Introduction au Dictionnaire des concepts

[av_heading tag=’h3′ padding=’0′ heading=’Introduction au dictionnaire des concepts’ color= » style=’blockquote modern-quote modern-centered’ custom_font= » size=’50’ subheading_active=’subheading_below’ subheading_size=’15’ custom_class= » admin_preview_bg= » av-desktop-hide= » av-medium-hide= » av-small-hide= » av-mini-hide= » av-medium-font-size-title= » av-small-font-size-title= » av-mini-font-size-title= » av-medium-font-size= » av-small-font-size= » av-mini-font-size= »] par Jean Derive
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Pourquoi un dictionnaire des concepts littéraires, alors qu’il existe déjà un certain nombre d’ouvrages de ce type qui propose des entrées de catégories telles que poésie, théâtre, roman, nouvelle, conte etc. (pour ce qui est d’une classification générique) ou des entrées conceptuelles, telles que lyrique, panégyrique, satirique, réaliste, fantastique, merveilleux, didactique, fictif, biographique etc. pour une classification modale ?

On sait très bien que l’interculturalité de tous ces concepts, ici énoncés en français, ne va pas de soi et ne fonctionne à peu près correctement que dans des ensembles dont les cultures et donc les langues sont assez proches par l’histoire. Mais lorsqu’on passe à des zones culturellement plus éloignées, avec des langues qui ne sont pas en contact, la correspondance est beaucoup plus difficile.

Puisque notre encyclopédie a l’ambition de recenser à la fois les littératures écrites dans des langues africaines locales mais aussi des littératures orales (un premier concept sur lequel il conviendra précisément de s’interroger pour ce second volet) recueillies et transcrites dans ces mêmes langues (qu’elles aient été préalablement publiées ou qu’elles soient collectées pour l’occasion), il convient de distinguer ces deux cas de figure pour concevoir les catégories de ce champ de production que nous avons l’intention de cerner et qui est défini par deux critères principaux : la géographie (l’Afrique) et la langue.

Pour ce qui est de la littérature orale, production à propos de laquelle – hormis les sociétés africaines voisines – les contacts interculturels sont les moins importants (et souvent inexistants hors d’Afrique) la terminologie française des concepts et catégories littéraires n’est pas opératoire telle quelle. Il conviendra donc de problématiser un certain nombre de ces termes français habituellement utilisés dans les travaux de langue française pour catégoriser ce champ de production :

  • d’ abord au plan générique : contes, mythes, proverbes, devinettes, épopées, berceuses, comptines, chansons etc., toutes catégories existant dans la langue française, mais qui ne recouvrent peut-être pas les mêmes champs sémantiques que des termes plus ou moins approchants dans des langues africaines et qu’on ne peut proposer sans précaution comme équivalence. C’est pourquoi il peut être utile de faire des entrées sous ces termes de langue française pour en problématiser et en relativiser la correspondance avec les termes des taxinomies locales (qui ne figureraient pas comme entrées autonomes dans le dictionnaire des concepts – il faudrait des milliers d’entrée –) mais qu’on retrouvera éventuellement comme entrées, selon les textes qui seront archivés, dans les corpus présentés au titre des langues et cultures particulières.
  • ensuite au plan de la catégorisation modale : il est certain que, par exemple, la catégorie définie en France comme fiction ou que l’opposition portée par les termes français réaliste /fantastique ne recouvrent pas du tout les mêmes réalités dans les littératures orales africaines et dans les littératures occidentales (en particulier française).

Pour ce qui est de la littérature écrite en langue africaine, on retrouve le même problème de l’interculturalité, mais il se pose différemment. En effet, cette question de l’interculturalité n’intervient dans ce cas plus seulement au niveau de l’apparition d’un chercheur qui utilise une autre langue ayant ses propres concepts, mais elle se pose déjà au niveau de la création elle-même. L’auteur africain qui produit une œuvre en langue africaine est en effet le plus souvent au carrefour d’une double tradition culturelle : celle de sa langue et de sa culture africaine orale et celle d’une tradition littéraire écrite (essentiellement occidentale et largement liée au pays colonisateur [Royaume Uni, France, Portugal…]) dont il a pris plus ou moins connaissance par ailleurs, souvent par son expérience scolaire. Et, en entrant en littérature écrite, c’est à cette seconde tradition qu’il emprunte parfois un certain nombre de concepts, notamment d’ordre générique, même si, en choisissant d’écrire quant à lui dans une langue locale, il fait un acte militant. Il est en effet malgré tout conscient que, par l’écriture, il entre dans un nouvel univers culturel et que sa culture orale d’origine ne lui offre pas toujours la terminologie des concepts qui lui permettront d’évoluer dans ce nouvel univers.

Cette double tradition dont il hérite se manifeste par exemple par la mention des genres indiqués sur la page de couverture. Dans les éditions d’œuvres littéraires en langues africaines, publiées dans des maisons d’édition locales, certains écrivains choisissent de mettre sur la couverture de leur livre la mention du genre auquel ils entendent rattacher leur œuvre avec un nom référant à un genre existant dans la langue européenne ayant cours dans le pays : roman, nouvelles, poésie, théâtre, dans les pays réputés francophones, ou novel, short novels, poetry, theater dans les pays réputés anglophones etc. Ceux-là, considérant que, dans leur œuvre écrite, ils s’exprimaient dans un genre emprunté, étranger à leur culture d’origine, ont vraisemblablement trouvé plus satisfaisante la solution consistant à définir le genre dans lequel ils estimaient s’inscrire par le recours à un terme étranger à leur langue d’écriture, plutôt que d’en proposer une traduction par un néologisme périphrastique ou d’en rechercher une équivalence approximative. D’autres en revanche, pour éviter la posture de l’acculturation, ont cherché à traduire ou à proposer une équivalence. C’est ainsi que dans les œuvres écrites en manding et publiées au Mali, on pourra trouver parfois des romans ou des nouvelles sous le chapeau générique de maana (récit) ou de nsiirijan (grands contes). D’autres enfin ont préféré ne pas chercher du tout à classer leur œuvre dans une catégorie générique afin d’éviter toute ambiguïté.

Par ailleurs, dans ces nouvelles œuvres écrites en langues africaines, hormis certaines qui se contentent de proposer des transpositions d’œuvres orales directement à l’écrit, les auteurs ont souvent conscience, en écrivant, d’entrer dans une nouvelle sphère culturelle et de remplir de nouvelles fonctions. Ces fonctions sont souvent liées aux conditions historiques mêmes de promotion des langues africaines dans l’univers de l’écrit. Cette promotion a souvent été motivée par des fins d’éducation populaire et c’est pourquoi ces littératures en langues africaines sont (même si c’est loin d’être exclusif) si souvent didactiques, surtout dans le cas des œuvres narratives.

Se pose enfin la question de la langue. Pour les langues européennes, une longue histoire a habitué leurs usagers à distinguer le parler de l’écrit avec, pour chacun, une grammaire et un style propre. L’écrivain africain, quant à lui, n’a pas cette expérience, puisque la langue dans laquelle il s’exprime n’a qu’une tradition orale et n’a pas encore assez de recul historique pour qu’il existe une tradition écrite conventionnelle clairement établie. C’est donc à lui de créer cette langue écrite qui, parce que précisément l’écrit impose ses propres lois (et surtout l’écrit littéraire qui dans la conscience de beaucoup d’écrivains africains exige un style recherché) ne peut se contenter d’être la transposition pure et simple de ce que serait l’énoncé à l’oral. Cela dit, la situation peut de ce point de vue varier assez considérablement d’une zone géographique à une autre. Elle n’est sans doute pas la même pour le swahili, le yoruba, le sotho où il existe déjà une assez longue tradition d’écriture et pour le peul ou le bambara où ce n’est pas le cas. Sur ce plan, les réussites peuvent être diverses, et il peut arriver que le lectorat autochtone, récemment alphabétisé dans sa propre langue, trouve que la langue écrite ainsi créée est bien artificielle. Quoi qu’il en soit il conviendra d’accorder une attention toute particulière à la question du style.

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