Raamatu / Ramatou

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Notice du corpus
  Langue :
Zarma
, Songhai
  Catégorie(s) : Corpus, Zarma
  Mode d’énonciation : Oral   Mots-clés : enfant, féminin, mère classificatoire, nom, oralité, panégyrique, performance, transcription, versification, éloge, éloge d'enfant, énonciateur
  Par :
  Contributeurs :
  • Diouldé LAYA (Editeur, Traducteur)
  • Halimatou SIBIRI (Transcripteur)
  • Jeanne BISILLIAT (Collecteur, Editeur)
  •  Description :

    Les mères classificatoires ou non (le plus souvent), les tantes agnatiques, voire les grands-mères adressent à leurs enfants des éloges sous la forme de poèmes dans lequel elles expriment leur attachement à un enfant par l’établissement de liens avec un ou plusieurs homonymes célèbres. Ces poèmes évoquent alors des modèles et reflètent ce que les énonciatrices souhaitent à leurs enfants. Poème récité à voix basse, très rythmé métaphorique adressé à la catégorie des homonymes et faisant référence à un ou plusieurs personnages du même nom que l’enfant par une femme ayant été mère en présence de l’enfant qu’elle loue à voix basse. Si les règles qui régissent la profération concernent peu la situation de communication, elles sont au contraire contraignantes au niveau de la forme : comme l’enfant ne peut être directement loué (nommer, tout comme manifester son attachement est l’objet de nombreux interdits en pays songhay et zarma), la mère doit reporter l’éloge sur un ou plusieurs homonymes prestigieux. Formuler cet éloge revient alors à souhaiter à son enfant qu’il devienne comme celui à qui il est comparé. Cet éloge est généralement appris en écoutant d’autres femmes la faire et répétée de génération en génération, même si une création personnelle reste possible, pour autant que la femme respecte les règles stylistiques du genre dont l’abstraction et la mise à distance. Les caractéristiques de ce « genre » poétique épidictique reposent essentiellement sur les jeux de langage, la nomination et l’évocation. L’individu loué l’est à travers le mécanisme de l’évocation, centré sur le nom, qui permet l’économie d’une description précise, puisqu’il procède par touches successives, et par l’emploi de l’amplification, bien que les actes mis en évidence soient toujours présentés comme des faits indiscutables et ne sont pas ceux de l’individu loué qui n’est pas encore un être accompli. Ce poème compte 11 vers. La transcription est une transcription orthographique qui s’inspire des règles éditées à Bamako 1966.

      Sources :

    Enregistrement effectué à Sarando en 1967
    Publication en 1972

      Couverture spatio-temporelle :

    Récitation à voix assez basse sur un rythme combinant les ressources respiratoire et intonatoire. Les circonstances de l’énonciation des éloges d’enfant sont souples et ne peuvent pas être anticipées par le chercheur : la mère (le plus souvent, mais il peut aussi s’agir des mères classificatoires, sœurs de la mère, des tantes agnatiques, sœurs du frère, voire des grands-mères) peut dire son éloge sans motivation particulière autre que son affection, même si on note souvent que ce discours est prononcé pour remercier leur enfant d’avoir accompli une bonne action ou pour le consoler.
    L’enregistrement a été effectué en 1967, mais nous n’en savons pas plus sur les conditions d’enregistrements.

      Droits : Les droits exclusifs de propriété intellectuelle sur cette œuvre appartiennent à Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) de la République du Niger. Toute exploitation de cette œuvre est soumise à son autorisation.
      Rédaction de la notice :