pris son lait qui ne contenait plus de beurre[7] et elle s’en est allée.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Wooɗi ! Bon ! Bien !
Yehi tawi mbarooga ɗon darii. [L’écureuil] est allé trouver le lion[8].
Mhm ! Mhm !
Tak ! Huɓɓi yiite, taarni mbarooga. Aussitôt, il alluma un feu qui encercla le lion.
Ladde fuu yiite ɗon jaɓa. La brousse entière prend feu[9].
Mhm ! Mhm !
Mbarooga : – E ɗume waɗi bannii ɗoo ? Le lion [dit] : – Qu’est-ce qui se passe comme ça ?
– A’a, lad- hannde kam, na albalaaji ɗon njippoo noon. – Pas de souci ! La br-, aujourd’hui, ce n’est rien d’autre qu’une catastrophe naturelle.
Mhm ! Mhm !
Mbarooga jooɗi ɗon woya. Le lion se mit à pleurer.
O sakkini korel les mbarooga, [L’écureuil] jeta une petite louche sous le lion,
o hooci gonɗi. et recueillit [ses] larmes.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Bon !
O yehi o tawi mbana ɗon darii. Il alla trouver la bufflesse.
– Mbana, miin kam, a anndaa jonta ɗoo ko ngaɗanmi. – Bufflesse, moi, tu ignores actuellement ce que je fais.
– Ko waɗi ? – Que se passe-t-il ?
Lekki ɗon kecci. Il y a un arbre vert.
– Miin wi’etee gorgel wura wurta wurde maɓɓoo ! – C’est moi qu’on appelle le petit homme qui passe au travers, qui ressort, et le trou se ferme
(Rire) Rire)
Piiiiiiwww ! Taaroo gal gaɗa lekki nii, Piiwww ! Il passe de l’autre côté de l’arbre,
wara daroo gal yeeso mbana goo. et vient se planter devant la bufflesse.
Mhm ! Mhm !
– Na a giiɗo, kuugal am a waawan bannii na, waaye ? – Tu as vu ? Tu peux faire comme moi, ma chère ?
– A’a, mi waawataa bannii ɗoo kam, haa mi laara le ! – Non, je ne peux pas faire comme ça, je vais voir [si j’y arrive] !
Mhm ! Mhm !
Yoo ! O waɗi ɗum nde tati. Bon ! [L’écureuil] a fait ça trois fois.
Yoo ! Mbana goo ummii[10] bir ! bir ! bir ! Bon ! La bufflesse s’est levée bir ! bir ! bir !
yehi hakni luwe mum her lekki goo. et elle est allée coincer ses cornes dans l’arbre.
Mhm ! Mhm !
Kap ! Luwe ɗisake haa lekki. Kap ! Les cornes se sont plantées dans l’arbre.
– Yoo ! E noy ? – Bon ! Et maintenant ? [demande la bufflesse].
– A’a ! Na a laari haala man wurtataako. – Il n’y a pas de problème ! Tu vois bien que l’affaire[11] ne peut pas sortir.
Ndeen kam, muny, haa mi ɓira kosam, mi soofnane haa toon ni, Par conséquent, patiente pour que je te traie, que j’humidifie l’endroit[12],
suy ɗum wurtoto. et ça sortira.
Mhm ! Mhm !
– Wooɗi ! – D’accord !
Ɓiri kosam goo, Quand il eut trait le lait,
– Aan anndi, to a waatan, to a daroto. – Tant pis pour toi, tu n’as qu’à crever ou à survivre.
(Rire) (Rire)
Hooci kosam mum, Il prit son lait,
gonɗi mbarooga, les larmes de lion,
hooci leeɓol mum, hawti. il prit son beurre et mit [tout] ensemble.
Mhm ! Mhm !
Jiire goo, L’écureuil,
Mhm ! Mhm !
yoo ! yehi. bon ! il s’en est allé.
Sey waandu wi’i : – Wooɗi walaa ayiibe ! Puis, le singe a dit : – Bien ! Il n’y a pas de problème !
Mbiiɗaa a aarti yam haa ɓaŋa debbo man ? Tu as dit que tu m’as devancé pour épouser cette femme ?
Haa mi yi’a no ɓaŋruɗaa mo kadi. Je vais donc voir comment tu vas l’épouser.
Mhm ! Mhm !
Hooƴi jogake kucce bee biriiji, Il a pris en mains des morceaux de pulpe de calebasse et des arachides,
Mhm ! Mhm !
ɗon wallina, wallina, wallina dow laawol haa dilli daayiɗum, les a posés un peu partout sur la route sur une longue distance,
suy yehi nyukkake nder geene, darake. puis il est allé se cacher dans les herbes sèches.
Mhm ! Mhm !
Jiire yehi, yehi, yehi, L’écureuil, après avoir marché un bon moment,
tawi biriiji, ndaa kucce. a trouvé les arachides et les morceaux de pulpe de calebasse.
Mhm ! Mhm !
– Jonta weelo ngo ngonduɗaa ngoo, – Maintenant, avec la faim que tu as,
to a ɗon ƴakka, suɓta kuuje ɗee daga too, ƴakkano, si tu avais mangé, si tu avais pris ces choses depuis là-bas et que tu les avais mangées,
na a heɓino a haari no, aka ɗum. tu serais rassasié, au moins.
Mhm ! Mhm !
Yehi loowi kuuje siga mum goo nder ɓolol. Il est allé fourrer dans une fente du sol les choses qu’il gardait [pour la dot].
Mhm ! Mhm !
– Haa mi sigoo mi yaha mi ƴakka ko tawmi her laawol ɗoo, – Je vais les mettre de côté et aller manger ce que j’ai trouvé en route,
mi loroo mi hooca leeɓi am. et je reviendrai prendre mes boulettes de beurre.
Mhm ! Mhm !
Dilli ɗon ƴakka. Il est allé manger.
Waandu hooci kuuje yehi ɓaŋi debbo. Le singe a pris les choses et est allé épouser la femme.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Wooɗi ! Bon ! Bien !
Ɗum jooɗake, ƴakki timmini, lorake wari tawi… Au bout d’un moment, [l’écureuil] a fin de manger et il est revenu trouver…
– Ooho ! Booɗɗum ! – Oui ! Bien !
Na waandu waɗi yam iranta kuugal bannii… Wooɗi ! C’est bien le singe qui m’a joué ce genre de tour… Bien !
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Jonta kam, yehi taarake kuuje fuu, Bon ! Alors, il a fait le tour de toutes les possibilités
laatake mallumjo jonta kam. et il s’est fait marabout.
Mhm ! Mhm !
Goɗɗo feere noon, [Sous l’aspect d’] une autre personne,
Mhm ! Mhm !
silminake haa saare waandu : il s’est annoncé chez le singe :
Mhm ! Mhm !
– Salaamaleekum ! Salaamaleekum !
– War ga’e ! War ga’e mallumjo ! – Approchez ! Approchez, malloum !
A jaɓɓaama, a jaɓɓaama ! Soyez le bienvenu, soyez le bienvenu !
Mhm ! Mhm !
Yoo ! O jooɗake. Bon ! [Le faux marabout] s’est installé.
Ɓe ndokki mo suudu. On lui donna une case.
Mhm ! Mhm !
O huuwanan yimɓe fuu, mallumjo. Il exerce pour tout le monde, le marabout.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Fotaaka, ɓe ɗon njooɗii, Bon ! Il se trouve qu’ils vivent [ensemble],
debbo ɗon defa, ɓe ɗon nyaama, aan kam. la femme fait la cuisine, ils mangent, n’est-ce pas, vous autres[13] ?
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Haa nyalde feere, Bon ! Jusqu’à un beau jour
debbo dilli ndiyam nyeɗoygo. où la femme est allée puiser de l’eau[14].
Mhm ! Mhm !
Suy o wari, fayannde ɗon fata. Alors [le marabout] est arrivé, la marmite bouillonnait.
– Ndiyam timmi her loonde haa mi yaha mi nyeɗa mi wara. – Il n’y a plus d’eau dans la jarre, il faut que j’aille en chercher.
Mhm ! Mhm !
O dilli nyeɗoygo goo, Une fois qu’elle est allée puiser de l’eau,
o wari o ɓadii nii haa fayannde goo. [le marabout] s’est approché de la marmite.
Mhm ! Mhm !
Suy o wi’ata yoo Puis il dit,
fayannde ɗon fata goo, la marmite qui bouillonnait,
o wi’ata fayannde goo ɗon huɗa waandu. il dit que cette marmite était en train d’insulter le singe.
Hmm ! Hmm !
– Ayyee ! Waandu ! Ayyee ! – Oh là là ! Singe ! Oh là là !
Jonta debbo maa waɗa kuugal bannii ? Maintenant ta femme fait des choses comme ça ?
– E ɗume waɗi ? – De quoi s’agit-il ?
Mhm ! Mhm !
– Hii ! A nanaay fayannde ndee wi’ata : Hii ! Tu n’a pas entendu la marmite dire :
Waaye waandu, baamma na ? L’amie du singe, [le sexe de] ton père[15] !
Waaye waandu, baamma na ? L’amie du singe, [le sexe de] ton père !
(Rire) (Rire)
– Heey ? Heey !
– Hii ! War le heɗa ndaaraa. Hii ! Viens donc écouter voir !
Waandu waɗi nii ni, Dès que le singe a fait comme ça[16],
o nanngi kosɗe, o yolli nder fayannde. [le marabout] l’a pris par les pattes et l’a fait tomber dans la marmite.
Huuu ! Huuu !
Waandu ɓenndi. Le singe est cuit.
O lalli law, o ɓaari sera suudu. [Le marabout] l’a rincé rapidement et l’a adossé au mur de la case.
Yoo ! goɗ- debbo, toon jannga kanko kam. Bon ! Quelqu’un… la femme[17]… [le marabout] là-bas, lui il lit [le Coran].
– Iii, debbo soobaajo kam, Iii, la femme d’un ami,
to soobaajo maayi kam, quand l’ami meurt,
debbo, soobaajo ni hoocata ! la femme, c’est [son] ami qui la prend !
(Rire) (Rire)
Iii, mene-mene, kuddere, kuu ! Iii, mene-mene, kuddere, kuu[18] !
Debbo soobaajo kam, La femme de l’ami,
to soobaajo maayi kam, si l’ami meurt,
soobaajo ni hoocata. c’est [son] ami qui la prend.
Mene-mene puu ! Mene-mene puu !
O ɗon jannga kanko. Lui, il est en train de lire [le Coran].
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Debbo warti, Bon ! La femme est revenue
meemi gorko goo : et elle a touché [son] mari :
– Roontam le, na ɗum teddiraama, roontam ! – Décharge-moi[19], [le canari] est vraiment très lourd, décharge-moi !
Debbo[20] do’’ake kurup ! [Le singe[21]] est tombé kurup !
– Wayyoo ! Wayyoo ! Wayyoo ! – Ô mon Dieu[22] ! Ô mon Dieu ! Ô mon Dieu !
Gorko am maayi ! Mon mari est mort !
Mhm ! Mhm !
Hii, mallum war ! Hii !, malloum, viens !
O ɗon jannga kanko ba o nanaay. Il lit, lui, comme s’il n’avait pas entendu.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Haa iii o safti o nani noon. Bon ! Il a quand même fini par entendre.
Debbo ɗon woya. La femme pleurait.
– Hii ! M’mhm ! Kaay ! Eee Jurumɗum ! Hii ! M’mhm ! Kaay ! Comme c’est triste ! [dit le marabout].
Kayya ! Nii na, nii na ! Comment est-ce possible ! Etc., etc.
Mhm ! Mhm !
Ɓe ngari ɓe mooɓti ɓe uwi waandu. On s’est réuni pour enterrer le singe.
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Haala saalake. Bon ! L’affaire est classée.
O wi’i sey, o wi’i debbo : [Le marabout] dit, il dit à la femme :
– To a yahan haa ɓaŋeeɗaa ɗoo, sey ndaarnoyaa ! – Si tu vas te marier, il faut que tu ailles te faire faire une consultation magique !
Mhm ! Mhm !
Taata goɗɗo noon ɓaŋe a anndaa sam ɗoo. Il ne faut pas que n’importe qui t’épouse comme ça sans que tu saches de quoi il retourne.
Mhm ! Mhm ! Mhm ! Mhm !
A naastoyan her kalluɗo. Tu entrerais chez une mauvaise personne.
– Too, wooɗi ! – Bon, bien !
Jonta kam, mallumjo ɗon haa wuro waanciiwo too, njahaa toon. En ce moment, il y a un marabout dans tel village, vas-y !
Mallumjo man o laarante. Ce marabout fera la divination pour toi.
Mhm ! Mhm !
Debbo taaskake jonta kam, waɗi anniya dillan. La femme se prépara alors et décida d’y aller.
O huurti[23] kuuje goo, o taarake goɗɗum feere, [L’écureuil-marabout] se débarrassa de son accoutrement et s’habilla différemment,
o dilli o jooɗoyake haa toon. et il partit s’installer là-bas.
Mhm ! Mhm !
O ton[24] jannga ; o ton jannga kadi : Il est en train de lire ; il est en train de lire :
Debbo soobaajo kam, La femme d’un ami,
to soobaajo maayi kam, quand l’ami meurt,
soobaajo ni hoocata mo, mm ! c’est son ami qui la prend, hum !
Debbo soobaajo kam, La femme d’un ami,
to soobaajo maayi kam, si l’ami meurt,
soobaajo ni hoocata mo, mm ! c’est son ami qui la prend, hum !
Debbo wari yottake. La femme est arrivée.
Yoo ! O jooɗake, ɓe caanindiri. Bon ! Elle s’assoit et ils se saluent.
O wi’i mo yoo : – Gorko am maayino… Elle lui dit : – Mon mari est mort…
– Yoo ! Aan kam, mal Waandu ɓaŋete na ? – Bon ! Toi, c’est mal Waandu[25] qui était ton mari[26] ?
– Ooho ! – Oui !
– Yoo wooɗi ! – Très bien !
Woodi mallumjo wi’etee Jiire, ɗon saare mon toon na ? Y a-t-il un marabout qui s’appelle Jiire[27] qui habite chez vous ?
O wi’i : – Ooho ! Elle dit : – Oui !
O wi’i : – To a naastaay mo fuu, Il dit : – Si tu ne l’épouses pas,
nde hannde ndee yaaltataa ma. tu ne survivras pas une semaine[28].
Mhm ! Mhm !
O wi’i yoo : – Wooɗi, walaa ayiibe ! Elle dit : – Bien, il n’y a pas de problème !
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Debbo goo, o hokkata… hokki mo ko hokkata mo, Bon ! La femme, elle donne … lui donna ce qu’elle devait lui donner[29]
ummake huucugo. et elle rentra chez elle.
Hiddee huuca, tawti mo saare. Elle était à peine rentrée chez elle[30] qu’elle y retrouva [l’écureuil-marabout].
Mhm ! Mhm !
Yoo ! Debbo huuci. Bon ! La femme est rentrée chez elle.
– Yoo ! Noy mbiiɗaa… noy mbiiduɗon ? – Bien ! Que dis-tu… que vous êtes-vous dit ?
– A’a ! Ndaa ko o wi’i. Miin kam, mallum am, o wi’i – Rien de spécial. Voici ce qu’il a dit. Moi, mon cher malloum, il a dit
to a ɓaŋaay am fuu, nde hannde… que si tu ne m’épouses pas, d’ici une semaine…
– A’a’a’a ! Ɗum soobaajo am ni, – Voyons, voyons ! Comme il s’agit de mon ami,
Alla haɗanam, nii nii, nii ! que Dieu m’en empêche, etc., etc., etc. !
Yoo ! Bon !
Yimɓe ngari kawti. Les gens se réunirent.
O ɓaŋi debbo. Il épousa la femme.
Takala mulus ! Formule de clôture.
Takkaande bojel ! Formule de clôture.

[1] Une femme de l’assistance dit cela peut-être à l’intention d’un enfant.

[2] Sil : équivalent de sey/suy.

[3] La conteuse s’embrouille un peu.

[4] La conteuse se rend compte qu’elle a parlé du singe, alors qu’il s’agissait de l’écureuil. Elle se reprend donc.

[5] Siŋŋinaago : être couché sur le dos, pattes écartées.

[6] L’écureuil se couche ici en faisant le mort, puis il se relève pour aller se coucher plus loin, et ainsi de suite, pour donner aux femmes l’impression qu’il y a plein d’écureuils morts dans le coin.

[7] Litt. : « son lait vide ».

[8] Litt. : « est allé trouver le lion [qui] était debout ».

[9] Litt. : « Toute la brousse le feu la prend. »

[10]. Finale de la voix active. On aurait normalement ummake.

[11] L’affaire en question, ce sont les cornes de la bufflesse.

[12] L’écureuil fait croire à la bufflesse qu’avec son lait, il va attendrir le bois de l’arbre pour que les cornes qui y sont plantées puissent sortir.

[13]. La conteuse prend à témoin une personne de l’assistance, i. e. toute l’assistance.

[14] Litt. : « est allée à l’eau pour aller puiser ».

[15] Grave insulte mettant en cause le père.

[16] Geste de la conteuse qui imite le mouvement du singe qui se penche vers la marmite.

[17] Hésitations de la conteuse.

[18] L’écureuil déguisé en marabout profère des mots dénués de sens qui sont censés être des versets coraniques.

[19] La femme porte sur la tête un canari d’eau et demande au singe de l’aider à le descendre.

[20] Lapsus de la conteuse pour waandu do’’ake.

[21] Lapsus de la conteuse pour « le singe [mort] ».

[22] Le texte original ne fait pas référence à Dieu. C’est seulement un cri de détresse.

[23] Le verbe huurtugo s’applique généralement à une case et signifie alors « enlever la paille de la toiture » (Noye 1989, p. 176).

[24] Variante pour ɗon.

[25] Mal : titre donné à un marabout. Waandu : Singe.

[26] Litt. : « qui t’épouse ».

[27] Jiire : Ecureuil.

[28] Litt. : « le jour [où nous sommes] prochain ne te trouvera pas ».

[29] Au titre de la consultation.

[30] Litt. « Avant qu’elle rentre, [elle] l’a retrouvé dans sa concesssion ».