Leili Anvar: « Tu poseras tes lèvres sur les nôtres » : érotique de l’inspiration dans l’œuvre de Rûmi»

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Notice du corpus
  Langue :
  Catégorie(s) : Journée d'étude sur l'inspiration, Journées d'études, conférences
  Mode d’énonciation : Oral   Mots-clés : L'inspiration au prisme des vies de poètes, Rûmi, littérature mystique, littérature persane, poète, poésie, poésie religieuse, sacré
  Par :
  Contributeurs :
  • Cultures, langues, textes (CLT- UPS2259) (Preneur d'images, Preneur de son)
  • Sandra BORNAND (Coordinateur, Rédacteur de la notice)
  • Amalia DRAGANI (Coordinateur)
  •  Description :

    Tu poseras tes lèvres sur les nôtre, sans lèvres Et tu avoueras que nous avons la même langue (Rûmi, Ode 1552) La question de l’inspiration se pose de manière particulièrement aigüe en littérature mystique persane car de la source de l’inspiration dépend la validité et la valeur du texte poétique. En effet, à partir de l’éclosion de la poésie d’inspiration spirituelle au XIIè siècle, les poètes ont ressenti le besoin de justifier leur démarche en se démarquant de la poésie de cour et en opposant radicalement la nature sacrée de leurs œuvres à la légèreté profane du panégyrique, la vérité au mensonge, le Verbe à l’ornementation verbale, l’amour mystique aux amours éphémères. En effet, la composition poétique est, chez les mystiques, indissociable de l’expérience de l’amour car le Bien-aimé divin dans toutes ses manifestations est la source d’inspiration unique du poème. C’est ainsi que le souffle de l’inspiration est assimilé au souffle divin insufflé dans l’argile d’Adam, geste réactivé dans les métaphores érotiques du baiser, du chuchotement amoureux, de la caresse, de l’union charnelle, de l’extase parfumée. La poésie devient le lieu où se joue le jeu de l’amour et du Verbe entre l’Aimé et l’amant. Parmi les poètes dits « mystiques », le cas de Djalâl al-dîn Rûmi (1207-1273) est particulièrement digne d’intérêt pour comprendre la nature d’une poésie présentée comme inspirée par le Divin lui-même. En effet, Rûmi n’aura de cesse de se présenter comme le « silencieux bavard » à travers qui s’exprime la voix théophanique. Poète devenu flûte de roseau vidée d’elle-même, manifestant la voix de l’Aimé divin et enflammant le monde de la flamme de l’Amour. C’est ainsi que son œuvre sera considérée comme le « Coran en persan », élevant la poésie persane au rang de Verbe sacré.

      Sources :

    Vidéo de la communication de Leili Anvar à la journée d'études : "L’inspiration au prisme des vies de poètes" organisée par Sandra Bornand et Amalia Dragani

      Couverture spatio-temporelle :

    Paris, Institut National d'Histoire de l'Art (INHA), 6 novembre 2014

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      Rédaction de la notice :