Igbo

Nom et code ISO: Nuclear Igbo (ibo)

ibo (graphie coloniale aujourd’hui abandonnée)

Locuteurs : 32 millions pour le seul Nigeria (source : CIA worldFact book, estimation 2014) et environ 70 millions (estimation) en comptant l’immense diaspora. Il n’existe pas de statistiques précises récentes. Densité de population : 679 habitants/km2 environ ; l’État le plus peuplé est Anambra avec une densité approximative de 1069h/km2.

Région : Aire traditionnelle :seule langue parlée dans les États d’Abia, Anambra, Ebonyi, Enugu et Imo ; langue majoritaire dans les États de Rivers – départements d’Oyigbo, Ikwerre, Bonny, Ahoada, autour d’Opobo et d’Ibani dans le département de Bonny ; du Delta – départements d’Oshimili, Aniocha et Ndokwa ; et d’Akwa Ibom.

Diaspora : surtout présente aux États-Unis et en Grande-Bretagne, mais aussi dans toute l’Afrique et sur le reste du globe, de l’Islande et de la Finlande à l’Italie et au Japon. Dans les années récentes, un grand nombre d’Igbo, que certaines de leurs coutumes rapprochent d’Israël, ont émigré dans ce pays.

Classification : Niger-Congo, Atlantic-Congo, Volta-Congo, Benue-Congo, Igboid, Igbo

Dialectologie : La question des dialectes de l’igbo a agité les linguistes depuis l’étude de Koelle (Polyglotta Africana (1854). Nwaozuzu (2006 : 10), la dernière et la plus spécialisée des études récentes, divise la langue igbo en huit zones dialectales principales :

  • La zone à l’ouest du Niger : Agbor, Asaba, Ogwashiuku, Isele Uku, Ukwuani, Ibusa Akoko, Kwale
  • La zone à l’est du Niger : Onitsha, Obosi, Awka, Amawbia, Ogidi, Alor, Abatete, Enugwuukwu, Igbo Ukwu, Nibo, Nimo, Nri, Ihiala, Oba
  • La zone du centre-est : Owerri, Uratta, Okpuala, Mbaitoli, Ikeduru, Mbaise, Awomama, Orlu, Umuahia, Okigwe, Mbano.
  • La zone de Cross River : Abriba, Ohaffia, Afikpo, Abam, Bende, Omasiri, Arochukwu
  • La zone du sud-ouest : Ngwa, Azumili, Obo Ohia, Asa. Akwete, Ohambele
  • La zone septentrionale : Nsukka, Enugu Ezike, Udi, Obolo Afor, Ikem, Ngwo

Selon Nwaozuzu (2006 : 6), la phonologie, la morphologie et la syntaxe de ces dialectes varient mais ils restent intelligibles d’un bout à l’autre du pays igbo. Certains de ces dialectes se sont parfois érigés en langues, et la controverse née de ces prises de position régionales a pris au fil du temps un caractère politique, en rapport avec les redécoupages administratifs successifs multipliant le nombre des États, et qui ne facilite pas la tâche des chercheurs.

Statut : Langue nationale au Nigéria. En pays igbo, au sud-est du Nigeria, l’igbo est la seule langue de communication, la langue officielle d’enseignement dans les premières classes du primaire et la langue du culte (catholique ou protestant), particulièrement en zone rurale. Il est aussi la langue de communication gouvernementale dans cette région et celle d’une importante diaspora. L’étude de l’igbo comme matière est obligatoire depuis la fin des années 1970, en primaire et dans les trois premières classes du secondaire ; il est aussi enseigné au sein des départements de langues nigérianes dans plusieurs des universités du pays.

Écriture : Latine avec diacritiques sous les voyelles ouvertes. Avant l’arrivée des missionnaires, il existait bien des scripts igbo comme Nsibidi, Uriala, Uri Mmuo et celui de Nwagwu Anieke, mais les deux premiers étaient la propriété de sociétés secrètes traditionnelles, le troisième une création individuelle et aucun n’avait eu de suite. En 1961, l’adoption de l’orthographe d’Onwu, du nom du sous-directeur des services médicaux de la région orientale appelé par le gouvernement du Nigeria oriental de l’époque pour régler le conflit linguistique une fois pour toutes, met fin à des années de controverse entre catholiques et protestants quant à l’orthographe à adopter.

Principaux traits typologiques : C’est une langue à trois niveaux de tons.

Françoise Ugochukwu