Jammooje na’i – Allaay Jallo mo Konsa / Éloges aux bovins – Allâye Diallo de Konsa

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Notice du corpus
  Langue :
Peul
, fulfulde maasinankoore
  Catégorie(s) : Corpus, Peul
  Mode d’énonciation : Oral   Mots-clés : berger, bovins, concurrence entre bergers, contexte, jammooje na'i, oralité, panégyrique, performance, poésie, poésie pastorale, transcription, transhumance, versification, éloges aux bovins
  Par :
  Contributeurs :
  • Christiane SEYDOU (Collecteur, Rédacteur de la notice, Traducteur, Transcripteur)
  • Almâmi Malîki YATTARA (Transcripteur)
  •  Description :

    Poésie pastorale Poème composé par le jeune berger dans la solitude de la transhumance pour être déclamé en public uniquement lors des fêtes pastorales annuelles comprenant défilé des troupeaux et concours des plus belles bêtes ; chaque berger y fait montre de son savoir faire pastoral et de son talent poétique en clamant son œuvre tandis que défilent ses bêtes. Une fois adulte et marié, il abandonnera transhumance et poésie. Cette performance apparaît comme un exercice culturel associant les deux compétences constitutives de l’identité idéale peule : élevage et langue. Les caractéristiques de ce « genre » poétique reposent essentiellement sur les jeux phoniques ; le sujet, commun à tous, est sans surprise : la longue marche du troupeau en quête d’herbe et d’eau, l’environnement traversé, la description des bêtes… toute la recherche porte sur la musique des mots avec, outre toutes les figures de style y répondant, un souci permanent : créer une combinaison d’allité-rations dont se dégage une allitération dominante qui cède peu à peu à une autre, par un jeu de tuilage, de façon que l’enchaînement des syllabes crée une impression de continuum ininterrompu ; impression auditive qui fait écho à l’impression visuelle, chaque mot pouvant par ses phonèmes en générer d’autres proches et différents, tout comme chaque vache suivie de son petit, offre une palette de couleurs et de taches à la fois proches et différentes. Ce poème compte 766 vers (brefs pour la majorité). L’auteur se situe d’emblée dans la compétition du degal, en brocardant ses rivaux et en louant de façon souvent amphibologique l’une ou l’autre de ses bêtes (ou lui-même) ; la pratique de l’allusion et du sous-entendu rend souvent la traduction peu claire.

      Sources :

    Enregistrement effectué à Oummere : hameau près de Konsa, lors du degal de Wouro-Dialloubé (fête de retour de transhumance), le 14 / 02 / 1973.

      Couverture spatio-temporelle :

    Récitation sur un rythme combinant ressources respiratoire et intonatoire, pendant que le troupeau défile devant les villageois attroupés et devant un jury qui prime le plus beau troupeau.
    L’enregistrement dans ces conditions étant impossible et le berger n’ayant pas alors le temps de déclamer la totalité de son poème, il a été effectué à la veillée précédant la fête, alors que l’auteur s’exerçait en une ultime répétition devant ses camarades.

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      Rédaction de la notice :