Ny Lisy tapaka / Le Lys coupé

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Notice du corpus
  Langue :
  Catégorie(s) : Corpus, Malgache
  Mode d’énonciation : Ecrit   Mots-clés : Tononkalom-pitolomana, auteur, colonisation, poésie, poésie de combat, style, versification
  Par :
  Contributeurs :
  • Solotiana NIRHY-LANTO RAMAMONJISOA (Rédacteur de la notice, Traducteur)
  •  Description :

    Poésie de combat écrite pendant les premières années de la colonisation, usant de la magie suggestive du langage symbolique et allégorique afin de déjouer la vigilance du service de la censure. Le recours aux fleurs de lys coupées (Ny Lisy tapaka), à la défeuillaison des arbres, à la fureur des vents… renverrait au royaume aboli par la conquête coloniale. La dernière strophe peut se comprendre comme une promesse de fidélité discrète faite à la dernière reine Ranavalona envoyée en exil par les Français. La poésie de combat, Tononkalom-pitolomana, fit son apparition dans l’univers poétique malgache dès les premières années de la colonisation. Elle est l’œuvre de la première génération de poètes consciente de la contradiction coloniale. Le moment n’était pas encore celui de lutter pour la liberté nationale mais de conscientiser et d’entretenir le sentiment national face à la politique coloniale d’acculturation présentée comme « civilisatrice ». Alors, afin de mener à bien cet objectif, la forme d’expression allégorique s’impose L’anthologie de laquelle est extrait ce poème retrace l’histoire de la poésie de combat, dès la naissance de la littérature écrite malgache, en se basant sur les œuvres poétiques de trois écrivains engagés, chacun représentatif de son époque. Comme dans beaucoup de poèmes de son temps, Ny Lisy tapaka, à première vue, exprime une nostalgie amoureuse. Ce qui explique, d’ailleurs, aussi paradoxal que cela paraisse, le lyrisme et le ton empli de langueur de la poésie de combat de cette période et même au-delà. Or, cette fleur, symbole de la royauté en France, n’est pas mentionnée dans le texte, elle n’est retenue que pour confectionner le titre lequel, au final, symbolise bien la chute de la royauté malgache. Ainsi, la nostalgie amoureuse est aussi la nostalgie du royaume brisé, vaincu par l’armée française, en 1896.

      Sources :

    Poème publié dans le journal hebdomadaire Ny Lakolosy volamena (La Cloche d’or), n°89, 8 déc. 1911. (Gérant : MARTINEAU, directeur : RAINIZANABOLOLONA Justin).
    « Ny Lisy tapaka » (Le Lys coupé) ; poésie de combat, dans NIRHY-LANTO RAMAMONJISOA Solotiana, Anthologie bilingue de littérature malgache. (Paris, L’Harmattan, 2001, pp. 84 et 86).

      Couverture spatio-temporelle :

    Au début du XXe siècle, la région des Hautes-terres centrales et, notamment, Tananarive, fut le centre de publication de la presse comme c’est le cas de Ny Lakolosy volamena. Le parler merina de Tananarive, standardisé par les missionnaires britanniques qui ont traduit la Bible (1828-1835), devient la langue littéraire, langue d’expression de la presse et de la littérature malgaches pendant longtemps. Par ailleurs, le déséquilibre régional qui prévalait depuis l’époque de la scolarisation par les missionnaires britanniques favorisait cette région en matière de poète et d’écrivain. Ces derniers, de par leur statut d’élite autochtone, bien qu’ils fussent minoritaires, restaient les seuls qui pouvaient entreprendre le travail de conscientisation de leurs compatriotes par le biais de leurs écrits.

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      Rédaction de la notice :