Kaayi deede – Sunna Bonto / Récit d’ancêtre – Sounna Bonto

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Notice du corpus
  Langue :
Zarma
, Parler zarma du Zarmataray , Songhai
  Catégorie(s) : Corpus, Zarma
  Mode d’énonciation : Oral   Mots-clés : Liboré, contexte, griot, griot généalogiste, griot historien, jasare, mariage, performance, récit, récit d’ancêtres, transcription, énonciateur
  Par :
  Contributeurs :
  • Sandra BORNAND (Collecteur, Rédacteur de la notice, Traducteur, Transcripteur)
  •  Description :

    Djéliba profite du mariage d’Abdoulhaliou Adamou pour lui raconter un récit d’ancêtre (kaayi deede), celui de Sounna Bonto, car celui-ci est un petit-fils direct du héros du récit. Il lui rappelle (ainsi qu’à ses frères et cousins qui constituent la majorité de l’auditoire) quelles sont les valeurs du clan et le prépare à assumer un rôle toujours plus important dans la famille et la société en général : étant fils de chef, il peut revendiquer la fonction de chef de canton lors d’une élection prochaine. En outre, en se mariant, il change de statut social : il n’est désormais plus un jeune homme. Ce récit est composé de deux épisodes principaux, de généalogies simples ou accompagnées de résumés élogieux. Le narrateur commence par louer la génération qui précède celle à laquelle il s’adresse. Puis, il remonte à Sounna Bonto, le grand-père du destinataire principal. Djéliba raconte alors l’événement qui mena les villageois de Liboré Zarma à émigrer, sous la conduite de Sounna Bonto, à Tonkobangou (vers 1946-1947), un village situé à environ sept kilomètres du précédent : le petit frère de Sounna Bonto veut épouser la nièce du chef de canton. Celui-ci refuse et la marie à un homme de Ndounga. Pour venger l’honneur de sa famille, Sounna Bonto décide alors de quitter le village du chef. Il est suivi par la plupart des villageois de Liboré Zarma. De fil en aiguille, le narrateur remonte à l’ancêtre premier des aristocrates zarma, Mali Béro (XVIe siècle). Il raconte alors l’événement qui mena ces derniers à quitter la mare de Mallé où ils étaient installés pour se rendre dans le Zarmaganda et le Zarmataray : suite aux moqueries incessantes des Touaregs, Mali Bero décide de venger l’honneur des Zarma. Accompagné de ses compagnons d’âge, il tue tous les Touaregs qui sont venus à la mare. Après cette bataille, les Zarma doivent quitter Mallé. Le narrateur termine son récit par l’énumération de la descendance de Mali Bero et des chefferies zarma. L’intérêt de cette narration réside dans le fait que Djéliba « greffe » sur l’épisode de Sounna Bonto le « mythe » de Mali Béro. Ainsi, dans ce récit d’ancêtre, on a deux épisodes qui n’appartiennent pas au même registre : d’une part, nous avons un récit très particulier, lié à la famille, que seuls les jasare de la région connaissent : d’autre part, un récit que l’on peut qualifier de « classique», qui a déjà été constitué et qui est connu d’autres jasare zarma. La transcription ayant été réalisée avant le1e premier article de l’arrêté n°2015 du 19 octobre 1999, le /ɲ/ n’a pas été utilisé. Mais le /ny/.

      Sources :

    Enregistrement fait à Niamey au cours du mariage d’Aboulhayou Adamou, aristocrate originaire de Liboré, le 23 janvier 1999, dans l’après-midi, au moment où le jeune marié est chez un proche (ici un de ses frères classificatoires, Mahamadou Adamou) entouré des ses amis, de sa famille. La jeune mariée est quant à elle chez ses parents, entourée elle aussi de ses proches. Le jasare – qui est lui aussi du canton de Liboré – est particulièrement attaché à la famille des descendants de Sounna Bonto.

      Couverture spatio-temporelle :

    Récit raconté par Djibo Badjé dit « Djéliba » lors du mariage d’Aboulhayou Adamou, aristocrate originaire de Liboré, le 23 janvier 1999.
    La transcription ayant été faite en 1999, elle ne prend pas en compte les modifications de transcriptions (ny est aujourd’hui devenu ɲ notamment…) et le traduction est une traduction de travail.

      Droits : Les droits exclusifs de propriété intellectuelle sur cette œuvre appartiennent à Djibo Badjé & Sandra Bornand (pour la version audio) Sandra Bornand et Karthala (pour la publication). Toute exploitation de cette œuvre est soumise à leur autorisation.
      Rédaction de la notice :